‹ Les traditions islamiquesChapitre 478 sur 690 · TITRE L X X X Y I II · texte numérisé non relu

TITRE L X X X Y I II

porter un hadits de l’Envoyé de Dieu et, par Dieu, je préférerais tomber du haut du ciel que de vous dire une chose mensongère. Quand je vous aurai raconté cela, la guerre entre vous et moi serait une trahison. J ’ai entendu T Envoyé de Dieu prononcer ces mots : « A la fin « des temps il surgira un peuple d'hommes aux dents jaunes (1), à « l’esprit perverti qui diront les plus belles paroles du monde sans « que leur foi dépasse leurs gosiers. Ils transperceront la religion « comme la flèche lancée par l’arc. Partout où vous les rencontrerez, « tuez-les, car il y aura pour ceux qui les mettront à mort une « récompense au jour de la Résurrection. »

2. Abou-Salama et ' Atâ-ben-Yesâr rapportent qu’ils allèrent trouver Abou-Sa'id-El-Khodri et l’interrogèrent au sujet des Harouriyya. « As-tu entendu, lui demandèrent-ils, le Prophète dire : « Je ne sais oc pas ce que c’est que les Harouriyya? » — J’ai entendu, répondit-il, « le Prophète dire : « Il surgira contre cette nation — il n’a pas dit de « cette nation — un peuple qui avilira vos prières en meme temps « que les leurs, qui récitera le Coran sans que cela aille au delà de « leur gorge — ou de leur gosier. Ils transperceront la religion « comme la flèche lancée par l’arc. L’archer regardera le fer de sa

flèche d’une extrémité à l’autre ou s’imaginera que la corde de Tare est souillée de quelques gouttes de sang. »

3. Omar rapporte que son père 'Abdallah-ben-' Omar, parlant des Harouriyya a dit : « Le Prophète a assuré qu’ils transperceraient TI si amisme comme la flèche lancée par l’arc. »

CHAPITRE VIL — De celui qui renonce a combattre les schismatiques PAR AMITIÉ ET POUR QUE LES GENS NE S’ÉLOIGNENT PAS DE LUI.

1. Abou-Saîd a dil : « Pendant que le Prophète procédait au partage (du butin), Abdallah-ben-Dzou-’l-Khouaïsira-Et-Temimi vint el dit: « O Envoyé de Dieu, sois équitable. — Malheureux! s’écria le

0) C’est-à-dire jeune ou d’apparence jeune

« Prophète, qui donc serait équitable, si je ne Tétais moi-même? — « Laisse-moi trancher la tète à cet homme, dit alors 'Omar. —

« Laisse-lc, reprit le Prophète, car il a des compagnons qui pour- « raient faire mépriser par l’un de vous sa prière à Légal de la leur, « son jeûne à l’égard du leur. Ils transperceront la religion comme la « (lèche lancée par Tare ; regardant après cela l’empenne de la flèche « ils n’y trouveront pas de sang ; ensuite ils regarderont le fer de la « flèche et n’y trouveront pas de sang ; puis ils examineront le lien « qui tient le fer de la lance et n’y trouveront pas de sang; enfin, ils « examineront la tige de la flèche et n’y trouveront pas de sang, car « la flèche aura traversé en devançant les matières du ventricule et « le sang (1). Us seront caractérisés par un homme dont Tune des « mains, ou l’un des seins, sera comme un sein de femme — ou, « suivant une variante, comme un morceau de chair tremblotant. « Ils se précipiteront contre la meilleure fraction des hommes. » —

J'atteste, ajoute Abou-Sa'id, que j’ai entendu ceci du Prophète lui-mème et que Ali les fit mettre à mort. Quand j’étais avec lui on amena l’homme tel que Lavait dépeint le Prophète et c'est à son sujet que fut révélé ce passage du Coran: « Il en est parmi eux qui <( te calomnient au sujet (de la répartition) des aumônes... » (sourate ix, verset 58).

