‹ Les traditions islamiquesChapitre 373 sur 690 · CHAPITRE V. — L’œuvre (sera jugée) djaprès les derniers actes · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — L’œuvre (sera jugée) djaprès les derniers actes

1 . Saîd-ben-El-Mosayyab rapporte que Ahou-Horeïra a dit : « J’assistai avec l'Envoyé de Dieu à l’affaire de Khaïbar. L’Envoyé de Dieu dit, en parlant d'un homme qui était avec lui et qui prétendait être musulman : « Celui-ci est destiné à l’enfer. » Quand la bataille fut engagée, cet homme combattit avec la plus vive énergie et reçut de nombreuses blessures qui le mirent hors de combat. Un des compagnons du Prophète vint trouver celui-ci et lui dit : « O En- « voyé de Dieu, as-tu vu comment cet homme que tu avais annoncé « être destiné à l’enfer, a combattu vaillamment pour la cause « de Dieu et combien il a reçu de blessures? — Cela, répondit « le Prophète, n’empêche qu’il ne soit destiné à l’enfer. » Certains musulmans furent sur le point de douter des paroles du Prophète ; mais, à ce moment, l'homme, épuisé par la douleur de ses blessures, porta la main à son carquois, en retira une flèche avec laquelle il se transperça la gorge. Aussitôt nombre de musulmans s’empressèrent d’aller vers le Prophète et lui dirent : « O Envoyé de « Dieu, Dieu a vérifié tes paroles ; un tel s’est donné la mort en se « transperçant la gorge. — O Bilâl, dit alors l'Envoyé de Dieu, lève- « toi et proclame que nul n’entrera au Paradis que le croyant et que « Dieu fortifiera cette religion (même) par l’aide d’hommes im- « pies. »

2. Abon-Hâzim rapporte, d'après Salil, qu'un des personnages les plus importants des musulmans, qui à lui seul en valait plusieurs, combattait sous les ordres du Prophète dans une de ses expéditions. Le Prophète, le voyant combattre, s’écria : « Que celui qui veut voir un homme destiné à l’enfer, regarde celui-ci. » Un des fidèles suivit

DU DESTIN

cet homme qui, après avoir fait des prodiges de valeur contre les polythéistes, fut gravement blessé. Il voulut alors hâter sa mort et plaçant la pointe de son sabre entre ses deux seins il le fit ressortir entre ses deux épaules. Le fidèle accourut aussitôt vers le Prophète et lui dit : « Je déclare que tu es l'Envoyé de Dieu. — Pourquoi « cela? demanda le Prophète. — Parce ce que tu as dit en parlant « d’un Tel: «Que celui qui veut voir un homme destiné à l’enfer « regarde cet homme »; et pourtant il était un des plus vaillants des « musulmans en valant à lui seul plusieurs. Tuas su qu’il ne mourrait « pas dans la lutte. En effet, quand il a été blessé il a hâté sa mort « en se tuant lui-même. » C’est alors que le Prophète dit : « L’homme « qui agit comme s’il était destiné à l’enfer, peut aller dans le para- « dis et celui qui agit comme s’il était destiné au paradis, peut aller « en enfer. L’œuvre (de l’homme) sera jugée d’après ses derniers « actes. »

Page 1