‹ Les traditions islamiquesChapitre 455 sur 690 · FLIGER UNE PEINE CRIMINELLE A QUELQU’UN QUI EST LOIN DE LUI · texte numérisé non relu

FLIGER UNE PEINE CRIMINELLE A QUELQU’UN QUI EST LOIN DE LUI

' Omar Va fait.

I. Abou-Horeira et Zeïd-ben-Khâlid-El-Djohani ont dit: «Un homme vint trouver le Prophète et lui dit : « Décide entre nous d’après le « Livre de Dieu. » L’adversaire, plus expert en droit, se leva et dit : « Décide entre nous d’après le Livre de Dieu et donne-moi la parole, « ô Envoyé de Dieu. — Parle, dit le Prophète. — Mon fils était « employé dans la famille de cet homme et il a commis l’adultère cc avec sa femme. J’ai racheté la vie de mon fils moyennant cent « moutons et une esclave. Puis, comme j’avais consulté des gens de « loi, on m'apprit que mon fils méritait cent coups de fouet et un « exil d’un an, tandis que la femme de cet homme devait être lapidée. « — Par celui qui a mon âme en sa main, s’écria le Prophète, je vais « certainement décider entre vous d’après le Livre de Dieu. Les « cent moutons et l’esclave te seront rendus ; ton fils recevra cent « coups de fouet et sera exilé pendant un an. Et toi, ô Onaïs, va « demain trouver cette femme et si elle avoue, lapide-la. » La femme avoua et fut lapidée.

AU NOM DE DIEU, LE CLÉMENT, LE MISÉRICORDIEUX

TITRE LXXXVII

DU PRIX DU SANG

CHAPITRE PREMIER. - - De ces mots du Coran: « Quiconque tuera volontairement UN CROYANT AURA LA GEHENNE POUR CHATIMENT... » (sourate iv, verset 95).

1 . ' Abdallah (-ben-Mas'oud) rapporte qu'un homme dit : « 0 Envoyé de Dieu, quelle est la faute la plus grande aux yeux de Dieu? — C'est, répondit-il, que tu prétendes que Dieu a des égaux, alors que c’est lui qui t'a créé. — Et ensuite? — Ensuite, c'est que tu tues ton enfant dans la crainte qu’il mange avec toi. — Et ensuite? — Ensuite que tu commettes l’adultère avec la femme de ton voisin. »

Dieu a confirmé ces paroles par ce verset du Coran : « Ceux qui n invoquent point avec Dieu d'autre divinité; qui ne tuent point l'être que Dieu a interdit de tuer, sauf au nom de la loi; qui ne commettent point V adultère. Quiconque fera cela trouvera le prix de ses forfaits » (sourate xxv, verset 68).

2. D’après Ibn-Omar, FEnvoyé de Dieu a dit: « Le croyant ne cessera pas d’ètre en pleine religion tant qu’il n’aura pas versé injustement le sang (de son semblable). »

3. Abdallah-ben- Omar a dit: « Parmi les choses funestes dans lesquelles l’homme peut tomber sans trouver d’issue, il y a le fait de verser injustement le sang de celui qu’il ne lui est pas licite de tuer. »

4. D’après 1 Abdallah-ben-MasAud, le Prophète a dit: « Le premier jugement rendu entre les hommes (au jour de la Résurrection) sera celui relatif aux effusions de sang. »

DU PRIX DU SANG

o. ' Obaïd-A Uah-ben- A diyy rapporte que El-Miqdâd-ben- Amr-El- Kindi, qui assista avec le Prophète à la bataille de Bedr, a dit : « 0 Envoyé de Dieu, si je rencontre un infidèle, que nous nous battions et que d’un coup de sabre il me coupe la main, puis qu’il se réfugie derrière un arbre en disant: « J’embrasse l’Islamisme », dois-je le tuer? — Non, répondit le Prophète, ne le tue pas. — Et, ô Envoyé de Dieu, s'il m’a abattu une des deux mains et qu’après l’avoir coupée il dise embrasser P Islamisme, dois-je le tuer? — Non, ne le tue pas, car si tu le tuais, il serait dans la situation où tu étais avant de le tuer, et toi tu serais dans la situation où il se trouvait avant d’avoir prononcé les paroles qu’il a dites. »

D’après Ibn- Abbâs, le Prophète a dit à El-Miqdàd : « C'est comme si un homme croyant dissimule sa foi au milieu de gens infidèles et qu’il avoue ensuite sa foi et que tu le tues. Tu t’es trouvé autrefois ainsi quand tu dissimulais ta foi à la Mecque. »

CHAPITRE II. — Le Coran dit: « ... Celui qui aura rendu la vie à un homme » (sourate v, verset 35). — Ibn-'Abbâs [aj oute à ce propos que celui qui interdit de tuer un homme sans motif légitime est en quelque sorte comme celui qui rendrait la vie à tous les hommes.

