CHAPITRE XXXVIII. — De celui a qui on offre un coussin
I. Abdallah-ben- Amr rapporte ce qui suit : « On avait parlé de mon jeûne au Prophète. Il vint chez moi et je lui offris un coussin de cuir bourré de fibres de palmiers. Mais il s’assit sur le sol, laissant le
(0 « Qu’il se tût », dit le texte. En réa- ( 2 ) Ce mot désigne une large banquette lité les fidèles trouvaient que ces répéti- et s’applique à la fois au trône d’un soûlions leur inspiraient une trop profonde verain musulman, au cadre qui sert de terreur et c’est de ces répétitions qu’ils se lit et au siège sur lequel se tient le cadi plaignaient. dans l’exercice de ses fonctions.
TITRE LXXIX
coussin entre lui et moi. « Un jeûne de trois jours par mois ne te a suffit-il donc pas? me dit-il. — O Envoyé de Dieu! répondis-je. — « Cinq? — O Envoyé de Dieu ! — Sept? — O Envoyé de Dieu ! — « Neuf? — O Envoyé de Dieu ! — Onze? — O Envoyé de Dieu ! — « II n’y a pas, ajouta-t-il, de jeûne supérieur au jeûne de David: il « durait la moitié du temps ; un jour il jeûnait, un jour il rompait le « jeûne. »
2. Ibrâhîm a dit : « 'Alqama s’étant rendu à Damas entra dans la mosquée, pria deux reka'a et dit : « O mon Dieu, accorde-moi un « compagnon. » Allant alors s’asseoir auprès de Abou-’d-Derdâ il lui dit : « D'où es-tu? — Je suis un des habitants de Koufa, répondit-il. « — N'est-ce pas parmi vous, reprit ‘Alqama, qu'était l'homme qui « savait un secret que nul autre que lui ne connaissait? (il voulait « dire Hodzaïfa). N’y avait-il pas parmi vous celui que Dieu a pré- « servé du Démon à la prière de l'Envoyé de Dieu ? (il voulait dire « ' Ammàr) . N'y avait-il pas parmi vous l'homme au cure-dent et au « coussin? (il voulait dire Ibn-Mas'oud). Comment 'Abdallah (Ibn- « Mas'oud) récitait-il ce passage du Coran : J’en jure par la nuit « quand elle étend son voile (1L. le mâle et la femelle (sourate xcii, « versets 1 et 3). — Ils n’ont pas cessé, répliqua Abou-’d-Derdâ, de « réciter ainsi à ce point qu’ils avaient fini par m’inspirer des doutes « à moi qui avais entendu ces versets de la bouche même de l’Envoyé « de Dieu. »