AUTRES COLLECTEURS SECONDAIRES
Les autres collecteurs secondaires sont, sur la rive droite :
L'égout des quais d'amont, qui prolonge le collecteur d'Asnières jusqu'à la gare de l'Arsenal ;
L'égout de Rivoli;
L'égout de Sébaslopol ;
Le collecteur des Petits-Champs ;
Enfin, l'égout de la rue de la Pompe, qui ramène les eaux de Passy au grand collecteur venant de la rive gauche.
11 reste sur cette rive, pour supprimer toute chute directe en Seine, à prolonger l'égout des quais, d'une part en amont de la gare de l'Arsenal, où il faudra probablement relever les eaux de 2 ou 3 mètres par une machine, d'autre part, en aval du pont de l'Aima, où la galerie présentera une pente suilisante, bien qu'inverse de celle de la Seine *• (Voir la carte des Collecteurs, planche II de l'Atlas.)
Sur la rive gauche, les principaux affluents du collecteur de la Bièvre, quand il sera complété, seront au nombre de six.
Le premier, en partant de l'amont, sera le collecteur du XlIP arrondissement, en construction, qui suit la crête des coteaux de la Seine de manière à recueillir et à ramener jusqu'au boulevard de l'Hôpital les eaux de toute la partie du plateau que l'égout de la Bièvre laisse sur sa droite. Entre le collecteur secondaire et le quai, les eaux continueront encore à s'écouler directement à la Seine, et il sera peut-être difficile de
^ Aujourd'hui, ces deux prolongemenls sont faits ; et les égouts & très faible pente qui drainent Bercy ont pour débouché un siphon qui franchit le canal Saint-Martin au pont Morland ; mais ce siphon n*ayant de charge suHGsante que lorsque les égouts d'amont se remplissent ï un niveau qui met obstacle au curage, on vient d'ébblir la machine de relai dont M. Belgrand prévoyait la nécessité.
les faire rentrer dans le système des collecteurs généraux sans les relever par machines, car Taltitude du sol est très basse en plusieurs points, notamment au passage de la rue Watt sous le chemin de fer d'Orléans. Mais il n'y a pas extrême urgence, au point de vue de la salubrité du fleuve, à renvoyer en aval de Paris les eaux de cette bande de faible largeur, occupée en partie par la gare d'Orléans, et par cela même assez peu peuplée.
Arrivé au boulevard de l'Hôpital, le tracé du collecteur de la Bièvre se rapproche de la Seine, et il atteint le quai à la place Saint-Michel pour ne plus le quitter jusqu'au siphon de l'Aima; il ne reçoit donc plus d'affluents que sur sa gauche.
Le premier qu'on rencontre de ce côté est l'égout du boulevard Saint-Michel, qui reçoit les eaux du versant ouest de la montagne Sainte-Geneviève.
A l'ouest du boulevard Saint-Michel, le terrain, entre les fortifications et la Seine, présente à peu près dans son ensemble la forme d'un quart de cône, ayant pour sommet la porte d'Orléans, et, pour base, la ligne courbe des quais.
Sa surface n'est plissée que par des thalwegs très peu prononcés, dont l'un, partant de la rue de Sèvres, correspond sensiblement au tracé des rues Vaneau et Bellechasse. L'égout de ces deux rues, quoique déjà assez ancien, rentre ainsi, en fait, dans le système actuel des collecteurs de second ordre.
Le second plissement, plus long, sans être beaucoup plus accentué, correspond à peu près à la Chaussée du Maine et à l'avenue Bosquet. Ces deux grandes voies sont donc occupées par un égout qui joue, comme collecteur, un rôle important, parce que, indépendamment des eaux qu'il reçoit à droite et à gauche sur son parcours, il absorbe, à l'origine de l'avenue d'Orléans, celles qui, par les grandes pluies, viennent en abondance de l'extérieur de Paris, le terrain s'élevant de ce côté à partir des fortifications jusqu'à la route stratégique.
