‹ Les Treize, drame en cinq actes, six tableauxChapitre 34 sur 56 · JU A U L I X C 0 U R · texte numérisé non relu

JU A U L I X C 0 U R

Qu'est-ce encore que cela ?

FERRAGUS

Un acte authentique, dressé, d'après vos ordres, par Me Crottat, votre notaire, et par lequel, moyennant cent mille écus payés comptant, vous vendez à M. le marquis de Funcal votre hôtel de la rue de Yarennes.

MAULINCOUR

Tendre mon hôtel, moi !

FERRAGUS

Voici l'argent. . . Vous le voyez, ce n'est pas a votre bourse qu'on en veut... Allons, signez...

MAULINCOUR

Jamais !

FERRAGUS

Mais vous ne m'avez donc pas compris?... Signez, ou vous êtes perdu !

MAULINCOUR

Je ne signerai pas !.. ,

FERRAGUS

Àh ! prenez garde... On peut éviter les accidents delà rue, on peut même échapper à un coup d'épée, mais il y a de certains poisons qui ne pardonnent jamais !...

MAULINCOUR

Hein?...

FERRAGUS

Certains poisons dont j'ai particulièrement étudié, comme médecin, les terribles effets ! ... Ce n'est pas toujours la mort immédiate, il est vrai... C'est quelque chose de plus horrible encore... Les cheveux blanchissent et tombent, la peau se ride, se flétrit, se dessèche... Plus de sang sous la chair, plus d'intelligence dans le front... La prunelle est immobile et blanche, la bouche reste hideusement béante, et de ce qui fut un homme on ne trouve plus qu'un informe et douteux débris. (Il étend le bras vers Maulincour.,

maulincour, reculant avec effroi.

Ne me touchez pas! ne me touchez pas!

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