SCÈNE Vil
Les Mêmes, LESCAROL.
MOUTONNKT, se retoumant* Par qui ? (Apercevant LescaroK) Mai^ par lui I par ce sapeur enragé I
LESCAROL, froidement.
Monsieur Moutonnet, n'ajoutez pas Tinvective à yotre conduite envers moi, si vous tenez le moindrement h l'existence.
MOUTONNET
L'existence?
LESCAROL, lui rendant sa pipe et sa blague vide,**
Reprenez d'abord ces bibelots, que j'ai pu acceptére.., de Tafflitié^ mais ^ue je ne saurais ocw,pére plus avant, dans la conjecture ous que nous sont.
MOUTONNET
Ah çà I me direz-vous au moins...?
LESCAROL.
Vous saurez, d'abord, que je suis investi d'un mois de salle de police. •• à cause de vous.
■OUTOHHET.
Gomment, à cause de ?•..
SOPHIE
Vous l'entendez I... (Elle sort par la gauche en haussant les épaules.)
LESCA&OL.
Oui, pour n'avoir pas mangé à la gamelle depuis deux jours.
Et vous dites que c'est moi qui suis cause...?
LESCAROL.
Tesez-vous ! La salle de police n'aurait rien... d'incompatible par soi-même ; mais v'ià les camarades qui me blaguent, par-dessus le marché; et vous comprenez que...
* Lescarol, Sophie, Moatonnet.
** Sophie, Lescarol, Moutonoet.
MOUTONNET
Mab ce n'est pas ma faute si...
LESCÂROL.
Tesez-^ovSj que je vous àis ! Us me blaguent parce qu'ils disent que je suis-t-un blagueur; et ils disent que je suis-t-un biagueui', parce que vous m'avez blagué !
MOUTONNET
Moi l je vous ai...?
LESCAROL.
Vous m'avez blagué, en ne me faisant pas fulgurer mon nom dans les journaux, au vjs-à-vis de messieurs les vôtres.
MOUTONNET
Ah ! c'est pour cela que...
LESCAROL, comme si sa phrase était finie.
C'est pour cela que I J*ai zVté au feu, j'ai le droit d'êti e sur l'ordre du jour.
Mais vous devez bien penser que ce n'e^t pas moi («7 se frappe la poitrine) qui ai fait mettre dans les journaux...
LESCÂRQL.
Pas de délégations; elles seraient oiseuses... Vous allez, simplement, rue faire celui d'envoyer au journal... un mot de renfort... vous entendez, un mot de renfort, [îonr faire assavoir à la Fiance entière que moi, Lescajol, caporalsapeur, au 74«...
MODTONKET, furxeUX,
Que j'écrive au journal pour cela ?
LESCAROL.
Je vous y invite.
MOUTONNET
Mais, brigand ! ta ne vois donc pas que je ne suis déjà que trop compromis ?
LESCAROL, froid.
Je ne sais pas si vous l'êtes trop, mais, moi, je trouve que je ne le suis pas-t-assez. Ainsi, mon trésor...
MOUTONNET, exaspéré.
Des lunettes!...
LESCAROL.
Des... (Se calmant tout à coup et prenant Moutonnet par le . bras) Coûte bien co que je te dis : un mot de renfoit, ce soir I ou demain au matin, deux sapeurs de mes amis. —Voilà.— (JZ remonte vers la droite; Alfred paraît au fond,