CHAPITRE CXIY
Le nom que Dieu hait le plus.
1. Abou-Horeïra rapporte que l’Envoyé de Dieu a dit : « Le nom qui, au jour delà Résurrection, sera le plus haï de Dieu sera celui de l’homme qui s’appellera : roi des rois. »
2. D’après El-AWedj, suivant une variante, Abou-Horeïra se serait
servi du mot au lieu de Sofyân a dit à plusieurs reprises : « Le nom qui sera le plus ignoble aux yeux de Dieu, sera celui de l’homme qui s’appellera : roi des rois. » Et Sofyân ajoute que cette dénomination a été expliquée par : chahân-châh(2).
CHAPITRE CXY. — Du surnom de l’idolâtre. — Misouar rapporte avoir entendu le Prophète dire: « A moins qu Ibn-Abou-Tâlib le veuille. »
1. Osâma-ben-Zéid rapporte que I Envoyé de Dieu, avant la bataille de Bedr, alla, monté sur un âne couvert d’une étoffe de Fadak, et suivi de Osâma, faire une visite à Sa'd-ben-'Obâda chez les Benou- El-IIârits-ben-El-Khazeredj . Comme ils cheminaient tous deux ainsi ils passèrent auprès d’une assemblée dans laquelle se trouvait Ahdallah-ben-Obayy-ben-Saloul et c’était avant que 'Abdallah-bcn-
(!) Ce surnom signifie : « l’homme à la (2) C’est la traduction de l’expression
poussière ».
arabe en persan.
TITRE LXXVIII
Obayy se fût converti à Tislamisme. Cette assemblée était formée dTm mélange de musulmans, d'infidèles adorateurs des idoles et de juifs. Parmi les musulmans se trouvait ' Abd allab-bcn-Raouàha. Quand les flots de poussière soulevés par Pane couvrirent rassemblée Ibn Obavy se couvrit le nez avec son manteau en criant : « Ne faites
donc pas tant de poussière. » Après avoir salué les personnes présentes l’Envoyé de Dieu s’arrêta, descendit de sa monture, les invita à croire en Dieu et leur récita du Coran. « lié ! 1* homme, s’écria 'Abdallah-ben-Obayy-ben-Saloul, il n’y a rien de mieux que ce que tu dis si cela est vrai, mais ne viens pas nous importuner avec cela dans nos réunions. Raconte ces histoires-là à ceux qui viennent te voir. — Mais au contraire, ô Envoyé de Dieu, prodigue-nous cela dans nos réunions », dit Abdallah-ben-Raouâha. Alors, musulmans, idolâtres et juifs s’invectivèrent réciproquement à tel point qu’ils faillirent en venir aux mains. L'Envoyé de Dieu ne cessa de chercher à rétablir le calme jusqu’à ce que tout le monde se tùt. L’Envoyé de Dieu remonta ensui te sur son âne et poursuivit sa route jusqu’à ce qu’il arrivât chez Sa'd-ben-'Ohâda. « O Sa'd, demanda l’Envoyé de Dieu, n’as-tu pas entendu ce qu’a dit Abou-Hobâb (1) — il voulait désigner par là 'Abd al lah-ben-Obayy : il a dit telle et telle chose. — 0 Envoyé de Dieu, répondit Sa'd-hon-'Obàda, toi pour qui je donnerais la vie de mon père, pardonne et sois indulgent. .Peu jure par Celui qui Pa révélé le Coran, tu nous as apporté la vérité qui t’avait été révélée, les gens de cette ville s’étaient réconciliés à la condition que l’on couronnerait ' Ab d allah-b en-0 b ay y et que l’on ceindrait son front du bandeau royal. Comme Dieu a empêché cela, grâce à la vérité qu’il t’a donnée, il a éprouvé une vive déception et c’est ce qui Pa porté à agir comme tu l’as constaté. » L’Envoyé de Dieu pardonna.
L’Envoyé de Dieu et ses Compagnons se montraient indulgents à l’égard des idolâtres et des Gens du Livre ainsi que Dieu le leur avait ordonné et ils supportaient leurs vexations. Le Coran ne dit-il pas :
O) C’est à ce surnom, porté par un idolâtre, que s’applique ce hadits.
