‹ Les traditions islamiquesChapitre 220 sur 690 · CHAPITRE XLII. — De CELUI QUI FUIT SES SEMBLABLES. - L’ÈUVOyé · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLII. — De CELUI QUI FUIT SES SEMBLABLES. - L’ÈUVOyé

de Dieu a dit : « L’homme ne doit pas fuir son prochain plus de trois jours. »

1 . Ibn-El-Hârits rapporte que 'Aïcha lui a raconté que Abdallahben-Ez-Zobaïr a dit au sujet d’une vente ou d'un cadeau que lui avait fait Aïcha : « Par Dieu, que 'Aïcha en finisse, sinon je m éloigne d’elle. — Est-ce lui qui a dit cela? demanda Aïcha. — Oui, lui répondit-on. — Eli bien ! je fais vœu à cause de cela de ne plus jamais parler à Tbn-Ez-Zobaïr. » Comme elle tardait à revenir

DE L’ÉDUCATION

vers lui, Ibn-Ez-Zobaïr fit faire des démarches auprès d’elle. « Non par Dieu! s’écria 'Aïcha ; je n’accepterai la démarche de personne et je ne manquerai pas à mon vœu, » Les choses traînant en longueur, au gré de Ez-Zobaïr, il s’adressa à El-Misouar-ben-Makhrama et à 'Abderrahmân-ben-El-Asouad-ben-Yaghouts des Bcnou Zohra et leur dit: « Je vous en prie, au nom de Dieu, introduisez-moi au près de 'Aïcha, car il ne lui est pas permis de faire le vœu de rompre avec un parent. » Drapés dans leur manteau, El-Misouar et Abderrahmân emmenèrent Ez-Zobaïr avec eux, puis, demandant à être introduits auprès d’ 'Aïcha, ils dirent : « Le salut soit sur toi avec la miséricorde de Dieu et ses bénédictions, pouvons-nous entrer? — Entrez, dit 'Aïcha. — Tous? demandèrent-ils. — Oui, entrez tous. » Elle ne savait pas que Ez-Zobaïr était avec eux. Dès qu’ils furent entrés Ibn-Ez-Zobaïr passa derrière le rideau (1). Alors il se jeta au cou de Aïcha et se mit à la supplier et à pleurer. Pendant ce temps El-Misouar et Abderrahmân la suppliaient de lui parler de nouveau et d’agréer sa démarche. « Le Prophète, disaient-ils, a interdit de fuir quelqu’un comme tu l’as fait, car il n’est pas permis à un musulman de fuir son prochain pendant plus de trois jours. » Comme ils multipliaient les citations et répétaient le mal qu il y avait à agir ainsi, 'Aïcha leur rappela son vœu et se mit à pleurer et à dire: « Mais j’ai fait un vœu, et un vœu est une chose grave. » Gomme ils ne cessaient d’insister auprès d’elle, elle se décida à adresser la parole à lbn-Zobaïr et, comme expiation pour avoir manqué à son vœu, elle affranchit quarante esclaves. Plus tard, lorsqu’elle parlait de ce vœu elle pleurait à tel point qu elle mouillait sa voilette. »

2. Anas-ben-Mâlik rapporte que l’Envoyé de Dieu a dit : « Ne soyez pas fâchés, ne soyez pas envieux et ne soyez pas haineux, soyez comme des serviteurs de Dieu frères. Il n’est pas permis à un musulman de fuir son frère plus de trois jours. »

(!) Il s’agit ici du rideau derrière lequel étrangers ou ceux de ses parents éloignés

la femme se tient quand elle reçoit des que la loi lui permet d'épouser.

TITRE LXXVIII

3. Abou-Ayyoub-El-Ansari rapporte que l’Envoyé de Dieu a dit : « Il n’est pas permis à un homme de fuir son frère pendant plus de trois jours. Q u' alors ils se revoient, que chacun d’eux aille à la rencontre de l’autre et le meilleur des deux sera celui qui aura salué le premier. »

CHAPITRE LXIII. — Du temps qu’il est permis de s’éloigner de quelqu’un s’il s’est montré rebelle. — Kab a dit : « Lorsque nous désobéîmes au Prophète et que le Prophète défendit aux musulmans de nous parler , il fixa la durée à cinquante jours. »

1. ' Oroua rapporte, d’après 'Aïclia, que l’Envoyé de Dieu lui disait : « Je reconnais quand tu es fâchée ou de bonne humeur. — Et comment reconnais-tu cela, ô Envoyé de Dieu? lui demandai-je. — C’est, dit-il, que quand tu es de bonne humeur tu dis : « J’en jure par le Seigneur de Mohammed », tandis que quand tu es en colère tu dis : « J’en jure par le Dieu d’Abraham. » — C’est vrai, reprit Aïclia, mais je ne fuis rien autre chose que ton nom. »

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