INTRODUCTION TU
allemande, prépara le terrain à des arrangements internationaux. Mais l'initiative d'un tel accord vint de la France et de l'Italie qui, par la convention du 15 avril 1904, assurèrent aux ouvriers de chacun des pays travaillant dans l'autre — outre le transfert des épargnes comme par le traité franco-belge de 1 882 — un traitement égal en cas d'accident; les caisses de retraites et de chômage furent comprises dans l'arrangement; enfin, il s'étendit même à une institution future, les retraites ouvrières. A la suite de ce traité, la réciprocité en matière d'indemnités pour accidents fut demandée soit à la France, soit à l'Allemagne, par la Belgique, le Luxembourg, par d'autres États encore, et donna lieu à une série de négociations qui se continuent.
Depuis plus longtemps, un autre mouvement se dessinait en faveur d'une protection internationale des ouvriers ; mais la première réalisation ne se fit point aussi vite : il fallut attendre pour cela la convention franco-italienne du 15 avril 1904, qui donne satisfaction
Vni INTRODUCTION
aux deux tendances que j'étudie. Par cet acte, en échange des avantages de prévoyance assurés à ses nationaux, Tltalie promet de faire observer sa loi de i902 interdisant le travail nocturne des femmes, de ne jamais revenir en arrière sur ses dispositions, quelles que puissent être les difficultés d'application, de surveiller letra- Vail des enfants, d'instituer une inspection efficace du travail, le tout sur le modèle français. Enfin, les deux États s'engagent à prendre part à toute conférence diplomatique future pour l'établissement d'une législation internationale du travail. L'idée de telles réunions n'était pas nouvelle, et même un essai avait eu lieu à Berlin en 4890, mais sans résultat pratique.
Dans les deux années qui suivent la convention de 1904 on voit, pour la première fois, ces tentatives aboutir sur l'initiative de l'Association internationale pour la Protection légale des Travailleurs, appuyée par le Gouvernement suisse. A l'issue de la deuxième conférence de Berne en 1906, 7 États s'accordent pour la suppression d'un poison industriel, le phosphore blanc;