‹ Les tréteaux de Charles MonseletChapitre 1 sur 112 · THE NEV/ YORK IPUBLICLIBRART · texte numérisé non relu

THE NEV/ YORK IPUBLICLIBRART

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(Dans la rue. Un candidat au fauteuil académique, — supposez M. Philarète Chasle, M. Cuvillier-Fleury , M. Jules Sandeau, M, Victor de Laprade ou M, Mes-

^tépès, — solennellement vêtu de noir et cravaté de blanc, s'introduit avec précaution dans un coupé, Vair est pur; le candidat est soucimœ.)

* Le Candidat. — Cocher, à Theure; il est midi.

Le Cocher. — Où allons-nous ?

l Le Candidat, Uranê de sa poche une longue liste et

f\ la parcourant. — Chez M. Mignet? Non, plus tard.... M. de Vigny? il est à sa répétition de Chatterton... chez M. Villemain? Oui... Cocher! rue Mazarine, 3. ^ Le Cocher, fermant la portière. — Bien, monsieur. Le Candidat, roulant. — Le sort en est jeté I Aca- ) démicien ! je veux être académicien I Et pourquoi pas, *' après tout? Je ferai très-bien sous la coupole, avec un ! habit brodé de palmes* N'ai-je pas écrit des œuvres i considérables, fortes d'idées et riches de style? Si je

n'ai pas moralisé les masses, c'est uniquement parce que je n'y ai pas peasé. Il faut se réserver quelque tâche pour ses vieux jours. Allons, l'Institut m'ira comme un gant !

{On arrive chez M. ViUemain, Le secrétaire perf)étuel de V Académie française marche rapidement dans sa chambre, en dictant. Il ne s'arrête point à Ventrée du candidat.)

M. ViLLEMAiN. — Ah! ahl c'est vous. Vous venez chercher mon dernier rapport. Il ne se distribue que chez moi, en efifet. Le voilà. Vous vous portez bien? (Il marche.)

Le Candidat. — Je vous remercie. Mais je viens pour autre chose encore...

M. ViLLEMAiN. — 'Pour autre chose? Dites-moi, ôtes-vous fatigué?

Le Candidat, surpris. — Non.

M. ViLLEMAiN. — Dans ce cas, il vous doit être égal de causer en marchant?

Le Candidat. — Absolument égal.

M. Villemain. — Marchons donc. Cela m'est imposé par mon médecin. A présent, qu'est-ce que vous voulez ?

Le Candidat. — Vous ne devinez pas?

M. Villemain, marchant. — Du tout, du tout I

Le Candidat, le suivant. — Votre voix, illustre ami.

M. Villemain. — Ma voix?

Le Candidat. — Pour un des deux fauteuils vacants.

L'ÂGÂDÉMIE 5

M. ViLLEMAiN, marchant — Cela vous tient donc toujours?

Le Candidat, le suivant. — Plus que jamais. M. ViLLEMAiN. — C'est fâcheux I

{Il s'arrête. On connaît Vhabitude de M. Villemain : il passe souvent la main sur sa tête; quand il amène un cheveu blanc^ il le jette avec humeur ; mais si c'est un cheveu gris, il le replace pieusement sur son crâne.)

Le Candidat, inquiet. — Vous êtes donc «ngagé ?

M. Villemain. — Avec personne.

Le Candidat. — Eh bieni alors?

H. Villemain, marchant. — Ah ! voilà. C'est assez délicat à dire ; j'essayerai cependant avec vous parce que vous êtes mon ami. Vous avez certainement beaucoup de talent, d'érudition et même quelquefois d'éclat; mais toutes ces qualités sont déparées par un vice radical : en un mot, mon cher, vous n'avez pas la phrase assez longue.

Le Candidat, le suivant. — Pas assez longue !

M. Villemain. — Eh noni le rhythme et le nombre vous font défaut, vous n'arrivez presque jamais à l'harmonie qui est la première condition du style. Regardez ma phrase : comme c'est ampl« I comme c'est fleuri I comme les incidentes s'y déroulent aisément I là, c'est un fleuve; plus loin, c'est une cascade. Et mes discours, les avez-vous présents à la mémoire? Ils sont machinés comme des planchers de théâtre : par-dessus, c'est tout uni, tout gazonné; semblables à des personnages de ballet, on voit s'y poser, en se groupant, l'Elégance, le bon Goût, l'Allusion en robe de gaze.

Mais, par-dessous, que de trappes, que de poulies, que d*escaliers, quel appareil graissé d'huile et d'expérience l.Ëtudiez mes discours, mon cher, si vous voulez devenir éloquent. [Il replace un cheveu gris.)

Le Candidat. — Mais, illustre ami, vous oubliez que je ne fais pas de discours, moi. Je ne suis pas un professeur.

M. ViLLEMAiN, marchant. — Tant pis pour vous.

Le Candidat, le suivant. — Je fais des livres.

M. YiLLEMAiN, marchant. — Ce n'est rien, si vous ne savez pas les réciter.

Le Candidat, le suivant. — Ecoutez-moi I

M. ViLLEMAiN. — Non. L'Académie a besoin d'orateurs; elle est la dernière tribune. Vous n'avez ni organe, ni regard, ni bras. J'aimerais mieux donner ipa voix à M. Mélingue qu'à vous. [Il jette un cheveu blanc.)

Le Candidat, consterné. — C'est votre dernier mot?

M. ViLLEMAiN, marchant. — Mon dernier! Allons! je suis plus abondant que cela, vous le savez bien.

Le Candidat, renonçant à le suivre. — Hélas !

M, ViLLEMAiN. — D'ailleurs, qu'est-ce qu'un voix de plus ou de moins ? Allez chez Mérimée, il vous donnera la sienne; c'est un auteur de votre école, il est concis, il ne dit rien de trop. Beau mérite!

Le Candidat, avec un soupir. — Adieu, donc.

M. ViLLEMAiN. — Sans rancune, n'est-ce pas? [Il lui serre la main et y laisse un cheveu blanfC.)

[Le candidat remonte en coupé et se fait conduire chez if. CoiAsin, Le monologue qu'il ecchale pendant le trajet nous parait trop entaché d'injustice vis-à-vis de M. ViUemain pour être reproduit ici. Le candidat ne trouve ni concierge, ni valet de chambre chez M. Cousin; il traverse de grandes salles enfumées, où des araignées du temps de la minorité de Louis XIV se balancent mélancoliquement au bout de longs fils poudreux. Enfin, il pousse la porte d*un cabinet obscur, encombré de robes, de carquois, de plumets, de dentelles, de nœuds d'épées, de ïiauts-de-chausses. Seul, dans ce cabinet, un homme, vieux encore, contemple avec attendrissement un portrait ovale. C'est lui, c'est M, Cousin.)

M. Cousin, r^t?ear. — Qu'elle est belle I

Le Candidat, s'axançant sur la pointe du pied, et UmssarU. — Hum !

M. Cousin, absorbé. — La voilà bien, en costume d'Hébé, une coupe à la main, la gorge un peu bas placée, comme toutes les femmes de condition ; les yeux ni beaux, ni grands, mais d'un éclat pareil à celui des turquoises; un nez camard, à rendre fou d'amour. Ces marques de petite vérole, semées çh et là, loin de diminuer le charme de sa personne, en relèvent au contraire Téclat vainqueur. Sa taille.. .

Le Candidat. — Hum I hum !

M. Cousin. — Sa taille est haute et massive, comme il sied aux femmes qui ont la conscience de leur majesté. Il n'y a pas jusqu'à cette tache de lie de vin, qui...

Le Candidat. — Monsieur Cousin...

M. Cousin. — Qui va là? Est-ce vous, d'Hocquincourtî

Le Candidat. — Pas précisément. Je ne suis qu'un importun moderne... la pire espèce des importuns... un solliciteur.

