‹ Les Traitements Chirurgicaux Dans Les Mégacôlons De L'EnfanceChapitre 10 sur 59 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Le mégacôlon fut décrit pour la première fois d’une façon assez complète par HirscasprunG en 1890 dans un mémoire qui résumait des travaux antérieurs. Il en donnait alors la définition suivante : dilatation idiopathique du côlon. Par ce terme d’idiopathique l’auteur reconnaissait n’en point connaître la cause qu’il supposait être congénitale. Pendant quelques années cette conception de l’origine congénitale ne fut pas discutée. Mais en 1895, M. le Pr Mar- FAN considérait cette affection comme le résultat de la constipation congénitale grave. C’est sous son influence que se développa donc la théorie du mégacôlon acquis. Partisans ou adversaires de l’une ou l’autre conception multiplièrent leurs travaux, surtout à l’étranger. M. le PT Pierre Duvaz, défendant la théorie congénitale les résumait en 1903 dans la Revue de Chirurgie, tandis que Gausoux en 1908, dans les Archives de médecine des enfants, réunissait de nombreuses observations. Tout en reconnaissant l’origine congénitale indiscutable de certains cas, 1l décrivait une dilatation secondaire du gros intestin sous le nom de syndrome de Hirschspruncg.

Depuis cette époque la pathogénie du mégacôlon reste discutée et de nombreuses théories, toutes plus ou moins plausibles, ont été émises. En particulier, depuis une dizaine d'années, la plus importante, parce que la plus riche en con-

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séquences thérapeutiques, est celle qui veut reconnaître à la dilatation du gros intestin une origine nerveuse. Elle prit naissance dans les pays de langue anglaise où on lui accorde aujourd’hui une très grande valeur. Le mégacôlon présente donc à cet égard un assez grand intérêt puisque tous les auteurs ne sont pas d’accord, et qu’il paraît difficile et illogique de lui reconnaître une seule origine.

Au point de vue clinique les travaux se multiplièrent ces dernières années ; Leronpaz dans sa thèse (Paris, 1925) en fait une excellente description. Aussi n’avons-nous pas la prétention d'apporter ici des données cliniques nouvelles très importantes, nous décrirons simplement un symptôme rarement observé : l’incontinence sphinctérienne.

Au point de vue anatomique les lésions observées varient péu ; on peut done donner actuellement du mégacôlon la définition suivante : « affection très rarement idiopathique, le plus souvent secondaire, caractérisée anatomiquement par la dilatation et l'allongement d’une partie où de la totalité du côlon, avec hypertrophie des parois ; chiniquement par une constipation opimiâtre et une distension abdominale considérable ». Définition qu’on ne peut pas considérer malgré tout sans défauts, car si nous estimons que sans les plus importants de ces caractères anatomo-cliniques il n’y a pas de mégacôlon vrai, il faut reconnaître cependant que chaque observation peut être un cas particulier. Il arrive en effet, qu’on ne retrouve pas toujours tous les caractères cliniques ou anatomo-pathologiques que nous venons de citer.

Dans son mémoire initial, HirscHsPRUNG n'avait observé que peu de malades et sa thérapeutique s’avéra complètement ineflicace. Depuis, de nombreux auteurs se sont attachés à rechercher un traitement à cette affection grave, mais heureusement assez rare. Le traitement médical resta longtemps en faveur. Il l’est encore à l’heure actuelle, mais depuis quelques années on s’est beaucoup occupé d'appliquer

plus fréquemment un traitement chirurgical. Son évidente supériorité s’est affirmée chez l’adulte, mais dans aucun des nombreux travaux parus à ce sujet, nous n’avons trouvé d'indications nettes du traitement chirurgical chez l’enfant.

Peut-on l'appliquer sans danger et avec espoir de réussite ? Nous le pensons, à condition de choisir parmi les nombreuses interventions proposées, celles qui présentent le moins de danger ; il faut en outre partir du principe que lon n’a pas le droit de pratiquer ces opérations avant d’avoir essayé une thérapeutique non sanglante, celle-ci devant être instituée toujours la première.

Nous nous proposons de faire la critique de ces méthodes et de rechercher celles qu’on doit employer. Il est indispensable pour cela de bien connaître chez l’enfant l’anatomue du gros intestin. Il présente en effet des particularités intéressantes. Voici donc le plan que nous allons suivre au cours de cette étude, nous observerons tout d’abord comment se présente le côlon normal chez l’enfant, puis après un essai pathogénique et chinique, nous aborderons le traitement médical et chirurgical. Nous insisterons un peu sur la thérapeutique neuro-chirurgicale du mégacôlon, peu pratiquée en France et qui présente un intérêt indiscutable.

Personne ne conteste plus à l’heure actuelle la gravité du traitement chirurgical au moment d’une occlusion ; c’est pourquoi 1l nous a paru utile de grouper les indications et les méthodes opératoires qui permettront d’agir avant la phase aiguë des complications, par une thérapeutique rationnelle et quelquefois définitive.

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