CONCLUSIONS
Nous pensons avoir démontré dans ce travail notre proposition initiale, à savoir, qu'à l’heure actuelle on ne devrait . pas soigner le tabes, mais surtout le tabétique.
Pour ce qui est du tabétique, nous avons mis en lumière le rôle si important de l'hygiène: pour ce qui est du tabes, nous avons, croyons-nous, montré la supériorité des méthodes symptomatiques, sur les méthodes pathogéniques. Parmi celles-là, il en est deux qui, suivant nous, ont une supériorité incontestable sur les autres, ce sont les méthodes de rééducation et d’élongation.
Nous avons surtout étudié personnellement cette dernière et nous avons cru apporter un perfectionnement à l'appareil de MM. Guzes pe La Tourerre et Caipaurr, en faisant réaliser les modifications que nous avons indiquées dans Le cours de ce travail.
Les examens de sensibilité que nous avons pratiqués au cours de nos recherches nous ont permis de contrôler les opinions des auteurs qui se sont occupés de cette question. Nous résumerons les quelques données qu’il nous a été possible d'acquérir.
Les troubles de la sensibilité sont presque constants chez les tabétiques; il est important de les constater et d’en avoir une idée nette puisque, preuve objective des lésions médulloradiculaires, ils nous permettent de suivre pas à pas l’évolution de ces lésions. Leur valeur diagnostique est donc grande, dominée cependant par ce fait que ces troubles réalisent fréquemment des types différents.
Comme l'avait déjà très bien indiqué Mamie, on peut rencontrer chez les tabétiques du retard des sensations, de la . métamorphose des sensations, du défaut de localisation des sensations, des anesthésies dissociées, du rappel des sensations? de l’incongruence du nombre des sensations avec celui des excitations, de la surmenation des excitations, de l'épuisement des excitations.
D’après nos observations personnelles, la dissociation des différents modes de la sensibilité nous a semblé le fait le plus rémarquable, le plus constant chez les tabétiques, puis viennent le retard, le défaut de localisation des sensations, enfin la perte de la sensibilité. Nous considérons que le retard des sensations est le terme intermédiaire entre la perception normale des sensations et leur manque de perception. Nous avons pu maintes fois prévoir l'apparition d’une plaque d’anesthésie par la constatation que nous faisions d’un retard dans les sensations tactiles. La proposition inverse est vraie et les ancsthésies disparaissent en passant par les états d’hypoesthésie et du retard des sensations tactiles.
Nous avons dit que la sensibilité à la douleur avait été explorée avec l’algésimètre de Moczuxowsu; les analgésies trouvées avec cet appareil sont beaucoup plus étendues que celles trouvées avec la piqüre d’épingle seule, le malade ne pouvant percevoir les deux sensations de pression et de piqûre. Ce fait, auquel nous attachons une grande valeur diagnostique, est presque.constant et nous semble, par suite, devoir posséder une réelle importance.
Les troubles de la sensibilité thermique sont peu importants, mal localisés, ils consistent en retard et diminution pour les extrémités et les organes génitaux, et hyperesthésie surtout marquée au froid, siégeant à la région dorso-lombaire.
Les douleurs fulgurantes sont fréquemment suivies de
modifications de la sensibilité, anesthésies ou analgésies surtout évidentes à la suite des douleurs en ceinture.
Nous n’avons pas trouvé la vérification de la proposition de M. Marinesco qui admet que les troubles sensitifs sont très étendus dans les formes graves et dans les formes aiguës accompagnées d’ataxie, ni celle de M. Max. Lars, qui a trouvé des zones très nettes d’hyperesthésie au froid, aux limites des zones d'hypoesthésie.
Les troubles de la sensibilité chez les tabétiques peuvent ètre groupés en quatre zones :
Zone céphalique, troubles rares accompagnant des troubles oculaires avancés.
Zone brachio-mammaire, troubles fréquents.
Zone génito-anale, troubles accompagnant de règle les désordres gémito-urinaires ou rectaux.
Zone des membres inférieurs, troubles fréquents atteignant surtout les pieds.
Sauf Les troubles céphaliques de la sensibilité, dont la disposition n’est pas nettement radiculaire, les autres troubles semblent devoir être rattachés à une altération du domaine radiculaire dont 1ls n'occupent cependant pas toute l’étendue.
Au début ces troubles de sensibilité, d’abord latéraux, tendent à s’unir sur la ligne médiane, et disparaissent dans un ordre inverse de leur apparition.
Vu : le Président de Thèse, Nu : Le Doyen, Rayuonp. P. Brouarpez.
Vu et permis d'imprimer, Le Vice-Recteur de l'Académie de Paris, GRÉARD: