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LIVRE IV. 2G

Repaissent leurs regards de ces horreurs sublimes, Où l'on entend mugir la colère des cieux.

Et le fleuve à nos pieds, comme uu tigre rapide Qui fuit en emportant sa chasse sur son dos, Entraîne les moissons, les forets, les troupeaux, Désormais remplacés par une lande aride.

Et mille objets divers : des débris de maisons , Mélange désastreux de meubles et de bardes , Matelas rapiécés et ravis aux mansardes , Et divans enlevés aux somptueux salons ;

Le bois d'une charrue, et puis un attelage Où se débat encore un cheval effrayé; Et les cheveux flottants d'un malheureux noyé, Que parfois le remous pousse vers le rivage.

Comme pétrifié par un immense effroi , Je contemplais muet cette scène cruelle.

Or, tenant un enfant sans crainte à sa mamelle, Une femme s'était assise auprès de moi.

Tout à coup se levant , le visage livide, Serrant plus fortement son enfant dans ses bras. Loin du fleuve sinistre elle fuit à grands pas.... Cette mère avait vu passer un berceau vide!

Juin 1856.

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