CHAPITRE LVI1. — De la répétition de l’invocation
1 . ' Aïcha rapporte que l'Envoyé de Dieu avait été ensorcelé à tel point qu'il s’imaginait avoir fait une chose qu’il n’avait pas faite. Il invoqua le Seigneur, puis il me dit : « Sais-tu bien que Dieu vient de me donner la réponse à la question que je lui avais adressée. — Et quelle est-elle? ô Envoyé de Dieu, demanda 'Aïcha. — Deux hommes, répondit-il, viennent de s’asseoir auprès de moi : l’un à ma tête ; l’autre à mes pieds. L un d’eux a demandé à l’autre : « Qu’a donc « cet homme? — Il est ensorcelé. — Qui l’a ensorcelé? — Lebîd-ben- « El-A'sam. — Et avec quoi? — Avec un peigne, des cheveux et une « enveloppe de fleur de palmier. — Où est-ce? — A Dzerouân; Dze- « rouan est un puits des Benou-Zoraïq. » L’Envoyé de Dieu se rendit à ce puits, revint vers Aïcha et dit : « Par Dieu, son eau est pareille à une décoction de henné et ses palmiers ressemblent à des tètes de démons. » — Quand, ajoute 'Aïcha, l’Envoyé de Dieu revint il me parla du puits. « Pourquoi n’as-tu pas retiré ces objets du puits? lui demandai-je. — Parce que moi, répondit-il, Dieu m’avait guéri et j’ai craint d’attirer le mal sur d’autres. »
Suivant un autre isnàcl, 'Aïcha aurait dit: « Le Prophète fut ensorcelé, il invoqua et il invoqua... »
CHAPITRE LVIII. — De l’invocation contre les polythéistes. — lbn- Mas'oud a dit : « Le Prophète a prononcé ces mots: » Grand Dieu, secoure- <( moi contre eux sept comme les sept ( années ) de Joseph. » Il a dit également : « Grand Dieu , fais périr Abou-Djahl. » — Ibn-Omar rapporte que dans la prière le Prophète dit : « Grand Dieu , maudis un Tel et un Tel. » Cela dura jusqu’au moment où Dieu révéla ces mots : « Tu n’as pas à t’occuper de cette affaire » (sourate m, verset 123).
1. Ibn-Abou-Awfa a dit : « L’Envoyé de Dieu fît une invocation
DES INVOCATIONS
contre les Confédérés en disant : « Grand Dieu, toi qui as révélé le « Livre, toi qui es prompt au châtiment, mets en fuite les Confé- « dérés, disperse-les et agitc-les. »
2. Abou-Horëira rapporte que le Prophète, lorsqu’il avait dit au cours de la dernière reka'a de la prière du soir : « Dieu entend quiconque le loue », se recueillait et disait : « Grand Dieu, sauve 'Ayyâch-ben-Abou-Rebi'a ; grand Dieu, sauve El-Oualîd-ben-El- Oualid ; grand Dieu, sauve Salama-ben-Hichâm ; grand Dieu, sauve les faibles d’entre les Croyants ; accumule tes rigueurs contre Modar et qu’ils aient des années pareilles aux années de Joseph. »
3. Anus a dit : « Le Prophète avait envoyé un détachement qu'on appelait les Récitatours du Coran ; ils succombèrent tous. Jamais je ne vis le Prophète éprouver une douleur pareille à celle que lui causa ce désastre. Durant un mois il se recueillit à la prière de Taurore et prononça ces mots : « Les Osayya se sont révoltés contre Dieu et son envoyé. »
4. ' Aïcha a dit : « Les juifs saluaient le Prophète par ces mots : « Es-sâm 6) soit sur toi. » 'Aïcha s’en étant aperçue leur répondit par les memes mots en ajoutant : « et la malédiction ». « Tout doux, « ô 'Aïcha, dit le Prophète, Dieu aime la bienveillance en toute « chose. — 0 Prophète de Dieu, répondit-elle, n’as-tu donc pas « entendu ce qu’ils disent? — Et, toi, reprit-il, n’as-tu pas entendu « que je leur réponds par ces mots : « Et sur vous? »
5. 1 Ali-ben- Aboii-Tàlib a dit : « Comme nous étions avec le Prophète le jour du Fossé, il dit : « Dieu remplisse leurs tombes et « leurs demeures de feu puisqu’ils nous ont empêché de faire avant « le coucher du soleil la prière de la moitié de la journée, c’est- « à-dire la prière de l’ asr. »
U) Es-sâm au lieu de « es-salàm » ; le premier mot signifiant « le malheur » ou « la mort »; le second « le salut ». Dans l’écriture comme dans le langage ces
deux mots se confondent assez facilement si l’on ne prête pas une grande attention. Dans les lettres adressées à un chrétien on trouve parfois « es-sâm ».
TITRE LXXX