2. Yosair-ben-A mr rapporte qu’ayant à demandé Sahl-ben-Honaïf s’il avait entendu le Prophète dire quelque chose au sujet des schismatiques, Sahl lui répondit : « Je lui ai entendu dire, en dirigeant sa main du côté de L'Iraq : « De là sortira un peuple « qui récitera le Coran sans dépasser le haut de la poitrine ; il « passera au travers de l’Islamisme comme la flèche lancée par « l’arc. »

CHAPITRE VIII. - - De ces paroles du Prophète : « L'heure dernière nar-

(0 Elle passera avec une telle rapidité trace des matières qu’elle traversera ou

qu’elle n’aura pas le temps de garder la de s’en imprégner.

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rivera pas avant que sentre-tuent deux hommes revendiquant une même chose. »

1. Abou-Horëira rapporte que l’Envoyé de Dieu a dit : « L'Heure suprême n'arrivera pas avant que ne s'entre-tuent deux hommes revendiquant une même chose. »

CHAPITRE IX. — De ce qui est rapporté au sujet des interprétateurs. - — El-Bokhâri rapporte que El-Misouar-ben-Makhrama et ' Abder rahman-ben-'Abd-el-Qâri ont raconté à'Oroua-ben-Ez-Zobaïr qu'ils avaient entendu ' Omar-ben-El-Khattâb dire : « Du vivant de l'Envoyé de Dieu , j'ai entendu Hichâm-ben-Hakîm réciter la sourate El-Forqân. En suivant sa récitation je m'aperçus qu'il récitait cette sourate avec de nombreuses prononciations que l'Envoyé de Dieu ne m'avait pas apprises de cette façon „

Je faillis me précipiter sur lui au moment même de la prière, mais j’attendis qu'elle fût terminée . Alors je l'enroulai dans son manteau — ou, suivant une variante , dans mon manteau — et lui dis : « Qui t'a fait réciter ainsi, cette sourate ? » — C'est l'Envoyé de Dieu, me répondit-il. — Tu en as menti, répliquai-je ; par Dieu, l'Envoyé de Dieu m'a fait lui-même réciter cette sourate que je viens de t’entendre réciter. » Je l'emmenai en le poussant jusque chez l'Envoyé de Dieu. « O Envoyé de Dieu, lui dis-je, je viens d’entendre cet homme réciter la sourate El-Forqân avec des prononciations que tu ne m'as pas indiquées quand tu me l’as fait réciter toimême. — Calme-toi, ô 'Omar, s'écria l’Envoyé de Dieu, et toi, ô Hichâm , récite la sourate. » Hichâm la récita de la façon dont je l'avais entendu la réciter auparavant. « C’est ainsi, dit l'Envoyé de Dieu, que cette sourate a été révélée. » Alors, s'adressant à moi, il me dit : « Récite-la à ton tour, ô 'Omar. » Quand je l'eus récitée, il me dit: « C'est ainsi qu'elle a été révélée. » Puis il ajouta: « Le Coran a été révélé avec sept prononciations ; récitez-le de la façon qui vous est le plus commode. »

1. Abdallah-ben-Maf oud a dit: « Quand fut révélé le verset suivant : « Ceux qui croient et qui ne revêtent pas leur foi de la robe de l’injustice... » (sourate vi, verset 82), les Compagnons du Prophète en furent peinés et dirent : « Quel est celui d’entre nous qui n'a pas « quelque injustice à se reprocher? — Il ne s'agit pas de ce que « vous croyez, leur répondit l'Envoyé de Dieu, mais seulement de ce « ce à quoi songeait Loqmân quand il disait à son fils: « Mon cher

« enfant, n’associe aucun être à Dieu, car le polythéisme est une « grave injustice. »

Mahmoud-ben-Er-Rét rapporte qu'il a entendu Ttbân-ben-Mâlik dire : « L'Envoyé de Dieu était venu chez moi. Quelqu’un ayant demandé où était Mâlik-ben-Ed-Dokchon, un des nôtres répondit : « Cet homme-là est un hypocrite qui n’aime ni Dieu, ni son Envoyé. « — Ne dites pas, répondit le Prophète, qu’il prononce ces mots : il « n’y a d’autre divinité que Dieu, en ayant en vue autre chose que la « face < le Di eu. — Mais si, répliqua Mtbân. — Au jour de la Résur- « rection, reprit le Prophète, tout homme ayant fait cet acte de foi « sera préservé par Dieu du feu de l’enfer. »

