POUR. LES JUGEMENTS
Et vous ne pensiez pas, 6 monstres de nature ! Vous ne le croyiez pas, qu'il y eust dans les deux Un Dieu qui recerchast, et juste et curieux, Vos forfaicts, pour en faire une vengeance dure !
Voyez-le, 6 malheureux ! dans la belle peinture Des tableaux d'Aubigné, et, consequentieux, Virez, doresnavant sans desmentir vos yeux, Repeus des doctes traicts de cette portraiture.
Que pensez-vous, meschants? Les bons meurent de peur Aux foudres de ces vers qui leur font voir l'erreur (sic) De vos maux et des maux qui vos maux vont suivant.
Braves vers, graves vers, qui d'une voix terrible Vous crient : O Tyrans! voyez qu'il est horrible De choir entre les mains de ce grand Dieu rivant.
SONNET qu'une princesse escrivit a la fin des tragicques
O trop subtil larron, ou bien hardi preneur ; Non preneur seulement, mais voleur ordinaire; Non seulement voleur, mais tyran sanguinaire, Qui, abbaissant autruy, fay gloire de ton heur;
Enchanteur des esprits et violent sonneur, Qui tonnant nous estonne, et parlant nous faict taire, Et n'épargnant la main non plus que l'adversaire, Fay tiens les biens, la vie, l'âme avec l'honneur.
Tu monstres ton enfant, tu fais cacher les nostres ; Tu prends tout seul le los qu'on partageoit aux autres, Tu le rends des neuf sueurs maistre, et non pas mignon.
Tu ravis d'Apollon la lyre avec main forte,
Et au lieu qu'en fureur Parnasse nous transporte.
Tu transportes Parnasse au désert du d'Ognon .
PRÉFACE