LES NOIR AU
— C'est bon, c'est bon ; ta aurais dû me dire çtptni tard, Toinon ; je dormais si bien^
Quand Noirau fat habillé, Toinon se mit à couir éevant lui et le mena à la porte.
— Voyez-vous là-baatf
— C'est très-extraordinaire 1 on sac !
— n faut monter au gremer, monsimir.
Les serrantes eommençaient à se rassembler, à regarder le sac et à faire des histoires impossibles. TomoD parut à la petite lucarne du grenier avec Noiran.
— Tu vas voir que ce n'est rien, dit rex-épider fà commençait à trembler. Et il toucha le sac; maitaB mouvement de Hugues le fit sauver au bout dn grenier; il faillit se trouver mai.
— Toinon, dit-il en reculant vers la porte , ce n'est pas clair; il m'a semblé qu'il y avait qoelqu'on làdedans.
Les dents du pauvre homme dansaient la suabande.
— Bathl dît Toinon, je veux savoir qai ça est; que ce soit Dieu ou diable, nous le verrons bien.
Elle s'approcha du sac.
-— Prends garde à toi, Toinon ! s'écria Nolnni.
— Toinon, dit doucement une voix qui sortait du sac, c'est moi, Hugues; délivre-moi.
— Ah! mon Dieu, fit-elle toute décontenancée h m tour, c'est M. Hugues I
— Comment, Huguesl . . . mon neveu?... tsamesim sûre?
— Pardine, il m'a parié.
Elle tira le sao, délia les cordons, et Hugues sortit pré-
LES NOIRAU. m
cipilammenU noir comme U nuit Noirau, ne le reconnaissant pas, descendit plus mort que vif les escaliers, et courut se renfermer dans sa chambre. Pendant ce temps, Hugues se secoua, puis alla se coucher sans touloir satisfaire Tardente curiosité do Toinon.
£i tu dis, monsieur Noirau, que c'est un voleur?
demanda la^bouxgeoise.
— Oui, bien sûr; ferme les verrous de la p(Mrte.
— Ahl seigneur!... etToinou?
— Toioon croyait que c'était Hugues. H était tout ncMr, la figure, les mains... le brigaudl...
Toin<«i, qui descendait, eut toutes les peines à se faira^ ouvrir la porte de rappartemeni oii les Noirau s'étaient barricadés.
— .£h bien 1 9)inon? demanda la Noirau.
— C'est M. Hugues.
— €k)mment, ce n'était donc pas un voleur? Vous me ferez mourir avec vos peurs, dit-elle à Noirau. — Qu'est-ce qu'il faisait là?
— Je ne sais pas, répondit Toinon.
— Il n'avait pas pu s'y mettre tout seul. Voilà encore qu'il recommence ses tours. Monsieur Noirau, nous ne pouvons pas le garder plus longtemps, il me fait manger mon sang. Allons, Toinon, parle.
— Ah ! ma foi, madame, vous me demandez plus long que je n'en sais ; il n'a rien voulu me dire et il est allé se coucher.
— C'est bien, nous verrons cela plus tard. Tranon, ne jacassez pas là-dessus.
Hugues était profondément endormi lorsque son oncle entra chez lui. Cependant il se réveilla.
272 LES NOIRAU.
— Hugues, lui dit Noirau en essayant de se donner un air solennel, tous savez que j'ai toujours été bon enrers TOUS. Je TOUS ai pardonné tous vos tours ; je mettais cela sur le compte de la jeunesse ; mais après ce qui est arrivé cette nuit...
— Mon oncle, dit Hugues, si je pouvais tous raconter comment tout cela s'est passé... mais je n'en sais rien moi-même.
— Je ne tous demande rien, Hugues; madame Noirau ne Teut plus TOUS garder ici ; il faut que tous partiez. Vous pensez dcTenir peintre, soyez artiste. Depuis un an TOUS gagnez 25 francs par mois chezTOtre patron; je vous les ai religieusement conserTés ; cependant, comme vous ne savez pas encore ce que c'est que de TiTre à Paris, je ne tous donne aujourd'hui (^e 100 francs; mais il faut que tous partiez ce soir même.
— Mon cher oncle I dit Hugues en fondant en larmes. , Le Noirau s'attendrissait.
— Écoute, lui dit-il en reprenant le tutoiement, ta pourras aToir besoin d'argent ; écris-moi, je t'en euTenai en cachette.
Hugues partit Je même jour pour Paris.