‹ Les traités de commerce; texte de tous les traités en vigueur, notamment des traités conclus avec l'Angleterre, la Belgique, la Prusse (Zollverein), et l'ItalieChapitre 4 sur 196 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

lippe le Bel le serait bien plus encore en apprenant que ce qu'on a craint jusqu'aujourd'hui, c'était l'introduction chez nous des produits naturels et des œuvres de l'industrie des étrangers, et non pas la sortie de nos récoltes et des produits de nos manufactures. Il est probable que dans un siècle ou deux l'étonnément sera le même lorsqu'on verra qu'au xvme et au xixe siècle il a fallu tant écrire et tant parler pour plaider la cause de la liberté commerciale.

Le temps des grandes foires et des caravanes est passé depuis qu'il y a un équilibre politique en Europe ; le temps de la prohibition et de la protection doit aussi passer quand la science a renouvelé de toutes parts les moyens de communication et les instruments de travail. La conclusion des nouveaux traités de commerce est le commencement d'une ère nouvelle, mais il y a encore, dans la nécessité où l'on est d'en conclure, la marque de la longue ignorance qui a pesé sur les esprits. Un traité de commerce n'est pas autre chose en effet qu'un compromis avec l'erreur. Ce qui serait conforme aux principes de l'économie politique, ce serait de ne traiter avec aucun peuple spécialement, mais de traiter avec tous en abaissant purement et simplement les tarifs des douanes ; mais il n'est pas toujours aisé, dans la pratique, de faire ce que l'on sait être le bien, et la résistance des préjugés n'est pas le seul obstacle qu'on y rencontré. On a accusé souvent les économistes de vouloir sacrifier leur patrie aux nations étrangères parce qu'ils font dépendre la fortune de chacune de la fortune de toutes : avec plus de raison l'on aurait accusé leurs adversaires de ne parler de patriotisme que pour masquer leur égoïsme et de sacrifier le bien être, de leurs concitoyens à leur désir de vendre au prix qu'ils voudraient sur un marché dont ils étaient les maîtres. Mais ces accusations sont trop souvent exagérées pour qu'on s'y arrête , quoiqu'on entende encore des gens s'en servir.

C'est se méprendre que de considérer une époque où l'on fait des traités de commerce comme un temps où la doctrine du libre échange triomphe. Nous ne sommes arrivés qu'à la transition, car nous sommes pour le moins autant retenus en arrière qu'attirés en avant. Mais c'est déjà beaucoup que d'en être arrivé là et une fois que les vrais principes agissent, le bénéfice que

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