CHAPITRE XXXIII. — Les serments et les vœux peuvent-ils s’ap
pliquer AUX TERRES, AUX TROUPEAUX, AUX CULTURES ET AUX OBJETS. -
Ibn-Omar rapporte que ' Omar dit au Prophète : « Je possède une terre et je nai jamais eu de bien qui me fut plus cher. — Si tu le veux , répondit le Prophète , immobilise ce fonds et fais aumône de ses produits. » — Abou- Pallia dit au Prophète : « Celui de mes biens qui m'est le plus cher c'est Baïrohâ. » Il parlait d'un de ses jardins situé en face de la mosquée.
1 . Abou-Horeïra a dit : « Nous partîmes avec TEnvoyé de Dieu le jour de Khaïbar ; nous n’avions eu comme butin ni or, ni argent, mais seulement des troupeaux, des vêtements et des ustensiles. Un homme des Renou-Ed-Dobaïb, nommé Rifâ'a-ben-Zeïd, avait fait cadeau à l’Envoyé de Dieu d'un jeune homme appelé Mid am que l’Envoyé de Dieu envoya à OuâdiT-Qora. Or, pendant que Mid'am déposait à terre un bât de chameau appartenant à l’Envoyé de Dieu une flèche égarée atteignit le jeune homme et le tua. « Il ira sans « peine au paradis, s’écrièrent les fidèles. — Pas du tout, dit l’Envoyé « de Dieu ; j'en jure par celui qui a mon âme dans sa main, le haïk (1) « qu'il apris dans le butin le jour de Khaïbar avant que le partage du « butin fût opéré le brûlera du feu éternel. » A peine les fidèles venaient-ils d’entendre ces paroles qu’un homme apporta au Prophète un ou deux lacets de cuir(2). « Ce ou ces lacets, dit le Prophète, sont du feu éternel. »
(Û Le terme employé est chemla.
(2) Qu’il avait lui aussi pris avant le partage du butin.
AU NOM DE DIEU, LE CLÉMENT, LE MISÉRICORDIEUX
TITRE LXXXIV
DE L’EXPIATION DES SERMENTS
CHAPITRE PREMIER. — De ces mots du Coran : « ... et son expiation sera la nourriture de dix pauvres... » (sourate y, verset 91). — De ce que le Prophète a ordonné lors de la révélation de ces mots du Coran : « ... alors un rachat au moyen d'un jeûne, ou d’une aumône , ou d’un sacrifice... » (sourate u, verset 192). — On rapporte d’après Ibn-'Abbâs , * Ata et ' Ikrima que, du moment qu'il y a deux fois « ou » dans le Coran on avait le droit d'option. — Le Prophète donna a Ka'b le choix au sujet de son rachat.
1 . Kab-ben- Odjra a dit: « J'allai vers lui, c’est-à-dire vers le Prophète qui me dit : « Approche. » Je m’approchai. — « Tes insectes « te gênent-ils ? me demanda-t-il. — Oui, répondis-je. — Eh bien, « rachète-toi au moyen d’un jeûne ou d’une aumône ou d’unsacri- « fice. » D'après Ayyoub’ le jeune est alors de trois jours, le sacrifice est celui d’un mouton et l’aumône doit être faite à six pauvres.
CHAPITRE II. — Quand l’expiation est-elle due par le riche et par le pauvre. — De ces mots du Coran : « Dieu vous a permis de vous délier de vos serments, il est votre patron. Il est le savant, le sage » (sourate lxvi, verset 2).
1. Homdid-ben- Abderrahman rapporte que Abou-Horeïra a dit : « Un homme vint trouver le Prophète et lui dit : « Je suis un homme « perdu. — Que t’est-il arrivé ? demanda le Prophète. — J’ai eu « des rapports avec ma femme pendant le ramadan, répondit-il. — « Peux-tu affranchir un esclave? — Non. — Peux-tu jeûner deux « mois de suite?— Non. — Peux-tu donner à manger à soixante
EL-UOK.HÂRI.
TITRE LXXXIV
« pauvres? — Non. — Eh bien, assieds-toi. » L’homme s’étant assis, le Prophète demanda un 'araq plein de dattes — Y'araq est une grande corbeille — puis il dit : « Prends cela et fais-en l’aumône. — A plus « pauvre que moi? » demanda l’homme. Le Prophète se mit à rire à gorge déployée et ajouta: « Nourris-en ta famille. »
CHAPITRE III. — De celui qui aide l’homme besogneux à payer l’expiation.
1. Homaid-ben- Abderrahman rapporte que Abou-IIoreïra a dit: « Un homme vint trouver le Prophète et lui dit : « Je suis un homme « perdu. — Et comment cela ? demanda le Prophète. — J’ai eu des « rapports avec ma femme pendant le ramadan, répondit-il. — « Possèdes-tu un esclave? — Non. — Peux-tu jeûner deux mois de « suite ? — Non. — Peux-tu donner à manger à soixante pauvres ? — « Non. » A ce moment un homme des Ansârs apporta un laraq — l 'araq est une corbeille — plein de dattes. « Emporte cela, dit le « Prophète et fais-en l’aumône. — A plus besogneux que moi?ô « Envoyé de Dieu, demanda Thomme. Par Dieu, il n’y a pas entre « les deux lâba (1) de Médine une famille plus besogneuse que la « nôtre. — Emporte ces dattes, reprit le Prophète, et nourris-en ta « famille. »
CHAPITRE IV. — Pour l’expiation il faut donner à dix pauvres, qu’ils soient des proches ou des étrangers.
1 . Homaid rapporte que Abou-Horeïra a dit : « Un homme vint trouver le Prophète et lui dit : « Je suis un homme perdu. — Que « t’est-il arrivé ? demanda le Prophète. — J’ai eu des rapports avec « ma femme pendant le ramadan, répondit-il. — As-tu un esclave « à affranchir? — Non. — Peux-tu jeûner deux mois de suite. — « Non. — Peux-tu donner à manger à soixante pauvres ? — Je n’ai
U) Nom donné à des terrains couverts l’éruption d’un ancien volcan et qui de dépôts volcaniques provenant de s’étendent de chaque côté de Médine.
DE L’EXPIATION DES SERMENTS
« pas de quoi le faire. » A ce moment on apporta une corbeille de dattes au Prophète. « Prends ceci, dit-il à l’homme, et fais-en « Taumône. — A plus pauvre que moi? demanda l’homme; mais il « n’y a pas plus pauvre que moi entre les deux lâba de Médine. — « Prends ces dattes, reprit le Prophète, et nourris-en ta famille. »