‹ Les tragiques. Livre premier. MisèresChapitre 21 sur 74 · Réminiscence de Lucain, I · texte numérisé non relu

Réminiscence de Lucain, I

Ut ventum est parvi Rubiconis ad undas, Ingens visa duci patriae trepidantis imaga, Clara per obscuram vultu maestissima noctem Turrigero canas effundens vertice crines, Cacsarie lacera nudisque adstarc lacertis…

43. J'advise. Sur ce d non prononcé et introduit par une fausse étymo-

logie dans l'orthographe de ce mot do formation purement française,

cf. Thurot, De la pron. frane., 11, 355.

45. Aux despens des hazards. Quels que soient les dangers que j'aie à courir. Ce sens de hasard s'explique par l'histoire du mot qui signifiait à l'origine coup de six aux dés, d'où chance, puis risque et enfin danger. Cf. 1V, 75, Princes : « Il [le flatteur] faict vaillant celuy qui n'a veu les hazards. » 1V,277, Jug. : « Or, courez aux assauts, et volez aux hazards. »

46. Trenchans, perçants. Cf. 111, 80, Print. : « Et vous, regars tran-

chans qui espiés ces lieux. »

48. Que mon reste les suive. C’est l'acte lui-même opposé au simple

désir. Opposition familière à d'Aubigné. Cf. v. 1072.

19. Je ne trouve pas. D'Aubigné écrit tantôt je frouve comme ici, et v. 533 (attesté par la rime louve), tantôt je freuve, v. 137 (attesté par la rime preuve). Sur cette coexistence au seizième siècle des formes

phonétiques et des formes analogiques, cf. Thurot, I, 454.

21-223. Image biblique. Voir £xode, XIII, 21 : « L'Eternel allait devant eux, le jour dans une colonne de nuée pour les guider dans leur chemin, et la nuit dans une colonne de feu pour les éclairer. » D'Aubigné prend

en effet pilier dans le sens de colonne de nuée.

Le pillier du nuage à midi nous conduit, La colonne de feu nous guidera la nuit, (IV, 207, Frrs.)

Astres, secourez-moi : ces chemins enlacez Sont par l'antiquité des siecles effacez, Si bien que l'herbe verde en ses sentiers acreuë

En fait une prairie espaisse, haute et druë, /

Là où estoyent les feux des Prophetes plus vieux.

Cd Je tends comme je puis le cordeau de mes yeux; -- Dal

Puis je cours au matin, de ma jambe arrosee J'esparpille à costé la premiere rosee,

Ne laissant apres moi trace à mes successeurs Que les reins tous ployez des inutiles fleurs, — 44:

25. En ses sentiers est creuë À. || 26. Æst faicte une prairie T. || 32. Les

reins tout ployezT.

Le vers 21 est ainsi expliqué par M. Léna (Bullet. des Humanist. franc. 18 mars 1895) : « Mercure est le dieu des voyageurs, croises peut signifier alternés. D'où : pour guides, j'ai tour à tour de jour le pilier, de nuit les feux. » Cette explication est ingénieuse, mais il n'est pas sûr que croisez puisse signifier alternés, et on ne tient pas compte de au lieu de Pyramides. Une explication ne sera vraiment satisfaisante que lorsque tout d'un coup elle éclaircira le sens du vers entier.

25. Verde, ainsi écrit par un faux scrupule d'étymologie. On prononçait verte. Cf. IV, 243, Veng., où vertes rime avec descouvertes. — Ses. Négligence grammaticale. A quoi se rapporte ses? peut-être, dans la pensée de d'Aubigné, à prairie du vers suivant ?

26. Espaisse. Sur cet s maintenu dans l'orthographe malgré la prononciation et en dépit des grammairiens réformateurs du seizième siècle, cf. Thurot, I, 90; II, 600.

27. Les feux des Prophetes. Les Prophètes sont pour d'Aubigné des clartés qui brillent dans la nuit de l'impiété et de l'hérésie. Pour lui, le feu a quelque chose de divin : « Il fut jadis, dit-il, marque de la présence de Dieu. » 11,139, Afédit.

38. Je tends le cordeau. La métaphore fait songer soit à la corde de l'arbalète, soit au cordeau de l'arpenteur : il y compare son rayon visuel.

Leurs languissantes veues Vers leurs pals natal furent de loin tendues. (IV, 159, Feur.) D'un visage riant nostre Caton fendoit Nos yeur avec les siens... (IV, 216, Fers.)

32. Reins, c'est le latin ramum. L'orthographe adoptée par d'Aubi-

gné prouve qu'il ne se rendait plus compte de l'étymologie du mot,

qui du reste tombait en désuétude. M. Marty-Laveaux en cite encore un exemple de Jodelle : «... raims# à la verte courtine. « (La langue de la Pléiade, Lemerre, 1896, p. 329). — Inutiles fleurs, ce sont les fleurs de la poésie profane, que foule aux pieds d'Aubigné, poète religieux. Cf. ce qu'il dit au début de la Préface de son Hist, univ,, faisant allusion aux poésies amoureuses do sa jounesse : « Laisgans donc ccs fleurs aux poésies amoureuses, rendons vénérable postre genre d'oscrirc.….., estendans nos rameaux, jadis beaux de fleurs

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