Les calvinistes
2. Le caillou blanc de l'Apocalypse (Apoc, 2, 17). Cf. Fanesîe, 1. 4 , ch. !4,édit. Mérimée, p. 302.
164 Les Tragiq ues.
De ceux qui à Satan la bataille ont livrée, Robe de nopce ou bien casaque de livrée.
Condui mon œuvre, o Dieu, à ton nom; donne-moy Qu'entre tant de martyrs, champions de la foy , De chasque sexe, estât ou aage, à ton sainct temple Je puisse consacrer un tableau pour exemple.
Dormant sur tel desseing en mon esprit ravi, J'eus un songe au matin, parmi lequel je vi Ma conscience en face, ou au moins son image, Qui au visage avoit les traicts de mon visage. Elle me prend la main, en disant : « Mais comment De tant de dons de Dieu ton foible entendement Veut-il faire le choix ? Oses-tu bien eslire Quelques martyrs choisis , leur triomphe descrire. Et laisser à l'oubli , comme moins valeureux , Les vainqueurs de la mort, comme eux victorieux? J'ai peur que cette bande ainsi par toi choisie Serve au style du siècle et à sa poésie, Et que les rudes noms, d'un tel style ennemis. Aient entre les pareils la différence mis. n
Je responds : « Tu sçais bien que mentir je ne t'ose, Mirouer de mon esprit; tu as touché la cause La première du choix , joinct que ma jeune ardeur A de ce haut desseing espoinçonné mon cœur, Pour au siècle donner les boutons de ces choses Et l'envoier ailleurs en amasser les roses. Que si Dieu prend à gré ces prémices, je veux, Quand mes fruicts seront meurs (1), lui paier d'autres Me livrer aux travaux de la pesante histoire [vœux , Et en prose coucher les hauts faits de sa gloire. Alors ces heureux noms, sans eslite et sans choix. Luiront en mes escrits plus que les noms des rois(2) »