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CHAPITRE XXX. — De LA PESTE Ù

1 . Osâma-ben-Zéid a entendu rapporter par Sa'd que le Prophète a dit : « Lorsque vous apprenez que la peste existe dans un pays, n’y allez pas ; mais, si elle éclate dans le pays où vous êtes, ne quittez point ce pays. » « As-tu, dit un râouî, entendu Osâma rapporter ce hadits, à Sa'd sans qu’il l’ait nié ? — Oui », répondit-il.

2. ' Abdallah-ben- A bbâs rapporte que ' Omar-ben-El-Khe ttâb , se rendant en Syrie, trouva, en arrivant à Sargh (2), les généraux commandant les troupes, Abou-'Obaïda-ben-El-Djerrâh et ses collègues, qui lui annoncèrent que la peste avait éclaté en Syrie. « Qu’on m’amène les plus anciens Mohâdjirs », dit 'Omar. On les amena et Omar, après leur avoir annoncé que la peste avait éclaté en Syrie, leur demanda conseil. Les avis furent partagés : les uns lui disant : « Tu f es mis en route pour une affaire et nous estimons que tu ne saurais revenir sur tes pas. — Tu as avec toi, déclaraient les autres, les derniers survivants des Compagnons de l’Envoyé de Dieu et nous estimons que tu ne dois pas les exposer à la peste. — Laissez-moi, répondit Omar, et qu’on aille chercher les Ansârs. » On les fit venir et 'Omar leur demanda

U) Ou de toute autre maladie épidé- (2) Bourgade dans la vallée de Tabouk à mique. Les termes médicaux employés treize journées de marche de Médine, sur clans cet ouvrage sont rarement précis. la route de Damas.

DE LA MEDECINE

conseil. Ils firent exactement ce qu'avaient fait les Mohàdjirs et leurs avis furent également partagés. « Laissez-moi, reprit 'Omar, et qu'on m’amène tous les vieillards de Qoraïch qui ont émigré lors de la conquête delà Mecque. » On les fit venir. Aucun désaccord ne se produisit entre les deux vieillards (qui se trouvaient là), car ils dirent : « Nous estimons que tu reviennes sur tes pas et que tu n’exposes pas les fidèles à cette peste. »

Alors Omar fit annoncer dans le camp que le lendemain matin il serait prêt à partir sur sa monture et que tout le monde en fit autant. « Voudrais-tu fuir ainsi la destinée fixée par Dieu? s’écria Abou-Obaïdaben-El-Dj errâh. — Si, répliqua Omar, un autre que toi s’était, permis de dire pareille chose (1)... Eh bien, oui, nous fuyons la destinée fixée par Dieu pour une autre destinée également fixée par lui. Que ferais-tu si tu avais des chameaux parqués dans une vallée dont un des côtés serait couvert d'herbe et l’autre dénudé. Quand tu ferais paître tes chameaux dans la partie couverte d'herbes, ne le ferais-tu pas d’après la destinée fixée par Dieu et quand tu ferais paître le côté dénudé, ne le ferais-tu pas également d’après la destinée fixée par Dieu? »

'Abderrahmàn-ben-'Auf, qui était absent pour quelque affaire, arriva sur ces entrefaites et dit : « J’ai, à ce sujet, une certitude, car j’ai entendu l’Envoyé de Dieu dire : « Lorsque vous apprenez que la « peste existe dans un pays n’y allez pas ; mais, si elle éclate dans le « pays où vous êtes, ne quittez point ce pays pour la fuir. » 'Omar alors loua Dieu et s’en retourna.

3. 1 Abdallah-ben- A mir rapporte que 'Omar se rendit en Syrie. En arrivant à Sargh il apprit que la peste régnait en Syrie. Alors 'Abderrahmàn-ben-'Auf lui raconta que l’Envoyé de Dieu avait dit : « Lorsque vous apprenez qu’elle existe dans un pays n’y allez pas ; mais, si elle éclate dans le pays où vous êtes, ne quittez point ce pays pour la fuir. »

(0 La phrase n’est pas achevée comme cela a lieu très souvent dans les paroles comminatoires.

TITRE LXXVI

4. Solon Abou-Horaira, l'Envoyé de Dieu a dit : « Ni l'Antéchrist (1\ ni la peste n’entreront à Médine. »

5. Hafsa-bent-Sirîn rapporte que Anas-ben-Mâlik lui ayant demandé de quoi Yahya était mort, elle répondit : « De la peste. » Anas a ajouté : « L’Envoyé de Dieu a dit : « La peste constitue un martyre pour tout « musulman. »

6. Abou-Horaira rapporte que le Prophète a dit : « Celui qui meurt de la dysenterie est un martyr: celui qui meurt de la peste est un martyr. »

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