1 . D’après ' Abdallah-ben-Mas1 oud , le Prophète a dit : « On ne tue jamais un homme sans qu'une part de responsabilité n'en retombe sur le premier fils d’Adam (Caïn). »

2. 'A bdallah-bm- Omar rapporte que le Prophète a dit: « Après moi ne retournez pas à l’infidélité, vous vous entre-tueriez les uns les autres. »

3. A bou-Zor a-ben- Amr-ben-Dj arvr rapporte que pendant le pèlerinage d’Adieu, le Prophète dit à Djarir, son père : « Fais taire les fidèles. » Ensuite il ajouta : « Après moi ne retournez pas à l'infidélité, vous vous entre-tueriez les uns les autres. »

Indication d’une variante d'isnâd.

4. ' Abdallah-bm- Amr rapporte que le Prophète a dit : « Les péchés

TITRE LXXXYII

mortels sont : l’association d'un être à Dieu et la désobéissance aux parents — ou, suivant une variante, le faux serment. »

Cho ba a dit : « Les péchés mortels sont : l’association d’un être à Dieu, le faux serment et la désobéissance aux parents — ou, suivant une variante, le meurtre. »

5. D'après Anas-ben-Mâlik, le Prophète a dit : « Les péchés mortels sont : l’association d’un être à Dieu, le meurtre, la désobéissance aux parents et les dires faux — ou, suivant une variante, le faux témoignage. »

6. Osâma-ben-Zeïd-ben-Hâritsa a dit : « L'Envoyé de Dieu nous avait envoyés contre les Horaqa de la tribu de Djohaïna. Nous les surprîmes le matin et les mîmes en déroute. Avec un homme des Ansârs nous réussîmes à atteindre un homme de cette tribu. Au moment où nous l’atteignîmes, cet homme dit: « Il n'y a pas d’autre « divinité que Dieu. » L'homme des Ansàrs ne le toucha pas, mais moi je le perçai de ma lance et le tuai. Lorsque nous fûmes de retour, le Prophète, qui avait appris la chose, me dit : « O Osâma, l’as-tu tué « après qu’il avait prononcé ces mots : Il n'y a pas d’autre divi- « nité que Dieu ? ■ — O Envoyé de Dieu, répondis-je, il n’a fait « cela que pour échapper à la mort. — L’as-tu tué après qu'il « avait dit : Il n'y a pas d’autre divinité que Dieu? » reprit le Prophète qui ne cessa de répéter ces paroles à plusieurs reprises, à tel point que j’aurais voulu ne pas m’être converti avant ce jourlà. »

7. ' Obâda-ben-Es-Sàmit a dit : « J’étais un des délégués (1) qui prêtèrent serment de fidélité à l’Envoyé de Dieu. Nous nous engageâmes à ne rien associer à Dieu, à ne pas commettre l’adultère, à ne pas voler, à ne pas tuer les êtres que Dieu a interdit de tuer ; à ne pas piller et à ne pas être rebelles. Si nous tenions nos engagements nous devions avoir le paradis; si nous y manquions en quoi que ce soit Dieu nous jugerait. »

(C Ou naqîb.

DU PRIX DU SANG

8. D'après Abdallah -(ben- Omar), le Prophète a dit : « Quiconque porte les armes contre nous ne sera pas des nôtres. »

Indication d’un autre isnâd.

9. El-Ahnaf-ben-Qais a dit : « J’allais porter secours à cet homme 9) quand je rencontrai Abou-Bekra qui me dit : « Où vas-tu? — Porter « secours à cet homme, répondis-je. — Retourne sur tes pas, me « dit-il, car j’ai entendu l’Envoyé de Dieu dire : « Quand deux musul- « mans se rencontrent sabre en main, celui qui tuera et celui qui « sera tué iront en enfer. — O Envoyé de Dieu, lui ai-je dit alors : « Bien, pour celui qui tue, mais pourquoi celui qui est tué? — Parce « qu'il avait le désir de tuer son adversaire. »

CHAPITRE III. — De ces mots du Coran : « O vous qui croyez , la peine du talion est prescrite pour le meurtre... » (sourate ii, verset 173).

CHAPITRE IV. — De la question adressée au meurtrier jusqu’à ce qu’il avoue. De l’aveu en matière criminelle.

1. Qatâda rapporte, d'après Anas-ben-Mâlik, qu'un juif avait brisé la tète d'une femme entre deux pierres. On dit à la femme : « Qui t a fait cela? est-ce un tel ou un tel? » jusqu'à ce qu’on lui nommât le juif. On amena le coupable au Prophète qui le pressa de questions jusqu'à ce qu'il avouât. Le coupable eut la tète brisée avec des pierres.

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