‹ Les tragiques (volume 4)Chapitre 21 sur 313 · Ovo[M3r.a-iA6v , vocabulaire · texte numérisé non relu

Ovo[M3r.a-iA6v , vocabulaire

Aux Lecteurs. i i

d'affaires de la guerre , le cinquiesme d'affaires d'Estat('); mais tout cela attendra l'édition de V Histoire {^') , en laquelle c'est chose merveilleuse qu'un esprit igné et violent de son naturel ne se soit monstre en aucun poinct partisan, ait escript sans louanges et blasmes, fidelle tesmoin et jamais juge , se contentant de satisfaire à la question du faict sans toucher à celle du droict (').

La liberté de ses autres escripts a faict dire à ses ennemis qu'il affectoit plus le gouvernement aristocratique que monarchique, de quoy il fut accusé envers le Roy Henry quatriesme, estant lors Roy de Navarre. Ce Prince, qui avoit desjà leu tous les Tragicques^"^) plusieurs fois, les voulut faire lire encore pour justifier ces accusations, et, n'y aiant rien trouvé que supportable, pourtant, pour

1 . Sauf le roman de Funeste , aucun de ces ouvrages n'a été publié. Us sont probablement au nombre des manuscrits que possède actuellement M. le colonel Tronchin,de Genève, à l'un des ancêtres duquel d'Aubigné les avoit légués. (Voy. Mémoires, appendice, p. 428.) Nous n'avons pas été plus heureux que l'éditeur de F<cneste , M. Mérimée, et nous n'avons pu en obtenir communication.

2. V Histoire universelle de d'Aubigné, dont le prem.ier tome, bien que portant la date de 1 616, ne « fut achevé d'imprimer » que le dernier jour de mars 1618. Le second fut publié en 161 8, le troisième en 1620. — Il en parut en 1626, à Genève, une seconde édition, 3 tomes en 2 vol. in-fcl., de beaucoup préférable à l'autre.

5. Cet éloge que se donne d'Aubigné est très mérité. Il est vrai qu'il s'est dédommagé ailleurs , dans la Confession de Sancy et dans Funeste, de l'impartialité qu'il avoit montrée comme historien.

4. Ceci ne peut s'entendre que d'une partie des Tragiques ; Henri IV monta sur le trône de France en 1589, et il y a dans le poème de d'Aubigné de nombreux passages se rapportant à des événements postérieurs à cette époque , et même à la mort du roi.

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en estre plus satisfaict, appella un jour nostre Autheur en présence des sieurs du Fay et du Pin, lesquels discouroient avec luy sur les diversite^i. des Estats. Nostre Autheur, interrogé promptement quelle estoit de toutes administrations la meilleure , respondit que c'estoit la monarchique, selon son institution entre les François , et qu'après celle des François il estimoit le mieux celle de Pologne. Pressé davantage sur celle des François, il répliqua : u Je me tiens du tout à ce qu'en dit du Haillan , et tiens pour injuste ce qui en a esté changé, quand ce ne seroit que la soubsmission aux Papes. Philippes le Bel estoit souverain et brave, mais il est difficile que qui subit le joug d'autruy puisse donner à ses subjets un joug supportable. » J'ai voulu alléguer ces choses pour justifier ses escripts , esquels vous verrez plusieurs choses contre la tyrannie , nulle contre la Royauté ; et de faict ses labeurs , ses périls et ses playes('), ont justifié son amour envers son Roy. Pour vous en monstrer son opinion plus au net , j'ay adjousté ici trois Stances qui luy serviront de confession en ce qui est de la Royauté; elles sont en une pièce qui paroistra. Dieu aidant, parmi les Meslanges à la première occasion. Vers la fin , après la stance qui commence :

Roy, qui te sieds enfant sur la peau de ton père,

suivent :

Le règne est beau mirouer du régime du monde Puis l'aristocratie en honneur la seconde; Suit Testât populaire, inférieur des trois.

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