Enfin, le collecteur des quais d'aval actuellement en exécution (1877) va ramener en tête du siphon de TÂlma les eaux de Vaugirard et de Grenelle. (Voir la carte des Collecteurs, planche II de FÂtlas.)
D'une manière générale, et sauf exceptions locales, la construction des collecteurs a présenté sur la rive gauche moins de difficultés que sur la rive droite, parce que la nappe y est bien moins abondante, et presque partout à d'assez grandes profondeurs au-dessous du sol. On sait en effet que cette nappe n'est pas alimentée par les infiltrations de la Seine, mais par les pluies ; or il résulte du relief du terrain que son bassin d'alimentation est bien plus restreint sur la rive gauche que sur la rive droite. Ayant un moindre débit, la nappe s'écoule vers la Seine avec une pente moindre, et par conséquent, le sol, dès qu'on s'éloigne des quais, s'élève suffisamment au-dessus d'elle pour qu'on ne la rencontre pas dans les constructions d'égouts.
Ainsi la grande galerie (fig. 57) par laquelle on a pro- ^^^^. longé (1876-1877) le collecteur de la Bièvre, ^f % ^^\ depuis la rue Geoffroy-Saint-Hilaire jusqu'aux
I fortifications, bien qu'elle soit en tunnel sur I presque toute son étendue, el qu'elle passe ^^.^I^^^P^ à 25 mètres de profondeur sous la place ^^^^^^"^ d'Italie, se trouve partout au-dessus de la
Fig. 37. — Galerie pro- *
longeant le collecteur uappc ct a été cxécutéc saus épuiscmcnts. Il
de In Dièyre, de la rue . /»■• i tp^^ i ^
Geoffroy - Saint Hiiaire cst vrai quc cct ouvragc a oficrt des difficultés
aux for lifïca lions. ■., , ,., . .
d un autre genre, parce qu il a rencontre, sur d'assez grandes longueurs, d'anciennes galeries de carrières absolument bouleversées.
Seul des égouts de la rive gauche, le collecteur des 'quais d'aval présentera des circonstances tout à fait spéciales ; il doit, en effet, de la rue Leblanc au pont de l'Aima, c'est-àdire sur près de ,3500 mètres, ramener les eaux de l'aval à
l'amont, et, dans ces conditions, une pente continue, même réduite à 0'°,50 par kilomètre, lui ferait percer le sol au milieu de son parcours.
J'ai pris le parti de ne douner de pente au r^.dier que jusqu'au boulevard de Grenelle. A partir de ce point jusqu'à la rue de Javel, c'est-à-dire sur un parcours d'environ HOO mètres, les banquettes et le radier seront horizontaux, mais avec cunelte assez profonde (fig. 58) pour que l'écoulement puisse se faire par pente de surface, qui se réglera d'elle-même suivant la quantité d'eau à débiter.
Enfin, au delà de la rue de Javel, jusqu'à
simple tuyau en poterie de 0",60 de diamètre
(fig. 39) qui, par les grandes pluies, fonctionnera comme con-
- Conduilc Forcée tie Jarel.
duite forcée, ayant pour charge la hauteur de l'eau dans les cheminées de bouche.
Sur les 7500 hectares que renferme l'enceinte de Paris, l'ensemble du réseau collecteur, dans l'état d'avancement que je viens'd'indiquer, va drainer, quand il sera terminé, une surface de 6500 hectares en nombre rond, dont il renverra toutes les eaux soit à Asnières, soit à Saint-Denis. Les zones, formant ensemble 950 hectares, dont les eaux s'écouleront encore à la
Seine, sont d'ailleurs relativement peu peuplées. Par conséquent, la solution du problème qui consiste à affranchir le fleuve de toute chute directe dans Paris, est encore plus près d'être complète que ne semble l'indiquer le rapport entre les surfaces drainées par les collecteurs et celles qui ne le sont pas.