3. Hopin rapporte que Un tel a dit : « Abou-'Abderrahman et Hibbàn-ben-’Atiyya avaient une discussion : « Moi, dit Abou-'Alxlcr- « rahman à Hibbân, je sais ce qui a entraîné ton ami à être sangui- « naire — c’est de Ali qu’il voulait parler. — De quoi s’agit-il, « malheureux? s’écria Ilibbân, — D’une chose que je lui ai entendu « dire. — Et quelle est cette chose? — L’Envoyé de Dieu m’avait « confié une mission ainsi qu’à Ez-Zobeïd et à Abou-Martsad qui tous

« deux avions des chevaux. « Allez, nous dit-il, jusqu’à ce que vous « arriviez à Raudet-Hâdj (tel est le nom que donne Abou-Salama, « tandis que Abou-'Aouâna donne la forme Iiâdj (1) tout court), vous « y trouverez une femme portant une lettre adressée par Hàtib- « Balta'a aux polythéistes; amenoz-moi cette femme. » Nous partîmes sur nos chevaux et atteignîmes cette femme à l’endroit même qu’avait indiqué l’Envoyé de Dieu : elle voyageait sur un chameau qui lui appartenait. Abou-Balta'a avait écrit aux habitants de la Mecque pour leur annoncer que l’Envoyé de Dieu se rendait dans cette ville. « Où est, dîmes-nous à cette femme, la lettre que tu « portes? — Je n’ai pas de lettre sur moi », répondit-elle. Nous fîmes alors agenouiller le chameau qui la portait et nous cherchâmes dans la selle de sa monture et n’y trouvâmes rien. Mes deux

O) La véritable leçon est donnée plus bas par El-Bokhâri : c’est KhAkh.

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compagnons ayant dit quais ne voyaient pas qu'elle eût la moindre lettre, je leur dis : « Pourtant nous savons que jamais l’Envoyé de « Dieu n’a dit une chose fausse. » Alors Ali jura par celui au nom duquel il faut jurer que si elle ne montrait pas la lettre il lui ferait enlever tous ses vêtements. La femme aussitôt portant la main à sa ceinture, qui était formée d'un kesâ , en tira la lettre que Ton apporta à PEnvoyé de Dieu. « O Envoyé de Dieu, s'écria Omar, cet homme « (Hâtib) a trahi Dieu, son Envoyé et les croyants, laisse-moi 'lui « trancher la tête. — O Hâtib, dit l’Envoyé de Dieu, qui t’a porté à « agir comme tu Pas fait? — O Envoyé de Dieu, répondit-il, ce « n'est pas parce que je ne crois ni en Dieu, ni à son Envoyé, mais « j’ai voulu avoir sur mes concitoyens une influence qui me permît « de faire protéger par Dieu ma famille et mes biens. Il n'est pas un « de tes compagnons qui n'ait là-bas quelque concitoyen par Pentre- « mise duquel il fera protéger par Dieu sa famille et ses biens. — Il « a raison, dit le Prophète, ne dites de lui que du bien. » Omar ayant répété ces mots : « O Envoyé de Dieu, cet homme a trahi « Dieu, son Envoyé et les croyants, laisse-moi lui trancher la tète », le Prophète dit : « Cet homme n’était-il donc pas un des combattants « de Bedr ; sais-tu si Dieu, après les avoir vus à l’œuvre, ne leur a « pas dit: Faites dorénavant ce que vous voudrez, je vous dois le « paradis. » En entendant ces mots 'Omar fondit en larmes et s’écria : « Dieu et son Envoyé savent tout mieux que personne. »

El-Bokhâri dit que Khâkh est le véritable nom; mais Abou- Aouànaa bien dit Hâdj qui est une fausse lecture ; c’est une localité. Hochaïm(1) donne également la leçon Khâkh.

(Û Qastallàni donne la forme Ilaïtsam et indique la variante : Hochaïm.

