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CHAPITRE IV. — U N HOMME NE DOIT JAMAIS INJURIER SON PERE NI SA MÈRE

1. D après Abdallah-ben- Amr, l’Envoyé de Dieu a dit, : « Un des plus grands péchés qu’un homme puisse commettre, c’est de maudire son père et sa mère. — Comment, fit-on observer, ô Envoyé de Dieu, l’homme peut-il maudire son père et sa mère? — C’est quand un homme dit des injures à son père et qu'il dit des injures à sa mère (2). »

CHAPITRE V. — La PRIÈRE DE CELUI QUI MONTRE DE LA PIETE FILIALE EST EXAUCÉE.

1. D’après Ibn-Omar, 1 Envoyé de Dieu a dit: « Un jour que trois hommes cheminaient ensemble la pluie les surprit ; ils se réfugièrent dans une grotte de la montagne ; mais un rocher s’étant détaché de la montagne vint, se placer devant Couverture de la caverne et les empêcher de sortir. Ils se demandèrent les uns aux autres quels étaient les actes les plus méritoires qu’ils avaient faits pour l’amour de Dieu, afin d’invoquer Dieu au nom de ces actes

pour qu’il les délivrât.

L’un d’eux dit alors : « O mon Dieu ! mon père et ma mère étaient deux vieillards âgés, et j’avais des enfants. C’est moi qui gardais le troupeau, qui les nourrissais. Quand je rentrais le soir je trayais les brebis et je commençais à donner à boire à mon père et à ma mère avant de servir mes enfants. Un jour que je m’étais rendu dans un pâturage éloigné, je ne revins que lorsque la nuit

U Le verbe employé dans le titre et ici signifie exactement : déployer du zèle pour une œuvre quelconque. D’ordinaire il s’applique à la guerre sainte, mais rien n’empêche de le prendre ici dans le sens

de : s’occuper activement d’améliorer le sort de ses parents.

(2) L’injure envers les parents est considérée comme une des formules de la malédiction.

TITRE LXXVIII

était déjà tombée, et trouvai mon père et ma mère endormis. Je me mis à traire mes brebis comme d’habitude, puis j’apportai ta traite et me tins au chevet de mes parents, craignant de les tirer de leur sommeil, et ne voulant point servir mes enfants avant eux. Les enfants ne cessaient de gémir à mes pieds. Malgré cela je restai ainsi jusqu’au moment où l’aurore se mit à luire. Puisque tu sais que j'ai fait cela par amour pour toi, écarte le rocher de façon à ce que nous voyions le ciel. » Dieu aussitôt pratiqua une ouverture par laquelle ils virent le ciel.

Le second, prenant la parole, s’écria : « J’avais une voisine que j’aimais autant qu’un homme peut aimer une femme. Je lui demandai de se livrer à moi ; elle refusa à moins que je ne lui donnasse cent dinars. Je travaillai jusqu’à ce que j’eusse réuni les cent dinars et vins la trouver avec cette somme. Quand je fus assis entre ses jambes elle me dit : « O ‘Abdallah (l), crains Dieu et ne brise le cachet « que selon la loi (2). » Aussitôt je m’éloignai d’elle. O mon Dieu, puisque tu sais que j’ai agi ainsi en vue de ta face, écarte ce rocher pour nous. » Dieu écarta (en partie) le rocher.

Le troisième dit : « O mon Dieu ! j’avais pris un ouvrier pour dépiquer mon riz. Quand il eut terminé son travail, il me dit : « Donne-moi ce que tu me dois. » Je lui offris ce qui lui était dû et il le refusa (3). Je ne cessai de planter du riz(4) jusqu’à ce que j’eusse de quoi avoir des vaches et un berger (5). Alors l’ouvrier vint me trouver et me dit : « Crains Dieu, ne commets pas une iniquité et donne- « moi mon dû. — Emmène, lui dis-je, ces bœufs et ce berger. — Crains « Dieu, me répondit-il, et ne te moque pas de moi. — Je ne me moque « pas de toi, lui répliquai-je, prends ces bœufs et le berger. » Alors il les prit et les emmena. Puisque tu sais que j’ai fait cela en vue de ta face, écarte ce qui reste du rocher. » Alors Dieu enleva le rocher.

(!) Ou : « ô adorateur de Dieu », expression s’employant parfois pour dire : « un tel ».

(2) C’est-à-dire : ne me déflore pas avant que nous ne soyons mariés.

Mot à mot : et il le laissa.

(4) C’est-à-dire : avec l’argent du salaire de l’ouvrier.

(5) Le berger était un esclave acheté avec l’argent du salaire.

DE L’EDUCATION

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