CHAPITRE XLIII. — De celui qui ayant reçu une confidence en public
NE LA DIVULGUE QU’APRES LA MORT DE LA PERSONNE QUI LUI A FAIT CETTE CONFIDENCE.
I . * Aïcha , la mère des Croyants, a dit : « Comme nous étions, nous toutes les femmes du Prophète sans exception, réunies autour de lui, Fâtima arriva et, par Dieu, sa démarche ne se distinguait pas de celle de l'Envoyé de Dieu. En la voyant le Prophète lui adressa la bienvenue en ces termes : « Sois la bienvenue, ô ma fille », puis il la fit asseoir à sa droite — ou, suivant une variante, à sa gauche — et lui dit quelque chose en secret. Fatima se mit alors à pleurer abondamment. En voyant son chagrin, le Prophète lui parla de nouveau en secret et alors elle se mit à rire. Je lui dis : « L’Envoyé de Dieu fa « choisie plutôt qu’une de nous qui sommes ses femmes pour te con-
DE L’AUTORISATION A DEMANDER
« fier un secret et ensuite tu as pleuré. » Quand l’Envoyé de Dieu se fut retiré, je lui demandai ce qu’il lui avait dit en secret. « Je ne suis « pas, me répondit-elle, femme à divulguer les secrets de l’Envoyé « de Dieu. » Quand le Prophète fut mort je lui dis : « Je t’en conjure « au nom de la vérité que tu me dois, raconte-moi ce qui s’est passé. — « Maintenant, répondit-elle, oui, je vais te le raconter. Au moment où « il m’a parlé la première fois en secret il m’a annoncé ceci : Gabriel « qui, chaque année, me récitait le Coran une fois me fa récité deux « fois cette année. J’en conclus que ma mort est proche. Crains Dieu, « résigne-toi, car moi quel heureux devancier je serai pour toi. C’est (( alors que je me mis à pleurer comme tu l’as vu. Aussitôt voyant « mon angoisse il m’a parlé en secret une deuxième fois en me « disant : 0 Fatima, n’es-tu donc pas satisfaite d’être la reine ù) des « femmes des Croyants — ou, suivant une variante, la reine des « femmes de cette nation ? »