M. Cousin, distrait, — Ahl la reconnaissez-vous ? (Il lui montre le portrait ovale.)

Le Candidat. — Attendez donc...

M. Cousin. — Madame de Motteville en a menti ! Regardez. Il n'y a aucune trace de cicatrice au sein gauche.

Le Candidat. — Aucune.

M. Cousin. — C*est une calomnie accréditée par le petit de Guiche ; mais je le confondrai I

Le Candidat. — Et vous ferez bien... Vous savez qu'il y a deux places vacantes à l'Académie française?

M. Cousin. — Vraiment? Il faut les donner à M. le Prince et à Turenne.

Le Candidat. — Ah I non.

. M. Cousin. — A qui donc ?

Le Candidat. — A moi, grand philosophe.

M. Cousin. — Etes-vous protégé par Ligdamire?

Le Candidat. — Ligdamire?

M. Cousin. — C'est son nom de précieuse.

Le Candidat. — Je crois que j'aurai l'appui des Débats et du Constitutionnel,

M. Cousin. — Pouah I qu'est-ce que vous dites? Qui ôtes-vous? Comment étes-vous entré ici? Vous voyez bien que je travaille. (Jl baise le portrait ovale.)

Le Candidat. — Excusez-moi, grand philosophe...

M. Cousin. — A qui parlez-vous? oh voyez-vous un philosophe?

Le Candidat. — Comment, vous n'êtes pas...

L'ÂGÂDËMIE 9

M. Cousin. — Eh nonl mille fois noD I c'est mon ancien libraire Ladrange qui fait courir ce bruit. Je ne suis que l'humble serviteur des grandes dames de la Forte Saint-Antoine. {S'adressant au portrait ovale.) Chère ange ! je te ferai restaurer!

Le Candidat, à part. — Ce n'est pas un académicien, c'est Lindor.

M. Cousin. — Vous êtes encore là?

Le Candidat. — Oui.

M. Cousin. — Vous êtes indiscret. Adieu, je me retire dans ma chambre à coucher. C'est l'heure oh nous goûtons ensemble quelques instants de repos.

Le Candidat. — Nous?

M. Cousin, désignant le portrait ovale. — Elle et moi. Croye:^vous que je voudrais la laisser seule? Revenez un autre jour. J'aurai peut-être des renseignements nouveaux sur elle et sur madame de Montbazon. Défendez-la surtout 1 (Il sort et pose U7^ doigt sur sa bouche, en signe de discrétion.)

(Chez M. Ponsard. Un palais de *carton. Un confident essuie les meubles.)

PONSARQ.

Arbate, on a sonné. Sache, bon domestique. Quel flot de visiteurs inonde mon portique. Va, cours, vole et reviens.

Arbate, annonçant.

Un étranger, seigneur.

40 L'ÂGADËMIE

PONSARD

Qu'il entre, par Junon 1

Le Candidat.

Monsieur, j'ai bien Thonneur...

PONSARD

Fais savoir ta patrie et comment Ton te nomme.

Le Candidat.

Je suis un candidat.

Ponsard.

On dit client, à Rome.

Le Candidat. ^ Client, si vous voulez, monsieur Ponsard...

Ponsard.

Vêtu Comme tu Tes, mortel, de quel pays viens-tu? De quel mont? de quel val? de quel port? de quel isthme?

Le «Candidat.

J'arrive de Chaillot.

Ponsard, avec dédain.

Tu manques d'archaïsme.

Pourtant, prends un fauteuil.

Le Candidat, souriant.

Celui de Salvandy Ou celui de Musset?

PONSARD

Tais-toi, bouffon bardil Ou plutôt réponds-moi. Connais-tu mes ouvrages ?

Le Candidat.

Je les appris par cœur.

PoNSARD, émerveillé.

Vrail

Le Candidat.

J*ai tous les courages.

PONSARD

Alors, que penses-tu de V Honneur et V Argent ?

Le Candidat.

Un chef-d'œuvre I

PoNSARD, joyeux.

Les dieux t'ont fait intelligent.

Et Lucrèce ?

Le Candidat.

