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NEIGE CARBONIQUE

D’après Lortat-Jacob, qui a préconisé cette méthode, les applications ophtalmologiques du froid ne peuvent se faire dans les mêmes conditions qu’en d’autres points

de l’organisme. Toute pression est ici à éviter.

La durée du contact doit être notablement réduite. La surface de la pointe doit correspondre à la forme de Ja lésion. |

Pour cet objet on peut utiliser l’instrumentation spéciale de Lortat-Jacob dont le manchon en toile métallique et le tube externe sont à peu près du même type que de son cryocautère courant, mais le détenteur pénètre ici dans le tube externe sans aucune interposition.

Sa caractéristique la plus importante est ici les quatre « pointes cautères »; la première, courbe et fine; la seconde, courbe, spatulée, pour lésions étendues; la troisième courbe et spatulée mais étroite ; la quatrième se terminant par un cylindre effilé.

On peut aussi utiliser un crayon de neige carbonique dont les dimensions sont comparables à celles d’un bâton arrondi de craie à tableau noir.

Étant donnés la minceur des paupières et le voisinage de l’œil, il est aisé de comprendre que des précautions minutieuses s'imposent, dont l'oubli pourrait produire des désastres. Ces précautions ont été soigneusement décrites par Lortat-Jacob. La première est d'empêcher avec soin la rencontre de la « pointe givrée » avec la face profonde des paupières et surtout du globe oculaire

lui-même.

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Car entre l'appareil et ces surfaces fragiles toujours humides s'établit instantanément une adhérence très grande et particulièrement redoutable. On évitera aussi la mise en contact de la paupière encore congelée avec l'œil, en maintenant la paupière écartée du globe.

Aucune pression ne sera faite dans aucun cas, mais il faudra cependant appuyer suffisamment. On aura soin de le faire autant que possible sur le plan osseux par une traction de la peau.

La durée de l'application varie de 5 à 30 secondes. Lortat-Jacob faisait au maximum 8 secondes avec la « pointe givrée ». Cela dépend de l'importance des lésions et suivant qu'il s'agisse ou non d’une première application, car certaines peaux réagissent plus fortement que d'autres. Il faut plusieurs séances pour avoir un résultat appréciable.

Avant l'opération, on doit nettoyer la tache jaune à l'alcool-éther. Les soins consécutifs sont de toute simplicité : un pansement humide le soir si l’æœdème est très marqué et à partir du lendemain de simples soins de propreté.

Cette méthode, la préférée de notre maître Milian, donne d'assez bons résultats, mais la simplicité de l’application est largement compensée par l'inconvénient de l'ædème qui peut persister quelques jours, et aussi par la nécessité de faire plusieurs séances.

GALVANOCAUTÈRE.

Le galvanocautère est un bon procédé décrit par

Sabouraud, et qui est préféré par certains auteurs à cause de sa simplicité.

« Avec la pointe rouge sombre, dit Acquaviva, on zébrera en tous sens et assez profondément la nappe xanthélasmique. L'opération est rapide. Il persiste une escarre sèche formant croûte qui tombe dans les dix ou douze jours qui succèdent à l’opération. Celle-ci est relativement peu douloureuse. Il y a quelquefois lieu de procéder à de légères retouches si elle a été insuffisante la première fois. La cicatrice est très peu visible. »

Cette méthode donne des résultats assez bons du point de vue esthétique.

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