‹ Les tragiques (volume 4)Chapitre 127 sur 313 · Voy. Hist. univ., t. i, I. 2, ch. 8, p · texte numérisé non relu

Voy. Hist. univ., t. i, I. 2, ch. 8, p

i66 Les Tragiques.

De l'impiteux hyver, sans que nul cœuresmeu Leur osast donner pain , eau , ny couvert ny feu : Ces dix-huit tous nuds, à Londres, par les rues, Ravirent des Anglois les esprits et les veuës, Et chantèrent ce vers jusqu'au point de mourir: « Heureux qui pour justice a l'honneur de souffrir. »

Ainsi la vérité, par ces mains dévoilée, Dans le septentrion estendit sa volée; Dieu ouvrit sa prison et en donna la clef, La clef de liberté, à ce vieillard Wiclef (i) : De luy fut l'ouverture aux tesmoins d'Angleterre, Encor' plus honnorée en martyre qu'en guerre.

Là, on vid un Bainam (2) qui de ses bras prcssoit Les fagots embrasez, qui mourant embrassoit Les outils de sa mort, instrumens de sa gloire, Baisant, victorieux, les armes de victoire. D'un céleste brasier ce chaut brasier esmeu Renflamma ces fagots par la bouche de feu.

Fricht après l'imita, quand sa main déliée Fut au secours du feu ; il print une poignée De bois et la baiza, tant luy semblèrent beaux Ces eschallons (5) du ciel comm' ornemens nouveaux.

Puis l'Eglise acoucha comme d'une ventrée De Thorb, de Bewerland, de l'invaincu Sautrée (4); Les uns doctes prescheurs, les autres chevaliers, Tous à droit couronnez de célestes lauriers.

Bien que trop de hauteur esbranlast ton courage ( Comme les monts plus hauts souffrent le plus d'orage), Ta fin pourtant me fait en ce lieu te nommer. Excellent conseiller et grand primat Krammer(s). Pour ta condition plus haute et plus aimable,

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