PUSILLANIMITÉ
Ls ont tremblé où il n’y avait pas à craindre, dit le Psalmiste : Ille trepidaverunt timore, ubi non erat timor (x. 5). Les pusillanimes, dit l’abbé Victor, sont troublés à la moindre tenta-
tion : Pusillanimes ex modica tentatione cito perturbantur (Apud Sophron., c. GLxIV).
La pusillanimité vient d’un esprit faible, étroit, petit; les hommes pusillanimes sont imprudents, impatients, portés à s’échauffer pour une bagatelle, comme les femmes et les enfants. Leur esprit sans consistance et sans force ne peut rien souffrir ; aussitôt ils parlent et agissent selon leurs impressions.
Si au jour de la détresse vous perdez courage, disent les Proverbes, votre force s’affaiblira : Si desperaveris lassus in die angustiæ, imminuetur fortitudo tua (xxiv. 10). Car celui qui commence à céder perd ses forces en cédant ; ce que nous éprouvons tant dans les choses temporelles que dans les choses spirituelles. Là où est la discipline, là est la vigueur...
Dans la pusillanimité, il y a ou défiance et désespoir, ou paresse et lassitude; souvent l’un et l’autre. Lorsqu'une âme perd la confiance de pouvoir vaincre, ou de s'affranchir d’une affliction qu’elle croit plus forte qu’elle, alors elle renonce à ses forces, à l'espoir de résister; elle devient faible, énervée et languissante. Lorsque l’épreuve dure longtemps, cette âme pusillanime désespère tout à fait de pouvoir la supporter ; elle perd le reste de ses forces et succombe entièrement...
Comme l’énergie de l’âme et sa force dépendent de l'espoir que l’on a de venir à bout de telle difficulté et de la surmonter; de même la pusillanimité de l’âme, son abattement et sa chute viennent de ce que l’on désespère de pouvoir soutenir le combat et remporter la victoire...
L’espérance étend, dilate, fortifie l’âme, en lui montrant la récompense et le triomphe de la vertu; mais la pusillanimité la resserre, l’enchaine , l’affaiblit et la rend nulle pour les grandes œuvres...