DANS UN ACCÈS AIGU D’ASTHME CARDIAQUE
« Dès l’instant que vous aviez trouvé, par le Procédé de la langue , le moyen de ranimer les points des centres nerveux qui président aux fonctions de la respiration et de la circulation, il était tout naturel d’en déduire que ce procédé
était applicable à toute crise où ces fonctions sont en détresse.
C’est ce que j’ai fait dernièrement pour une dame de 55 ans, atteinte d’une crise aiguë d’asthme cardiaque ; sirop d’éther, sinapismes, ventouses sèches, frictions, rien n’y faisait, ou à peu près ; impossible de faire accepter à la malade et à son entourage une piqûre de morphine.
J’eus l’idée de recourir aux tractions de la langue; les assistants acceptèrent d’un air incrédule, et je vous avouerai que moi-même je doutais presque autant qu’eux.
Eh bien, après dix minutes de cet exercice, la malade revenait à elle et la crise était conjurée.
Je me propose d’employer votre procédé même dans l 'angine de poitrine , et en un mot dans toute affection où le médecin suppose ou affirme qu’il y a gêne cardiaque ou pulmonaire, ou les deux à la fois. »
Le projet d’user, à la première occasion, du procédé de la langue dans l’angine de poitrine est des plus rationnels, et je ne saurais trop l’encourager. Parmi les causes de mort subite ou rapide, l’angine de poitrine est certainement une de celles qui, je l’ai dit dès le début de ces recherches, me paraissent les plus justiciables des tractions rythmées de la langue, non pas seulement comme moyen de revivescence dans l’état de mort apparente, mais encore comme moyen d’atténuation ou de prévention de l’accès qui mène à ce résultat fatal, à la condition de mettre assez tôt le procédé en oeuvre, dès la menace ou dès le début de l’accès.