‹ Les traditionnellesChapitre 104 sur 114 · I.IVHK V. ru · texte numérisé non relu

I.IVHK V. ru

I/aurore des mêmes couleurs Ne teint pas toujours le nuage.

Le champ de l'art, roi libéral, N'est qu'une immense macédoine :

Amis, chantez en provençal, Car riiabit ne fait pas le moine.

Puis le français trop compassé, Et gcné dans sa belle mise.

Ressemble au visage enchâssé Entre deux grands cols de chemise.

C'est un homme à se trouver mal Devant l'hôte de saint Antoine :

Amis, chantez en provençal.

Car l'habit ne fait pas le moine.

A-t-il bien droit d'être insolent?

Le troubadour fit le trouvère.

Ce n'est ({u'un nouvel opulent Qui ne reconnaît [)lus son père.

L'éclat de cet oiseau royal Est sorti du nid d'un pivoine :

Amis, chantez en provençal, Car l'habit ne fait pas le moine.

Pourquoi dédaigner le tribut De votre voix aventureuse?

Alors qu'il a blanchi le but D'une écume victorieuse, S'informe-t-on si le cheval S'est nourri de paille ou d'avoine?

Amis, chantez en provençal, Car l'habit ne fait pas le moine.

Lorsque pour les gens du bon ton On exhume l'argot des bouges; Que maint touriste en feuilleton Nous donne les chants des peaux rouges; Vous, gais enfants du sol natal, Seriez exclus du patrimoine?

Page 1