Assam
C'est par l'Assam que commencent les territoires qu'ont, dans l'Inde proprement dite, affectés les mouvements tertiaires, et dont les tremblements de terre ont été l'objet du catalogue de T. Oldham, déjà mentionné au sujet del'Hindoustan. Pour le bassin du Brahmapoutre, on a en outre les observations recueillies de 1839 à 1843 par le capitaine Hannay *, de 1874 à 1880 par le colonel Keating', et les
* H. Mansuy. ExaiflOû des fossiles rapportés de Yan-Nan par la mission Laùtenois [C, R, Ac. Se. Paris, GXL. 692. 1905).
* Mémorandum of Earthquakes and other remarquable occulpeaces in Upper Assam, from January 1839 t'o September 1843 (/ourn. of tke Asiatic Soc. of Bengal, XII, n» 142, 907, 1843).
* The Joum, of ihâ Asiatio Society of Bengal, XLVI, Part II, 294. L. 4. 62.
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mémoires de R. D. Oldham ^ relatifs au grand tremblement de terre du 12 juin 1897 et à ses innombrables secousses consécutives. La répartition de l'instabilité dans TAssam est ainsi fort bien connue. Une station séismographique est installée depuis longtemps à Shillong.
L'Assam est un plateau montagneux de roches cristallines et granitiqueSy grossièrement allongé de l'Ouest à l'Est sur 400 kilomètres de long et descendant vers le Nord en pentes douces sur le Brahmapoutre en amont de son coude de Dliubri, c'est-à-dire de son entrée dans les plaines du Bengale. Le versant méridional, beaucoup plus raide, est au contraire formé par des couches crétacées et tertiaires plissées, qui plongent brusquement sur la plaine alluviale des Sylhet Streams,le longd'une immense faille, ou flexure, dirigée W. E. Ensuite cette dislocation court au N. Ë. et longe le flanc N. W. de la vallée de la Damsiri jusque près de Golaghat par les Mikir et Naga Hills. Les couches crétacées et tertiaires s'amincissent naturellement vers le Nord» car elles se sont déposées le long d'un rivage peu incliné de la mer méridionale, s'arrôtant là contre le plateau, et les secondes reparaissent de nouveau de l'autre côté des Sylhet Streams. Ainsi, elles ont été violemment abaissées par une flexure résultant d'un énergique plissement, constituant un synclinal à moitié comblé par les alluvions. Les Garo, Khasi et Jaintia Hills, ou TAssam proprement dit, forment une pénéplaine archéenne dénudée avant le creusement des vallées inférieures, car ces dernières sont beaucoup plus étroites et abruptes que leurs parties d'amont, dont elles sont séparées par des rapides et des cascades. Le plateau a donc subi un mouvement d'élévation assez récent, et plus prononcé au Sud qu'au Nord, c'est-à-dire qu'il a basculé ; les rivières, faute du temps nécessaire pour adoucir les profils transversaux de leurs basses vallées, n'ont fait encore que les approfondir au fur et à mesure de l'exhaussement, sans avoir pu les élargir en même temps. Ces vicissitudes grandioses n'ont pas été sans de grandes dislocations, et des roches éruptives ont surgi près de Shillong, tandis que la pénéplaine était fendue par de nombreuses failles secondaires. Les efforts de compression venant du Sud se manifestent de ce même côté, par les plissements des couches sédimentaires crétacées et tertiaires.
Tout fait ainsi prévoir une grande instabilité, et, en effet, FAssam
* Earlhquake of ii^ Jane 1897 {Records of the geol. Survey of India, XVU, Part 2, 4884, 87) ; Id. Report on the greal earthquake of 12^^ June 1897 \fiem, of the geol. Survey of India» XXIX, 1899); Id. List of aftersbocks of the great earthquake of i2tb Jon^ 1897 (Id., XXX, Part 1, 1900).
HIMALAYA ET DÉPENDANCES m
est une des régions du globe où les tremblements de terre, outre une grande fréquence habituelle, atteignent la plus grande énergie. Ainsi, celui du 12 juin 1897 est un véritable événement historique, de tout point comparable à ceux de Lisbonne en 1755, du Japon en 1891, et d'Antioche dans le haut moyen âge. Le tremblement du Cachar * du 10 janvier 1869, et les nombreuses secousses observées dans la vallée du Brahmapoutre montrent que l'instabilité s'étend aux deux dépressions ou synclinaux qui, au Nord comme au Sud, bordent le plateau de l'Assam. Ce séisme de 1897 a donné lieu à de très nombreuses études, et R. D. Oldham, en raison de Timmense étendue de son aire épicentrale, ou pléistoséiste, y a vu un mouvement d'ensemble. Aux environs de Shillong, des observateurs attentifs et dignes de foi ont accusé des changements topographiques importants, qu'une revision de la triangulation géodésique n'a point infirmés, au contraire, sans pourtant les laisser à l'abri de toute objection. Lors de ce grand tremblement de terre, plusieurs failles transversales se sont produites iuT le plateau, témoignant ainsi que les efforts grâce auxquels la pénéplaine doit sa situation actuelle ne sont pas encore complètement éteints, et que sans doute l'instabilité générale, dont il est ici question, n'a pas d'autre origine. Malheureusement, les études de détail sont encore insuffisantes pour décider si la répartition habituelle des secousses atteint son maximum sur le plateau lui-même ou le long des deux dépressions du Brahmapoutre et des Sylhet Streams. Dans le premier cas, il nous semble que le rôle séismogénique principal appartiendrait au mouvement de bascule et dans le second au plissement, sans qu'on puisse se fier au plus grand nombre de secousses actuellement enregistrées à Tura et à Shillong, villes importantes du massif qui peuvent, au moins dans une certaine mesure, n'être que des épicentres apparents par accaparement de chocs venus d'ailleurs. Suess fait de l'Assam une dépendance géologique de la péninsule hindoue stable ; il faut donc bien que sa séismicité ait une origine externe : ce sont, sans aucun doute, des poussées dues à la surrection de l'Himalaya.
Le grand tremblement de terre du 12 juin 1897 a été accompagné de la formation de failles importantes au sud de Goalpara, dans les Gai'o Hills, et au Sud-Ouest de Gowhaty ; la première présentait un développement de .5 milles et un rejet de 2 pieds seulement. Sauf quelques petites cassures du centre des Garo Hills, toutes se sont
* T. Oldham. Tho Cachar e&rthqaake of January 10^» 1869 (Mem. of Ihe geol, Survey of India, XIX, Part 1. 4882).
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rencontrées Bur le versant septentrional de la pénéplaine de rAssam, doucement inclinée vers le Brahmapoutre.
Des séismologaes pensent que lors des grands tremblements de terre suivis d'un nombre considérable de chocs consécutifs, il se manifeste une tendance à une marche systématique de Tépicentre dans une direction déterminée, comme si une fracture terrestre se prolongeait progressivement sous l'effort des secousses, de la même
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