VI. — Page 77, remplacez la note par celle-ci
CaTour écrirait de Baden au général Alphonae Lamarmora :
» Badeu, 2i juillet 1858. u Mon cher ami,
K J'ai cm de mou devoir de faire, •an* retard, oonnallre au roi le riaultat de ma conférence avec l'emperenr ; j'ai donc rédigé une trèa loDgae relation (quarante pages environ), que j'expédie tt Turin par un attaché à la légation du roi i Berne. Je déaireraia beaucoup que le roi te fit lire celte relation où je croia avoir rapporté tout ce que l'empereur m'a dit d'important en une convereation qui a duré prks de huit heures. Je n'ai paa le temps de tout te répéter ici. Je te dirai cependant qa'en somme il a été décidé : 1* que l'État de Massa et Carrare servirait de cause ou de prétaite k la guerre ; 3° que le but de la guerre serait de chasser les Autrichiens de l'Italie, d'établir le royaume de la haute Italie composé de toute la vallée du Pd, des Légations et des Marches -, 3° que la Savoie serait cédée à la France. Quant au comté de Nice, c'est un point en anapens. 4a L'empereur se croit aùr du concours de la Rnaaie et de la neutralité de l'Angleterre et de U Prusse.
■ Néanmoins l'emperenr ne te fait paa illusion aur les reatourcea militaires de l'Autriche, but sa ténacité, sur la nécessité de l'abattre pour en obtenir la cession de l'Italie. Il m'a dit que la paix ne se conclurait qa'k Vienne; que, pour atteindre au but,il fallait une armée de 300,000 hommes; que lui-même était prêt i en fournir 200,000, mais qu'il demandait 100,000 Italiens. L'empereur est entré dans beaucoup de détails relativement A la guerre; il m'a chargé de le les communiquer, ce que je ferai de vive voix, n m'a paru avoir étudié La question bien mieux que aea généraux, et avoir sur ce a^jel dea idées justes. 11 m'a parlé eosuite du commandement ilaa troupes, de la manière de se conduire vis-à-vis du pape, du système d'administration i établir dans les pajs occupés, des finances, bref de toutes les choses eaaentielles à notre grand projet. Sur tout nous avons été d'aooord.
M Le aenl point, qui n'a paa été déSni, c'est le mariage de la priu' cesse Clolilde. Le roi m'avait autorisé à ; consentir pour le cas seulement où l'empereur aurait fait de ce mariage une condition line quà non de l'alliance. L'empereur n'ayant pas înaislé à ce point, j'ai cru bien faire de ne paa prendre la chose snr moi. Mais je suis demeuré convaincu qu'il attache é ce mariage une extrême importance, et que de 1& dépend, sinon l'alliance, du moins l'issue de toute l'afTaire. Ce ser^t une erreur, et une très grosse erreur, que de s'unir à l'empereur et de lui faire, en mérnu temps, une oflense qu'il n'oublierait jamais; et ce serait pour lui un ager d'avoir à ees eûtes et dans ses conseils im ennemi impla-