‹ Les tréteaux de Charles MonseletChapitre 15 sur 112 · AU PETIT-FILS DE M. LEOOUVE, EN SON BERCEAU · texte numérisé non relu

AU PETIT-FILS DE M. LEOOUVE, EN SON BERCEAU

Puisqu'on fit de toi, cher petit bonhomme, Un être public, en te dédiant Un écrit moral qu'eût signé Prud'homme, Et que tu liras, en l'étudiant ; Je veux à mon tour, voix douce mais nette, Sans que ta nourrice au pied mesuré Cesse d'agiter ta barcelonnette, Tadresser ces vers, enfant préféré.

Car il ne faut pas que tu puisses croire, Un jour, que le monde était aussi laid Et que la critique était aussi noire Que les dépeignit l'auteur du Pamphlet.

Quand tu seras grand, on viendra te dire Que les gazetiers sont tous des méchants, Parce qu'un d'entre eux, ardent à médire.

A de ton aïeul persifflé les chants.

On ajoutera : — Ces gens n'ont point d*âtres

Oli sécher leurs mains, oti chauffer leur cœur ;

Ils sont mal vôtus, hargneux et verdâtres :

Tout impuissant est doublé d*un moqueur I

Je te vois déjà faisant la grimace

Devant ce portrait, qu'ils auront rêvé.

Veux-tu regarder un critique en face?

Tourne Tœil vers moi, petit Legouvé.

Sans réaliser le beau pentélique.

Ni ces profils purs que Fart grec frappa,^

Je n*ai rien d'atroce et de famélique,

Et je suis plus gros que ton grand-papa.

Pas plus tard qu'hier, à l'heure oli je passe.

Pour régler ma montre, au Palais-Royal,

Un honnête couple a dit à voix basse :

— Tiens I M. Bidaux, l'adjoint d'Epinal I

C'est que, vois-tu bien, de quel nom qu'on nomme

L'auditeur qui fuit les accents du luth,

On peut sans cesser d'ôtre un honnête homme

Bâiller aux Français comme à l'Institut.

5 Novembre 185*7.

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