CHAPITRE XXVIII. — Yagog et Magog
1 . Zëineb , fille de Djafich , rapporte que l'Envoyé de Dieu, tout troublé, entra un jour chez elle en disant : « Il n’y a d’autre divinité que Dieu; malheur aux Arabes! un danger proche les menace; on a ouvert aujourd’hui le barrage de la grandeur suivante. » Et, ce disant, il fit un cercle avec le pouce et l’index. — « O Envoyé de Dieu, demandai -je, allons-nous tous périr alors qu’il y a parmi nous des gens vertueux ? — Oui, répondit-il, lorsque les crimes seront devenus trop nombreux. »
2. Abou-Horëira rapporte que le Prophète a dit : « On ouvrira le barrage de Yagog et de Magog de la grandeur suivante. » Wohaïb fit avec ses doigts le geste de (l) quatre-vingt-dix.
U) Le commentateur dit que ce geste ce qui ressemblerait au geste que font, consiste à mettre la partie extérieure du avec leurs doigts, les enfants lorsqu’ils pouce entre les deux phalanges de l’index, veulent jouer aux billes.
AU NOM DU DIEU CLÉMENT ET MISÉRICORDIEUX
TITRE XCI11
DES SENTENCES (O
CHAPITRE PREMIER. — De ces mots du Coran : « Obéissez a Dieu, obéissez a l’Envoyé et a ceux d’entre vous qui exercent l’autorité » (sourate iv, verset 62).
1. Abou-Horeïra rapporte que l’Envoyé de Dieu a dit : « Quiconque m’obéira, obéira à Dieu; quiconque me sera rebelle, sera rebelle à Dieu ; celui qui obéira à mon délégué (2), m’obéira; quiconque sera rebelle à mon délégué, me sera rebelle. »
2. * Abdallah-ben- Omar rapporte que 1 Envoyé de Dieu a dit : « Eli bien, chacun de vous est un pasteur qui sera responsable de son troupeau. L’imam qui est à la tète des fidèles, sera responsable d’eux. L'homme est le pasteur des gens de sa maison, et il en sera responsable. La femme est comme le pasteur des gens de la maison de son mari et de scs enfants, et elle en sera responsable. L’esclave d’un homme est le pasteur des biens [3) de son maître, et il en sera responsable. Vous tous ôtes des pasteurs, et chacun de vous sera responsable de son troupeau. »
CHAPITRE IL — Les princes 6) devront être choisis parmi les Qoraichites.
1. Mohammed-ben D j obair-ben -Mot * i m rapporte que Mo'àouïa. ayant
0) Ou : « des jugements » ; ou encore : « de l’exercice de l’autorité ».
(2) Celui à qui il aura délégué son autorité, soit d’une manière permanente, soit d’une façon temporaire.
(3) Le mot (( biens » s’emploie surtout pour désigner les troupeaux.
(U Le texte porte le mot « émir » qui littéralement signifie « commandant »; il s’agit ici des khalifes.
EL-BOK.il VH I .
TITRE XCIII
auprès de lui une députation des Qoraïchites, apprit que 'Abdaliahben-'Amr racontait qu’il y aurait un prince de la tribu de Qahtân. Mo'àouïa se mit en colère, se leva, loua Dieu autant qu’il en est digne et dit ensuite : « J’apprends que certains d’entre vous racontent des choses qui ne se trouvent point dans le livre de Dieu, ni dans la tradition de l’Envoyé de Dieu. Ces gens-là sont des ignorants; gardez-vous des espoirs qui égarent ceux qui les ont, car j’ai entendu l’Envoyé de Dieu dire : « Ce pouvoir appartiendra aux « Qoraïchites. et nul ne pourra le leur enlever, sans que Dieu ne le « jette la face contre terre, et cela tant qu’ils observeront la reli- « gion. »
Confirmation du hadits par un autre isndd.
2. Ibn-Omar rapporte que l’Envoyé de Dieu a dit : « Ce pouvoir ne cessera pas d appartenir aux Qoraïchites tant qu’il restera deux hommes de cette tribu. »
CHAPITRE 111. — De LA RÉCOMPENSE QUI SERA ACCORDEE A CELUI QUI juge avec équité. — Cela résulte de ces mots du Coran : « ... Ceux qui ne jugeront pas d’après les livres que nous avons fait descendre d’en haut sont infidèles » (sourate v, verset 49).
1. ' A bdalla/t-ben-M as ' oud rapporte que l’Envoyé de Dieu a dit : « Il n’y a que deux personnes que Ton doit envier : l’homme à qui Dieu a donné la fortune en lui imposant de la dilapider pour la vérité et l’homme à qui Dieu a donné l’équité et qui juge d’après elle et l'enseigne aux autres. »
CHAPITRE IV. — De l’obéissance passive due a l’imam tant qu’il ne s’agit pas d’étre rebelle envers dieu.
1. Anas-ben-Mâlik rapporte que l'Envoyé de Dieu a dit : « Ecoutez et obéissez, meme si vous avez pour chef un esclave abyssin dont la tète est pareille à un grain de raisin sec. »
'J. Ibn-Abbâs rapporte que le Prophète a dit : « Que celui qui voit
DES SENTENCES
son prince faire quelque chose de répréhensible prenne patience, car quiconque se séparera de la communauté de la distance d'un empan ne mourra pas autrement que s'il était mort infidèle. »
3. ' Abdallah-ben- Omar rapporte que le Prophète a dit : « La soumission et T obéissance sont dues par tout homme musulman, qu'il s'agisse d une chose qu'il approuve ou qu'il juge répréhensible tant qu’on 11e lui ordonne pas d’être rebelle à Dieu. Alors seulement il ne devra ni se soumettre, ni obéir. »
4. 'Ali a dit : « Le Prophète avait envoyé une petite troupe dont il avait donné le commandement à un homme des Ansârs en enjoignant à ces hommes de lui obéir. U11 jour qu'il était irrité contre eux l’Ansâr leur dit : « Le Prophète 11e vous a-t-il pas enjoint de « m’obéir ? — Oui, répondirent-ils. — Eh bien, je vous demande « d'amasser un tas de bois, d'y mettre le feu et d’entrer dans le bra- « sicr. » Les hommes allumèrent le feu, mais au moment de pénétrer dans le brasier ils s’entre-regardèrent les uns les autres. « Nous « avons, dit l’un d’eux, suivi le Prophète pour échapper au feu, allons- « nous donc maintenant nous y jeter ? » Pendant qu ils discouraient ainsi, le feu s'éteignit et la colère de l’Ansâr se calma. O11 rapporta ce fait au Prophète qui dit : «S'ils y étaient entrés, ils n’en seraient « jamais sortis. L’obéissance n’est due que lorsqu'il s’agit du bien. »