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LIVRE I

Bienheureuse et pleine de grâce , Plus que jamais, de race en race, Qu'on te proclame avec transport !

Et que ton nom soit, ô Marie!

Pour l'oreille une mélodie , Et pour l'càme un céleste port.

Plus que jamais tu seras l'arche Qui d'Israël guidait la marche, L'anneau du ciel, Tardent buisson.

L'astre des mers, la tour d'ivoire Où pend en signe de victoire Le glaive terrible au démon.

Aux fêtes que Nimes te donne.

Souris, ô puissante patronne.

De ce sourire plein d'amour, Refuge de tout anathème.

Qui consolerait l'enfer même.

S'il pouvait y descendre un jour.

5G LES TllADlTlOiNNiaLES.

OÙ trouver plus de foi? Regarde !

De l'hôtel jusqu'à la mansarde, C'est la ferveur des temps jadis :

Les candélabres, les veilleuses , Tout de nos demeures joyeuses Voudrait te faire un paradis.

Sois l'égide de cette ville , Bannis-en la guerre civile !

Avant d'y peupler les tombeaux, Dans son enceinte fortunée, Fais que la coupe empoisonnée Tombe de la main des fléaux.

11 est des fléaux plus terribles Et pour la mort plus infaillibles, Qui dévorent l'àme sans bruit.

Éloigne-les, pour que le Père Ne porte point, dans sa colère, La cognée à l'arbre sans fruit.

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Hélas! noire cité scindée Ne vil pas de la môme idée; Mais, étoile aux rayons vainqueurs De toute amère inquiétude , Qu'aujourd'hui ta mansuétude Règne seule dans tous les cœurs.

Puisse bientôt ta douce image Recevoir un commun hommage!

Hâtez-vous, ô jours triomphants, Où la Vierge féconde et pnre Ouvrira ses bras sans mesure Pour embrasser tous ses enfants !

Une grâce, une grâce encore !

La famille entière t'implore.

Ardent pour le divin travail, Le saint pasteur de notre église, Dans la souiïrance qui le brise, Ne peut que bénir son bercail.

Pour offrir la sainte victime, Fais que sa force se ranime ; La grâce qui le sauvera Sera par une autre suivie :

En faisant refleurir sa vie, La charité refleurira !

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