II
Az 5,89 5,47
Cl » » 41,63
VI 38,i21 38,04
C'est une subslance à réaclion alcaline énergique, très soJuble dans l'eau et dans l'alcool, insoluble dans l'éther. Elle possède une franche odeur de sperme, surtout lorsqu'elle vient d'être récemment mise en liberté. Traitée par la potasse concentrée, elle dégage de l'ammoniaque. Elle précipite par le chlorure de zinc, le tanin, les sels des métaux précieux, les acides phosphotungstique et phosphomolybdique. Elle fournit un chlorhydrate cristallisé soluble dans l'eau, cristallisable dans l'alcool et dans l'éther en aiguilles jaunes peu solubles répondant à C^H'* Az^2 HCl. Elle donne un chloraurale en lames quadratiques, et un chloroplatinate soluble. Le nitrate d'argent la précipite de ses sels.
L'étude physiologique de la spermine employée à l'état de chlorhydrate, a été faite par les professeurs Poehl, Tarchanoff, Maximowilch, Weljaminoff, Joffroy, etc. Il semble résulter de leurs expériences que cette base injectée à petites doses dans l'économie possède une action dynamisante, tonifiante des nerfs.
Poehl a démontré que, sans être par elle-même un oxydant , la spermine détermine à son contact une accélération des oxydations tant minérales qu'organiques. Que l'on place dans un vase quelques gouttes de chlorure d'or très étendu et du magnésium en poudre, il n'en résulte qu'un peu de gaz hydrogène et de chlorure de magnésium; mais dès qu'on
LEUCOiMAÏNES INDÉTERMINÉES.
vient à ajouler une trace de chlorhydrate de spermine, aussitôt l'hydrogène se dégage abondamment et une mousse abondante d'hydrate de magnésie remplit le vase, en même temps que se dégage l'odeur du sperme humain. Le chlorhydrate de spermine dilué au 1000" et même au 10000° produit cet effet, et la solution, si on la filtre pour en séparer la magnésie formée, reproduit les mêmes phénomènes. D'après Poehl, à qui sont dues ces observations S c'est par son contact seul que la spermine favorise ainsi l'oxydation du magnésium. Il parait en être de même des oxydations organiques : du sang très dilué, et môme déjà en partie putréfié, additionné d'un peu de chlorhydrate de spermine, oxyde très rapidement à l'air la teinture de gayac qui bleuit à son contact comme en présence de l'eau oxygénée.
On sait que beaucoup de substances, chloroforme, oxyde de carbone, protoxyde d'azote, matières extractives de la bile, des urines, etc., diminuent le pouvoir oxydant du sang. En ajoutant à du sang mis sous l'influence de ces corps une très minime quantité de spermine, on lui restitue, d'après Poehl, la propriété de transporter l'oxygène sur les tissus. Cette aptitude de la spermine rappelle les phénomènes dits de catalyse, et mieux encore les oxydations provoquées par les ferments oxydants de Jacquet ou de G. Bertrand, d'autant que l'action de la spermine paraît, dans ces expériences, être presque indépendante de la quantité employée.
La spermine exciterait donc, d'après A. Poehl, les oxydations organiques. Elle augmenterait les proportions d'azote complètement oxydé, diminuerait les quantités de leuco-