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CALCUL DES VOLUMES D'EAU A ÉCOULER EN TEMPS SEC

Or, nous allons voir qu'avec les accroissements d'alimentation prévus dès l'époque oii j'étudiais le projet, le collecteur général paraissait destiné à recevoir fréquemment plus de 3 mètres cubes par seconde, même m temps sec.

La consommation de Paris, en effet, pendant l'été, était sensiblement de 120000 mètres par jour et devait être portée, par les dérivations d'eau de sources, à 220000 mètres. En déduisant de ce total la part afférente aux promenades extérieures, on

devait compter sur l'emploi journalier de 200000 mètres en nombre rond, dans la zone que le collecteur général aurait à desservir.

Mais il est évident a priori que le débit devait être fort loin de se répartir uniformément sur les 24 heures.

Les bornes-fontaines, qui distribuaient à cette époque 33000 mètres par jour, les répandaient en 2 heures 1/2, 1 heure 1/2 le matin et 1 heure le soir. Quant aux 167000 mètres correspondant à l'ensemble des autres usages, leur dépense devait se réparlir avec des variations plus ou moins prononcées sur un nombre d'heures plus grand, mais qui, dans tous les cas, ne s'étendait que peu ou point à la nuit.

TEMPS DlCOULEMËNT.

Quelle devait être, dans le collecteur, la résultante générale de ces écoulements variés?

Pour en avoir un aperçu, je fis observer par temps sec les variations de niveau produites par le fonctionnement des bornesfontaines dans trois égouts à faible pente et de longueurs très inégales : — dans Tégout Richelieu, près du Théâtre-Français, — dans régoul de Rivoli, près de la rue de Gastiglione, — et enfin dans Tégout de Ceinture vers l'avenue Marbeuf.

Les hauteurs d'eau étaient mesurées de 10 en 10 minutes ; on obtint ainsi les profils indiqués figure 16 (p. 64).

Ces graphiques font voir que le temps d'écoulement de l'eau versée dans les égouts par les bornes-fontaines s'accroît avec la longueur des galeries, et que dans l'égout de Ceinture il est sensiblement de 5 heures pour un afflux d'eau de 1 heure et demie, et de 4 heures pour un afflux de 1 heure. Si l'eau se mainte-

nait à la hauteur maximum, rëcoulemcnt serait d'à peu près 2 heures et demie pour une ouverture de 1 heure. Pour un

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Fig. 16 — Hauteurs d'eau observées dans les égouls par suite de TouTCrture des bornes-fontaines.

égout plus long, tel que Tégout d'Asnières, le temps de l'écoulement devait être plus grand, et je crus en conséquence pouvoir admettre qu'une ouverture d'une heure des bornes-fontai-

nés donnerait lieu à un débit maximum correspondant à la répartition uniforme du volume total sur 3 heures.

Quant aux eaux provenant des autres services, et surtout de la consommation privée, il est évident que, fournies pour des usages beaucoup moins simultanés, elles donnent lieu par leur ensemble à un écoulement qui, sans être uniforme, est bien plus réparti. Je ne devais pas m'écarter gravement de la vérité en considérant l'écoulement maximum comme égal à celui qui résulterait de la répartition uniforme du volume total sur d2 heures.

Il résulterait de là que, si toutes les eaux de distribution étaient arrivées au collecteur général sans perte, elles auraient pu lui amener par seconde, à certains moments :

Par les bornes-fontaines un volume de 33 000 mètres cubes divisé par trois fois le temps d'écoulement, qui est de 2 heures 1/2 ou 9000 secondes,

et parles consommations privées, etc.,

Ensemble 5™%00

En fait, il fallait retrancher de cette quantité le volume d'eau qui se perd par l'évaporation, par l'arrosage, par le lavage des cours, des écuries, etc., volume qu'il était alors très difficile d'estimer, mais que j'étais sûr d'évaluer trop bas en ne le portant qu'à un quart du total.

J'arrivais ainsi à cette conclusion, que le collecteur, en temps sec, pouvait avoir à 'débiter par seconde un volume maximum

de 3750 litres

non compris la Bièvre qui en donne à peu près 260

soit en nombre rond 4000 litres

avec elle.

Le desideratum devait donc être une cunette capable de débiter, avec la pente de 0",»50 par kilomètre, au moins 4 mètres cubes par seconde, et même un peu plus.

J'admettais bien, en effet, que le débit des pluies d*orage serait évacué par des décharges en Seine; il n'y avait pas moyen de faire le collecteur suffisant pour ces brusques afOux. On pouvait même se résigner à ce que les pluies moins considérables fissent momentanément monter l'eau de quelques centimètres sur les banquettes, mais encore fallatt-il que ce ne fût pas par trop fréquent. Le collecteur n'aurait été que d'une médiocre utilité si; à la moindre pluie, les eaux avaient dû envahir les banquettes et s'écouler en Seine par les déversoirs.

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