Un poëme égal aux plus beaux marbres l

]?onsard.

Horace !

Le Candidat.

On le croirait signé : Néré Desarbres !

PONSARD, inquiet.

Ulysse, te plaît-il?

Le Candidat.

C'est un bas-relief grec.

PONSARD

La Bourse,,.

Le Candidat.

Ne renvoie aucun spectateur sec.

Ponsard.

En résumé?... ,

Le Candidat.

Le tout est simplement sublime.

Augier n*est qu'un plateau, vous êtes un cime.

Ponsard.

Eh ! que dirais-tu donc, ardent à me louer, Si tu pouvais me voir dans mes pièces jouer I

Le Candidat.

Quoi! seigneur, se peulril? vous chaussez le cothurne ?

Ponsard.

Quelquefois, entre amis, quand vient Fheure nocturne.

Je voulais ôtre acteur; je m*y suis pris trop tard. Peut-être aurais-je été Frederick ou Têtard I Aux eaux, le mois dernier, oubliant Tétiquette, J*ai d*Alfred de Musset emprunté la raquette. Pourquoi pas? J*ai joué dans deux pièces, heureux De donner la réplique à monsieur Pommereux I Un incident a, seul, distrait mon auditoire : D'un maillot trop fameux qui redira Thistoire? Achille vulnérable autre part qu'au talon, Aix-en-Savoie a vu craquer mon pantalon. Mais rien ne peut troubler une âme inaccessible, £t j'obtins un succès, ce soir, dHnexpressible.

Le Candidat.

O grand homme! ainsi donc il nous faut désormais T*admirer doublement et par tes deux sommets I

PONSARD

Mon hôte, ta louange est une riche estrade. Tu n'auras pas ma voix : elle est à de Laprade ; Mais puisque vers mon seuil t'a dirigé le ciel, Suis-moi. Je veux t' offrir des gâteaux et du miel.

{Ils sortent, suivis de deux esclaves thébains qui jouent de la flûte.)

44 L'ACADËMIfi

{Chez M. Viennet. Les bustes de La Fontaine et de BotlettU'Despréaux ornent Tantichambre. On y voit aussi U portrait de feu Dorîanges^ représenté en spencer^ par feu Valsain.)

Une vieille servante. — Monsieur est chez lui, mais je ne crois pas qu'il puisse vous recevoir en ce moment.

Le Candidat. — Oh I pourquoi donc?

La vieille servante. — Il est sur le Parnasse.

Le Candidat. — Comment I sur le Parnasse T

La vieille servante. — Eh oui ! il enfourche Pé-

Le Candidat. —J'entends; il écrit.

La vieille servante, avec hauteur. — Non, monsieur : il chante I

Le Candidat. — C'est ce que je voulais dire.

La vieille servante. — Si pourtant vous voulez me donner votre nom...

Le Candidat. — Annoncez un amant des neuf sœurs !

La vieille servante, avec une révérence. — Que ne vous faisiez-vous connaître tout de suite? M. Viennet y est toujours pour les troubadours, ses confrères.

Le Candidat, à part, — J'aurais dû apporter un luth. C'est une faute.

M. Viennet, entrant, vêtu éHune douillette de soie feuille-morte, — Mon oreille avait cru reconnaître la voix de Doliban. C'est singulier comme je vois partout Doliban depuis quelques jours. Eh mais! je ne me trompe pas, c'est le jeune Versac.

Le Candidat. — Vous faites erreur, maître.

M. ViBNNBT. — A moins que ce ne soit le petit FIoricourt ou le sémillant Belval.

Le Candidat. — Ni Fun ni fautre. Je ne suis qu'un inconnu ; mais si vous voulez me permettre d'attirer vos yeux sur quejques-uns de mes livres, il me sera doux de vous en faire hommage, comme au plus grand poète de notre siècle. (Il remet  Jf. Viennet plusieurs volumes.)

M. YiENNET, déployant un lorgnon à deux branches du temps des galeries de bois. — Des opuscules I

Le Candidat. — Humbles fruits de mes loisirs !

