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CHAPITRE XLYI. — De la divination

1 . Abou-Horeira rapporte que TEnvoyé de Dieu fut appelé à rendre, un jugement au sujet de deux femmes qui avaient cherché à se tuer réciproquement. L une d’elles jeta une pierre à son adversaire qui était enceinte. La pierre ayant atteint cette dernière au ventre provoqua la mort de l’enfant qu’elle portait dans son sein. Après comparution et plaidoirie des parties devant le Prophète, celui-ci décida

(1) Mot à mot : le fal en est le meilleur Le fal est en effet un moyen augurai comme l'ornithomancie, mais pas du même genre.

(2) Par exemple, un malade entendra appeler quelqu’un nommé Sâlim, mot qui signifie « bien portant ».

(3) Ce mot signifie chouette ou hibou.

Les anciens Arabes croyaient que les âmes des morts se logeaient parfois dans le corps de ces oiseaux nocturnes. Certains Arabes pensaient même que ces oi¬

seaux naissaient de la décomposition des ossements humains.

(4) Ce mot est expliqué de deux façons : suivant les uns, il s’agirait d’un animal, sorte de serpent ou de ver, logé dans le corps de l’homme; il mordrait les entrailles de lhomme chaque fois que cellesci seraient vides et qu’il aurait faim. Suivant d’autres, Mahomet a voulu interdire l’habitude qu’avaient certains Arabes de remplacer comme mois sacré Moharram par Sa far.

TITRE LXXVl

que la composition (1) due pour la mort de Tentant serait d’un esclave homme ou femme. Le mandataire de la femme condamnée dit alors : « Gomment, ô Envoyé de Dieu, cette composition pourrait-elle être imposée alors qu'il s'agit d’un être qui n’a ni bu, ni mangé, ni parlé, ni vagi(2)? Une pareille chose est sans valeur. — Cet hommelà, répliqua le Prophète, est un confrère des magiciens. »

2. Au rapport de Abou-Horëira , une femme ayant lancé une pierre à une autre femme, celle-ci fit une fausse couche. Le Prophète décida que la composition serait d’un esclave homme ou femme.

D’après Sa'îd-ben-El-Mossayyab, l’Envoyé de Dieu avait décidé que la composition de l’enfant à naître tué dans le sein de sa mère serait d’un esclave homme ou femme. Celui dont la cliente avait été ainsi condamnée dit alors : « Comment serais-je obligé à composition pour un être qui n’a ni mangé, ni bu, ni parlé, ni vagi? Une pareille chose est un sang versé impunément. — Cet homme-là, répliqua le Prophète, est un confrère des magiciens. »

3. Abou-Mas'oud, a dit : « Le Prophète a déclaré illicites le prix du chien, la dot de la femme adultère et les honoraires des magiciens. »

4. On rapporte que ' Aïcha a dit : « Certaines personnes ayant interrogé l’Envoyé de Dieu au sujet des magiciens en obtinrent la réponse suivante : « Leurs paroles n’ont aucune valeur. — Mais, ô « Envoyé de Dieu, répliquèrent-ils, il arrive par moments qu’ils nous « rapportent des choses qui se vérifient. — Ces paroles vérifiées,

« repartit l’Envoyé de Dieu, ils les tiennent par surprise des génies « qui les jettent dans l’oreille de leurs suppôts et ceux-ci les mé- « langent avec cent discours mensongers. »

'Abd-er-Rezzâq, qui avait tout d’abord cru que les mots : Ces paroles vérifiées n’avaient pas sûrement été dits par 'Aïcha, est revenu plus tard sur son opinion.

(1) Le texte porte le mot qui, en

dehors de sa signification primitive, s’emploie pour désigner l’indemnité due pour un avortement.

(2) La négation employée ici s’em¬

ploie d’ordinaire pour le futur ; mais plus loin les verbes sont tous accompagnés de la négation qui marque le temps passé.

L’enfant n’est pas considéré comme vivant s’il n’a pas vagi.

DE LA MÉDECINE

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