CHAPITRE LXXIII. — De celui qui traite son prochain d’infidèle
sans motif; il mérite l’appellation dont il s’est servi.
1. D’après Abou-Horeira, l’Envoyé de Dieu a dit : « Quand un homme adresse à son prochain ces mots : « O infidèle », l’un des deux mérite sûrement cette épithète (1) . »
Indication cl’un autre isnâd.
2. 'Abdallah-ben- Omar rapporte que l’Envoyé de Dieu a dit : « Quel que soit l’homme qui dit à son prochain : « O infidèle », l’épithète est méritée par l’un des deux. »
3. D’après Tsâbit-ben-Ed-Dahhak, le Prophète a dit : « Celui qui jure, au nom d'une autre religion que l’Islam, que quelqu’un est menteur, mérite le qualificatif qu’il a employé. Celui qui se donne la mort sera torturé dans le feu de la Géhenne. Maudire un croyant équivaut à le tuer ; accuser un croyant d’infidélité c’est aussi grave que de lui donner la mort. »
(!) C’est-à-dire que celui qui adresse pas infidèle, mérite par ce seul fait 1 epil’épithète d’infidèle à quelqu’un qui n’est thète dont il s'est servi.
TITRE LXXVIII
CHAPITRE LXXIV. — De celui qui estime qu’on ne doit pas déclarer INFIDÈLE CELUI QUI A EMPLOYÉ CETTE EXPRESSION A l’ÉGARD DE
quelqu’un qu’il croit infidèle ou dont il ignore exactement les croyances. — Omar dit un jour à un prédicateur qu'il était un hypocrite. Le Prophète lui dit alors : « Comment sais-tu cela ? Il se peut que Dieu se tourne vers les gens de Bedr et leur dise : Je vous pardonne. »
1. Djâbir-ben- Abdallah a dit que Mo âdz-ben-Djabal priait avec le Prophète, puis allait trouver ses gens et faisait de nouveau la prière avec eux. Il avait commencé la lecture de la Vache - et comme cela durait longtemps, un homme pressé lit une prière très courte. Mo âdz, ayant appris cela, dit que cet homme était un hypocrite. L’homme, ayant appris la chose, alla trouver le Prophète et lui dit : « O Envoyé de Dieu, nous sommes des gens qui travaillons de nos mains, et qui arrosons nos terres à F aide de nos chameaux ; or Mo âdz hier a fait la prière avec nous et a entamé la lecture de la Vache. Aussi ai-je rapidement fait ma prière ; or, aujourd'hui il prétend que je suis un hypocrite. — O Mo âdz, dit le Prophète à trois reprises différentes, veux-tu donc provoquer des complications, récite donc : « J en jure par le soleil et sa clarté » (sourate xci), ou: « Proclame le nom élevé de ton Seigneur» (sourate lxxxvii), ou des sourates analogues (2). »
2. Abou-Horeïra rapporte que l’Envoyé de Dieu a dit : « Que celui qui d’entre vous jure en disant : « Par El-Lât et par El- Ozza », dise : « Il n’y a pas d’autre divinité que Dieu. » Que celui qui dit à son prochain : « Viens ici, viens jouer avec moi{3) », fasse une aumône. »
3. Ibn-Omar rapporte que, au moment où il rejoignait son père, Omar-ben-El-Khattâb, au cours d’une randonnée il entendit celui-ci
jurer par le nom de son père. L’Envoyé de Dieu interpella alors 'Omar en ces termes : « Dieu ne vous a-t-il pas défendu de jurer
(0 Le second chapitre du Coran intitulé : (3) Jouer de l'argent aux jeux de hasard
« La Vache », est beaucoup plus long que qui sont interdits par la religion musultons les autres chapitres du Livre sacré. mane. L’aumône, dans ce cas, doit être
(2) Ce sont les chapitres les plus courts égale à la A-alcur de l’enjeu proposé,
du Coran.