DE L’EDUCATION
«... Vous entendrez de la part de ceux qui ont reçu un livre (révélé). . . » (sourate m, verset 183) et aussi: « Beaucoup d’entre ceux qui possèdent un livre (révélé) désireraient... » (sourate n, verset 103). L’Envoyé de Dieu pratiqua l’indulgence à leur égard en interprétant ainsi les ordres de Dieu jusqu’au jour où Dieu lui permit de les combattre. Ce fut après la bataille de Bedr que l’Envoyé de Dieu fit mettre à mort certains des chefs des idolâtres et des seigneurs desQoraïch. Entouré de ses Compagnons, l’Envoyé de Dieu revint de cette expédition vainqueur et chargé de butin; il emmenait avec lui comme prisonniers des chefs des idolâtres et des seigneurs des Qoraïch. Ohayyben-Saloul et les infidèles qui étaient avec lui, tous idolâtres, dirent : « Maintenant la chose est claire d). » Ils prêtèrent à l’Envoyé de Dieu serment de fidélité comme chef de l’islamisme et se firent musulmans.
2. 'Abbâs-ben- Abd-El-Mottalib s’étant adressé au Prophète lui dit : « 0 Envoyé de Dieu, as-tu pu être utile en quelque chose à Abou- Tâlib qui te protégeait et prenait fait et cause pour toi? — Oui, répondit-il. il est dans un dakdâh de l’enfer, tandis que sans mon intervention il serait dans le darak(3) le plus profond de l’enfer. »
CHAPITRE CX VI . — Des propos a mots couverts A) pris pour des mensonges. — Ishâq rapporte qu’il a entendu A nas dire : « Abou-Talhaavait un fils qui venait de mourir. Comme il ignorait encore la chose et qu’il demandait des nouvelles de l'enfant, la mère , Omm-Solaïm , lui répondit : « Sa respiration s’est calmée et j’espère qu'il goûte le repos. » Abou-Talha crut que cela était vrai$). »
1. Anas-ben-Mâlik rapporte qu’au cours d’un voyage, comme le chamelier activait la marche par ses chants, le Prophète dit : « Du calme, ô Andjacha, gare aux poteries, malheureux ! »
C1) C’est-à-dire que Dieu s’était prononcé en faveur des musulmans.
(2) C’est une partie de l’enfer où les supplices sont les moins pénibles.
(3) C’est l’endroit le plus pénible de l’enfer.
(4) Ou : en termes ambigus.
(5) La phrase d’Omm-Solaïm pouvait s'interpréter dans le sens de : l’enfant respire avec calme et il va mieux, car il repose.
TITRE LXXYIII
2. Ancis rapporte qu’au cours d’une expédition du Prophète un jeune homme, nommé Andjacha, conduisait les chamelles des femmes. « Doucement, ô Andj acha, lui cria le Prophète, tu as un chargement de poteries. » Il voulait parler des femmes, remarque Abou-Qilàba.
3. D’après A nas-ben-Mâlik , le Prophète avait un chamelier nommé Andjacha qui avait une belle voix. « Tout doucement, ô Andjacha, cria le Prophète, tu vas casser les poteries. » C’est-à-dire, fait observer Qatàda, de faibles femmes.
4. Ams-ben-Mâlik a dit : « Une panique s’étant produite à Médine l’Envoyé de Dieu enfourcha un cheval appartenant à Abou-Talha. « Nous n’avons rien vu, dit-il en revenant, mais nous avons trouvé « que ce cheval était une mer. »
CHAPITRE CX VII. — De CELUI QUI, EN PAMANT d’uNE CHOSE, DIT QUELLE n’est pas ce qu’elle est tout en voulant dire que cela n’est PAS exact. — D'après lbn- ' Abbâs , le Prophète a dit en parlant des deux tombes: « Ils sont torturés pour quelque chose qui nest pas grave , alors que la chose était grave. »
1. D’après (Avoua, Aî'cha a dit : « Quelques personnes ayant questionné l’Envoyé de Dieu au sujet des devins, il leur répondit : « Ils ne sont rien. — Mais, ô Envoyé de Dieu, reprirent les fidèles, « par moment ils annoncent des choses qui sont vraies. — Ces paroles « vraies, répliqua l’Envoyé de Dieu, c’est un génie qui les a dérobées « et qui vient les crier dans les oreilles de son maître, à la façon des « poules (1) (qui piaillent). Mais il môle à tout cela plus de cent men- « songes. »