Esclatte. Cf. note sur le v
452-3. Les précédentes éditions mettent un point après pain et une virgule après sejourne : ce qui, selon nous, ne donne pas un sens bien net. Nous rapportons donc le v. 452 au v. 453 et nous arrêtons la phrase après sejourne. °
Dieu seelle de son seau ce piteux testament, | 460 | Nostre mort en la mort qui lé va consumant. AU 7 La mort en payement n'a receu l'innocence Du pauvre qui mettoit sa chetive esperance Aux aumosnes du peuple. (Ah! que dirai-je plus?) € > De ces evenemens n'ont pas esté exclus 463 Les animaux privez, et hors de leurs villages ° " Les mastins allouvis sont devenus sauvages, \-*° Faicts loups de naturel et non pas de la peau : = ‘Imitans les plus grands, les pasteurs du troupeau \° ce” Eux-mesme ont esgorgé ce qu'ils avoyent en garde. 50 Encor les verrez-vous se vanger, quoy qu'il tarde, De ceux qui ont osté aux pauvres animaux La pasture ordonnee : ils seront les bourreaux De lire du grand Dieu, et leurs dents affamees Se creveront des os de nos belles armees.
475 Ils en onteu curee eu nos sanglants combals, / Si bien que des corps morts rassasiez et las, ,, Aux plaines de nos camps, de nos os blanchissantes, Ÿ “Ils/coprent forcenés les personnes vivantes: — C:2°°7
! 417. De noz champs T.
"459. Seelle. On peut supposer pour comprendre ces vers obscurs, que d'Aubigné joue sur le sens du mot sceller et le prend à la fois au sens de mettre le sceau sur et au sens de fixer solidement. Do là deux constructions différentes réunies en une seule : 1° scelle ce testament; 2° scelle notre mort en la mort de cet homme.
466. Remarquer encore (cf. note sur le v. 367)la gaucherie de la transition, qui se retrouve toute pareille v. 1139 : :
De cvtte loi sacrec ores ne sont exclus Le malade, l'enfant.
466. Cf. Lucaio, Ph., VII, 828 : « Obscaoni tocta domosque Descruere canes.…. »
470. Quoy qu'il tarde. La distinction (pure fantaisio de grammairiens) entre quoique et quoi que n'existait pas encore. Vaugelas no connaît que quoi que. I, 173.
473. Se creveront des os. Cette expression bizarre paraît signifier : sc rempliront à en crever. Cf. un emploi analogue du verbe se crever, v. 691. Leurs dents affamees, sujet grammatical, est en réalité dans la penséo de l'auteur complément de manière : de leurs dents affamées.…
478. Courent. Ce mot s'emploie au sens actif surtout dans la languo cynégétique ; il s'agit ici d'une véritable chasse à l'homme.
Vous en voyez l'espreuve au champ de Montcontour. 480 Hereditairement ils ont depuis ce jour La rage naturelle, et leur race enyvree (pu sang des vrais François se sent de ia curee. Pourquoi chiens; auriez-vous en celt’ aspre saison (Nez sans raison) gardé aux hommes la raison, 485 Quand Nature sans loy, folle, se desnature, .æ.* Quand Nature mourant despouïlle sa figure, uand les humains privez de tous autres moyens, Assiegez, ont mangé leurs plus fidelles chiens, Quand sur les chevaux morts on donne des batailles 9 ! À partir le butin des puantes entrailles ? 'Mesme aux chevaux peris de farcin et de faim On a veu labourer les ongles de l'humain Pour cercher dans les os et la peau consumee .. / Ce qu'oublioit la faim et la mort affamee.
490, De puantes T || 491. Mesmes aux chevaux B.
479. Espreuve. L'expérience en est faite et vous pouvez vous en rendre compte. Il y a ici comme une confusion entre les deux locutions faire l'épreuve, l'expérience de, et voir la preuve. Du reste, d'Aubigné ne distingue pas nettement ces deux mots. Ainsi, 11, 10, Sur les guerres civiles: « Il no s’en trouvera plus à preuve du feu comme au temps passé.» Nous dirions aujourd'hui à l'épreuve.
4846. Gardé.…. la raison. Le sens paraît être : pourquoi auriez-vous tenu envers les hommes une conduite raisonnable ?