DE L’EDUCATION
par le nom de votre père ; si quelqu'un de vous veut faire un serment, qu'il le fasse au nom de Dieu ou qu'il se taise. »
CHAPITRE LXXV. De LA COLÈRE ET DE LA SEVERITE QUI SONT PER¬ MISES QUAND IL S’AGIT DES ORDRES DE DlEU- - De Ces mots du Coi'CUl :
« ,.. Combats les hypocrites et les infidèles, traite-les avec rigueur... » (sourate ix, verset 74).
1 . ' Aïcha a dit : « Un jour le Prophète entra chez moi ; il y avait alors dans ma chambre un store orné d images. Voyant cela, son visage changea de couleur ; il prit le store et le mit en pièces en disant : « Le Prophète vous a dit qu’au jour de la Résurrection, « nul ne subirait un plus grand supplice que ceux qui peignent ces « images. »
2. Abou-Mas'oud a dit: « Un homme vint trouver le Prophète et
lui dit : «Je n’assisterai pas à la prière du matin parce qu’un tel la fait
« durer trop longtemps. » Jamais, dit Abou-Mas'oud, je n’ai vu l'En- *
voyé de Dieu dans une plus violente colère, pendant un sermon, que ce jour là. « 0 fidèles ! s’écria-t-il, il en est parmi vous qui s'isolent « pour faire la prière ; que celui d'entre vous qui prie avec d’autres « fidèles ne prolonge pas la prière, car il peut y avoir parmi vous « des malades, des gens âgés et des gens besogneux (1). »
3. ' Abdallah-ben- Omar a dit: « Pendant que le Prophète faisait la prière, il aperçut sur le mur de la qibla un peu de morve ; il l'enleva avec sa main ; puis furieux, il dit : « Chaque fois que l’un de « vous fait la prière. Dieu a la face tournée vers vous ; ne vous « mouchez donc pas en face de Dieu, pendant la prière. »
4. D'après Zeid-ben-Khâlid-E l-Dj ohaniyy, un homme, ayant interrogé le Prophète au sujet d’un objet trouvé, celui-ci lui dit : « Annonce ta trouvaille pendant un an, puis décris la nature de l'enveloppe et, de son attache, ensuite tu en feras usage : et, si le propriétaire vient, remets-lui l’objet. — Mais, ô Envoyé de Dieu, reprit l'homme, s'il
(!) Qui aient besoin de travailler pour gagner leur vie.
TITRE LXXVIII
s’agit d’un mouton égaré? — Alors prends-Ie, car il ne peut être qu’à toi, à ton frère ou au loup. — Et, ô Envoyé de Dieu, si c'est un chameau égaré », demanda l'homme. Alors l’Envoyé de Dieu se mit dans une telle colère que ses joues devinrent rouges — ou, suivant une variante, son visage rougit — puis, il ajouta : « Qu’as-tu à t’inquiéter de cet animal qui a chaussures et boisson et qui peut ainsi attendre le moment de retrouver son propriétaire. »
5. Zëid-bm-Tsabit a dit: « L’Envoyé de Dieu avait installé, pour s’isoler, une sorte de petite pièce entourée de nattes. 11 s’y rendit pour faire la prière ; quelques fidèles l’y suivirent et vinrent prier avec lui. La nuit venue, ces fidèles revinrent à la même place ; mais l’Envoyé de Dieu, après s’etre fait attendre, ne venant pas, les fidèles élevèrent la voix et frappèrent à sa porte avec un caillou. L’Envoyé de Dieu sortit aussitôt en colère et leur dit : « Vous ne cesserez « donc pas d’agir comme vous l’avez fait en sorte que je crains que « votre faute soit inscrite à votre encontre ? Vous devez faire la prière « chez vous, car la meilleure prière pour le fidèle est celle qu’il fait « chez lui ; il faut en excepter la prière canonique. »