COMPOSÉS DANS UNE DES JOURNEES DE JUIN
Tii n'avais point, Seigneur, dans mon âme inquiète.
Du sort qui m'est échu vu naître le désir ;
A peine ai- je rôvé le laurier du poëte :
En me mettant si haut, qu'as-tu donc à punir?
Hélas! pourquoi m'as-tu jeté dans cet orage, Moi, faible oiseau cherchant la fente du rocher? L'aigle môme verrait défaillir son courage, Et de ce ciel en feu n'oserait s'approcher.
LIVUK II. 113
Tous les vents de la mort soiifllent à pleine haleine : Ainsi qu'un moissonneur à la làclie paye, L'heure tue en marchant, et de ce (pi'il amène Le fantôme du temps est lui-même ciïrayé.
Ce ne sont point ici de ces nobles batailles Où la gloire amoindrit les onibres du trépas ; C'est un peuple acharné sur ses propres entrailles, Kt tous sont conviés au funèbre repas.
Que diront les débris laissés par cette orgie? Quelle voix sortira de tant de sang versé? Dira-t-elle En avant l à sa sombre énergie, Ou conunandera-t-elle nn retour au passé?
Hélas! à tous les yeux l'avenir se dérobe,
Et ce n'est que toi seul qu'on peut inleri'oger ;
Dans les convulsions que subit noire globe, Jamais l'honnnc, Seigneur, ne tut [)lus étranger.
Daigne venir en aide à mon insuffisance : L'ombre a presque envahi le chemin du devoir. Dis-moi jusqu'où la loi peut porter sa vengeance; Car mon cœur incertain n'a que son bon vouloir.
Algue arrachée au fond de l'abime implacable, Avoir à réprimer la révolte du flot!
Devant le sphinx terrible, infime grain de sable, Du temps sonder l'énigme, en deviner le mot,
Décider du côté qui perd ou qui délivre. Lorsque le balancier d'un atome dépend... Pitié pour celui-là que le pouvoir enivre. Et qui prend pour un fouet ce dangereux serpent.
LIVin- II. n#
Ali! roiiil)ro (lu vallon riiT'lail doue»;; n'importe, J'accoplo la n'^nionr dccns brùlanls sorninots, Et le gland s'abandonne ansoufllc {\\n l'emporte, !N)ur reverdir encore ou sécher à jamais.