AU NOM DE DIEU, LE CLÉMENT, LE MISÉRICORDIEUX

TITRE LXXXIX

DE LA CONTRAINTE d)

De ces mots du Coran : « ... Sauf s'il y est contraint par la force... mais la colère de Dieu s' appesantira sur celui qui ouvre son cœur à V infidélité , et un châtiment terrible l'attend » (sourate xvi, verset 108). — « ... à moins que vous n'ayez à craindre quelque chose de leur côté » (sourate m, verset 27). — « Les anges , en ôtant la vie à ceux qui avaient agi iniquement envers eux-mêmes, leur demandèrent : «Qu' avez-vous fait ?» Ils répondirent : (.(.Nous étions les faibles de la terre... qui est indulgent et miséricordieux » (sourate iv, versets 99, 100). — Dieu excuse les « faibles », ceux qui ne peuvent pas empêcher qu'on ne leur impose de ce que Dieu a ordonné. L'homme contraint ne peut être que celui qui est faible et qui ne peut pas s'opposer à faire ce qu'on lui ordonne. — El-Hasan a dit : « La crainte durera jusqu’au jour de la Résurrection. » — Ibn-'Abbâs a dit: « Celui qu'un malfaiteur contraint à répudier sa femme fait un acte sans valeur », tel est l'avis de Ibn-'Omar, Ibn-Ez-Zobeir , Ech-Cha'bi et El-Hasan. — Le Prophète a dit : « Les actes valent d'après l'intention. »

1. D’après Abou-Horeïra, le Prophète faisait dans la prière l'invocation suivante : « Grand Dieu, sauve 'Ayyàch-ben-Abou-Rebi'a, Salama-ben-Hichâm et El-Oualid. Grand Dieu, délivre les faibles d'entre les croyants. Grand Dieu, inflige un dur châtiment auxModar et fais-leur subir des années comme les années de Joseph. »

CHAPITRE PREMIER. — De CELUI QUI PRÉFÈRE LES COUPS, LA MORT et l’avilissement À l’infidélité.

1. D'après Anas, l’Envoyé de Dieu a dit: «Il y a trois choses seu-

(i) La contrainte, dont il est ici ques- voir que la religion lui impose ou de tion, est aussi celle qui a pour objet l’obliger à faire une chose que la religion d’empêcher quelqu’un d’accomplir un de- lui a interdite.

EL-BOK.HÂUI.

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iement qui font que celui qui les éprouve goûte la douceur de la foi : Aimer au-dessus de tout Dieu et son Envoyé ; n’aimer son prochain que pour l’amour de Dieu; redouter de revenir à I infidélité comme on redoute de tomber dans le feu de l’enfer. »

2. Qais rapporte qu’il a entendu Sa'îd-ben-Yezîd dire: « Au moment où 'Omar m’avait contraint à embrasser l’Islamisme, je m’étais vu dans une situation telle que si la montagne de Oliod avait dû s’écrouler à cause de ce que vous avez fait contre Otsmàn elle se serait sûrement écroulée. »

3. Khabbab-ben-El-Aratt a dit: « Nous nous plaignîmes à l'Envoyé de Dieu qui, à ce moment-là, était étendu sur son manteau à l’ombre de la Ka ba. — « Pourquoi, lui dîmes-nous, ne viens-tu pas « à notre aide ; pourquoi ne fais-tu pas de vœux pour nous ? —

« Avant vous, répondit-il, il y avait des gens qui prenaient un « homme, le plaçaient dans un trou qu’ils avaient creusé dans la « terre, puis apportaient une scie, la plaçaient sur la tète de « l'homme et le sciaient en deux ; ensuite ils le peignaient avec des « peignes de fer entamant la chair jusqu'aux os : cet homme endu- « rait cela sans renoncer à sa religion. Par Dieu, il faut que cette « œuvre de l’Islamisme s'achève au point qu’un cavalier puisse aller <t de Sanâ au Hadramaut sans avoir à craindre autre chose que « Dieu pour lui et le loup pour son troupeau. Mais pour cela vous « devez vous hâter. »

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