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Les nymphes

Tragiques. — 1. 17

258 Les Tragiqjues.

Le dormant pense ouïr un contraste de vents Qui , du bout de la mer jusqu'aux sables mouvants, Troubloient tout son rovaume, et sans qu'il le consente. Vouloient, à son desceu , ordonner la tourmente. <c Comment? (dist le vieillard) Tair volage et léger Ne sera-il jamais lassé de m'outrager, De ravager ainsi mes provinces profondes ? Les ondes font les vents, comme les vents les ondes . Ou bien l'air pour le moins ne s'anime en fureurs Sans le consentement des corps supérieurs: Je pousse les vapeurs causes de la tourmente, L'air soit content de l'air, l'eau de l'eau est contente, v Le songe le trompoit, comme quand nous voyons Un soldat s'afuster, aussitost nous oyons Le bruit d'une fenestre ou celuy d'une porte , Quand l'esprit va devant les sens : en mesme sorte Le songeur print les sons de ces flots mutinez Encontre d'autres flots, jappans, enfelonnez Pour le trouble de l'air et le bruit de tempeste. Il esiève en frottant sa vénérable teste: Premier un fer pointu paroist, et puis le front; Ses cheveux regrissez (1) par sa colère en rond , Deux testes de dauphins et les deux balais (2) sortent Qui nagent à fleur a'eau et sur leur dos le portent : 11 trouva cas nouveau , lorsque son poil tout blanc Ensanglanta sa main: puis, voyant à son flanc Que l'onde refuiant laissoit sa peau rougie: « A moy ! (dist-il) à moy ! pour me charger d'envie. A moy ! qui dans mon sein ne souffre point les morts. La charongne, l'ordure, ains la jette à mes bords: Bastardes de la terre et non filles des nues, Fièvres de la nature, allons, testes cornues De mes béliers armez, repoussez-les, hurtez

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