CHAPITRE XXL — Celui qui jure de ne pas boire de nebîdz (D et qui
BOIT DU MOUT CUIT, DU VIN DOUX OU DU JUS DE RAISIN n’a PAS, D’APRÈS CERTAINS AUTEURS (2>, A EXPIER SON PARJURE, CAR POUR EUX CE NE SONT
pas des nebîdz.
1 . Sahl-ben-Sad rapporte que Abou-Osaïd, le Compagnon du Prophète, s’étant marié, avait invité le Prophète à sa noce et c'était la mariée qui faisait les honneurs du repas. « Savez-vous, dit Sahl aux
(!) D’après Qastallâni on appelle nebîdz écrasé ; le sakar ou jus de raisin qui n’en le résultat de la fermentation obtenue en est encore qu’à la fermentation sucrée; faisant macérer des dattes ou du raisin enfin le 'asir ou jus de raisin non fersec dans de l’eau. Les autres liquides menté.
dont il est question ensuite sont le tilâ l2) Les auteurs dont il est question ici qui se prépare en faisant cuire du raisin sont les auteurs hanéfites.
TITRE LXXXIII
fidèles, ce que je lui ai servi à boire? Eh bien, reprit-il, on avait fait macérer des dattes dans un vase depuis le commencement de la nuit jusqu’au matin et c'est de cette boisson que je l’ai abreuvé. »
2. Ibn-Abbâs rapporte que Sauda, la femme du Prophète, a dit: « Un de nos moutons étant mort nous fîmes tanner sa peau et nous ne cessâmes de nous en servir pour y faire macérer des dattes (1) jusqu’à ce qu’elle fût usée. »
CHAPITRE XXII. — De CELUI QUI A JURÉ DE SE PRIVER D ASSAISONNE¬ MENT^ et qui mange son pain avec des dattes. De ce qui sert à l’assaisonnement.
1. ' Abis-ben-Rebi a rapporte que Aïcha a dit: « Mohammed, jusqu’au jour où il alla rejoindre Dieu, ne mangea jamais à sa faim du pain de froment avec un assaisonnement. »
Indication d’un autre isnàd.
2. Anas-ben-Mâlik rapporte que Abou-Talha dit à Omm-Solaïm : « Je viens d’entendre la voix du Prophète, elle est très affaiblie et je suis certain que c’est à cause de la faim. N’aurais-tu pas quelque chose (à lui envoyer?). — Oui, répondit-elle. » Elle tira alors des pains d'orge, prit une de ses ceintures et, avec un morceau de cette ceinture, elle lia les pains; puis elle m’envoya vers l’Envoyé de Dieu. Je me mis en route et trouvai l’Envoyé de Dieu dans la mosquée en compagnie de fidèles. Comme je m’arrêtais à cause d eux, l’Envoyé de Dieu me dit : « C'est Abou-Talha qui t’envoie? — Oui, lui répondis-je. » Alors, s’adressant aux fidèles- qui l'entouraient, l'Envoyé de Dieu leur dit: « Allez-y. » Ils se mirent en marche et je pris les devants pour aller informer Abou-Talha de leur arrivée. « O Omm-Solaïm, dit Abou-Talha, voici venir l’Envoyé de Dieu avec les
(Û Mot à mot à faire du nebidz; mais ce mot pouvait, dans la circonstance, avoir été employé pour une simple macération ne provoquant pas l’ivresse.
(2) Ce mot s’applique non seulement à l'assaisonnement proprement dit, mais encore à tout ce qui se mange en dehors du pain .
fidèles et nous n'avons aucun mets à leur offrir. — Dieu et son Envoyé, répondit-elle, sont les mieux renseignés à cet égard. « Abou- Talha se porta au-devant de l’Envoyé de Dieu et l'ayant rejoint ils revinrent et entrèrent tous deux ensemble. « O Omm-Solaïm, s’écria l'Envoyé de Dieu, apporte-nous ce que tu as. » Elle apporta alors les pains d'orge. L'Envoyé de Dieu enjoignit d’émietter ce pain et Omm- Solaïm répandit dessus pour l’assaisonner le contenu d’une outre de graisse qu'elle pressa avec ses doigts. L’Envoyé de Dieu prononça sur ce mélange les paroles que Dieu voulut qu'il dît, puis il ajouta : « Invites-en dix. » On invita les dix qui mangèrent et sortirent après qu’ils furent complètement rassasiés. «Invites-en encore dix » reprit le Prophète; on les invita et tout le monde mangea et se rassasia. Or le nombre des fidèles était de soixante-dix ou quatre-vingts hommes. »