M. YucNNET. — Jeune homme, je ùe sais si je me trompe, mais vous devez avoir le feu sacré 1

Le Caj^didat. — ^^ Suivre vos traces glorieuses est le plus ardent de mes souhaits...

M. ViENNET, se drapant. — Eh ! eh 1 vous n'ôtes pas dégoûté. J'ai eu mon Capitole, tel que vous me voyez; et certaines de mes fables ont fait trembler Louis-Philippe sur son trône! On dit à présent : Viennet par ci, Viennet par là, bonhomme, brèche-dent, ganache (ouï, je sais qu'on m'appelle ganache] I Mai^ apprenez que Viennet a été plus audacieux, plus incoi^rigible et plus anti-académique que vous tous ; Viennet a eu le diable au corps, lui aussi ; quelques-uns de mes bons mots et quelques-unes de mes épigrammes sont chaque joor dans votre bouche, sans que vous vous en doutiez, enfants; et c'est ôtre trois fois injuste de ne me tenir compte aujourd'hui que.de mes rhumatismes I

Le Candidat. — J'ai toujours été le premier à constater que Minerve parle par votre bouche.

M. Viennet. — Restez dans les bons errements,

jeune homme. Voyez-vous, on ne fera jamais mieux que le Lutrin...

Le Candidat. — Et que VEpUre aux Mules.

M. ViENNET, flatté. — Ah fvous avez de la mémoire I

Le Candidat. — C'est bien natureL

M. ViENNET. — Votre génération n'est pas de cet avis sur mon compte.

Le Candidat. -=■ Dame ! vous l'avez un peu malmenée, convenez-en.

M. ViENNET. — N'ai-je pas eu raison? Des jeunes gens qui ne parlent continuellement que de chevaux et de cigares ! Des femmes évaporées 1 Une littérature de cimetière et d'infanticide I ^

Le Candidat. — Vous exagérez peut-être.».

M. ViENNET. — Et votre tortueux, votre rocailleux M. Hugo! Croyez-vous que ce soit là un bon modèle à proposer aux nourrissons du Pinde ?

Le Candidat. — J'avoue que, pour les nourrissons du Pinde...

M. ViENNET. — J'ai fait une fable là-dessus.

Le Candidat. — Comme M. Jovial faisait une chanson.

M. ViENNET. — Intitulée : l'Asperge et le Ver hiisant.

Le Candidat. — Le titre est heureux.

M. ViENNET. — Je l'ai lue avant-hier à Doliban; il en a été tellement enchanté, qu'il a voulu à toute force en emporter une copie. Je gagerais vingt pistoles qu'il la destine à la folle Hermanco.

Le Candidat, y mettant de la complaisance. — Ah I ah I ah I le fripon I

M. ViENNET. — Aimez- vous les fables?

Le Candidat. — Je, n*aime que cela* C'est ce qui 131'enbardit à solliciter vos suffrages pour faire partie •du docte corps.

M. ViENNET. — Autant vous qu'un innovateur. Je TOUS promets ma voix.

Le Candidat. — Oh ! merci !

M. ViENNET. — Mais à une condition : c'est que vous allez me signer un papier oh vous vdus engagerez à ne jamais faire usage des mots bizarres récemment introduits dans notre langue, tels que : tunnel, railway, -réalisme, chicocandard...

Le Candidat. — De grand cœur I {Il^signe.)

M. ViENNET. — Jeune homme, je vous prédis une belle carrière 1

{Le candidat est ravi; il sort en parlant d'Hélicon et de Permesse. Il appelle son coclier automédon, et,*àani son délire, il veut se faire conduire chez le dernier des Lacretelle; ce n*est qu'au bout d'un quart d'heure qu'il se souvient que les Lacretelle sont finis. Il n'y en a plus ! comme disent les restaurateurs ; « mais il nous reste encore des Sacy et des Legouvé. » Alors, comme il se fait tard, le candidat remet au lendemain ses autres visites académiques.)

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