VI. — Trichophytons ectothrix
L’examen microscopique des trichophytons ectothrix ne permet pas de fixer de types morphologiques spéciaux, car, dans un très grand nombre de cas, les caractères microscopiques du parasite le montrent dissemblable de tout autre, antérieurement observé.
IL — Jamais un trichophyton endothrix ne fournit une culture semblable à celle d’un trichophyton ectothrix et réciproquement. — Ces différences sont permanentes et héréditaires.
III. — La culture divise les trichophytons endothrix en trichophytons à culture conique ou acuminée correspondant au trichophyton à mycélium fragile;
Et en trichophyton à culture en godet ou cratériforme correspondant au mycélium résistant.
IV. — A ces variétés correspondent quelques variétés secondaires entre les cultures acuminées et entre les cultures cratériformes.
V. — A ces exceptions correspondent des cultures de caractères exceptionnels.
VI. — Trichophytons ectothrix. Bien que le nombre total des cultures de trichophyton ectothrix soit inférieur au nombre total des cultures de trichophyton endothrix, le nombre de leurs espèces diverses est bien plus considérable.
L’ensemencement consécutif d'un grand nombre de trichophytons ectothrix fait découvrir indéfiniment de nouvelles espèces.
De l’ensemble des faits précédents résumés par ce tableau, il surgit un problème nouveau, tellement précis dans ses termes qu’on ne saurait le négliger.
Parmi les espèces trichophytiques rencontrées sur l’homme, espèces de caractères différentiels immuables, et dont l’inoculation prouve le pouvoir parasitaire, quelques espèces peu nombreuses causent les quatre cinquièmes des cas de trichophytie.
La fréquence de leur parasitisme sur l’homme explique donc assez, par la contagion, la perpétuité de la maladie.
Mais sur deux cent trente cas de trichophytie consécutive-
ANALYSE EXPÉRIMENTALE 81
ment examinés et mis en culture, quatorze espèces trichophytiques, toutes différentes, et toutes pathogènes, ne se rencontrent sur l’homme qu’exceptionnellement.
Parmi elles, dix espèces ne se sont jamais rencontrées qu’une seule fois en vingt-quatre mois d’observation.
Comment admettre la conservation de leur germe, si l'homme est leur seul terrain de culture?
§ V. — Les trichophytons ectothrix sont des espèces trichophytiques animales. — Les preuves de leur origine.
A cette question trois solutions hypothétiques peuvent donner réponse :
l°Les trichophytons peuvent avoir une distribution régionale : tel trichophyton être rare dans un pays, fréquent dans un autre ;
2° Ou bien la conservation des espèces trichophytiques, — de certaines espèces du moins, — est assurée par une existence saprophyte;
3° Ou bien ces parasites rares chez l’homme sont des espèces fréquentes chez les animaux.
De ces trois hypothèses, les deux premières seront étudiées plus loin; l’une et l’autre sont plausibles, mais d’une part la distribution régionale des trichophytons ne semble guère pouvoir être invoquée pour expliquer tant de trichophyties disparates contractées dans Paris ou dans sa banlieue.
La seconde, l’existence saprophyte des trichophytons, est d’une vérification quasi impossible, par conséquent il ne faudrait l’admettre qu’en l’absence de toute autre hypothèse plus rationnelle et plus vérifiable.
La troisième hypothèse est donc celle que nous étudierons d’abord, parce que nous savons l’existence de la trichophytie chez les animaux, et sa contagion possible à l’homme, et parce que nous ignorons encore quelles espèces trichophytiques sont ainsi transmises à l’homme, et si ces espèces sont spéciales.
Si l’étude des trichophyties animales n’avait pas été aussi délaissée que celle des trichophyties humaines, il serait facile de comparer des cultures de provenance humaine aux cultures de provenance animale et de faire la preuve de leur identité par la culture sur milieux identiques.
LES TIUCHOPIIYTIES HUMAINES
Mais nous ne savons pas qu’aucun travail d’ensemble ait été fait sur le sujet, ni qu’il existe nulle part une collection de cultures, trichophytiques animales. C’était donc une étude à faire.
Quatre moyens existent pour certifier l’origine animale d’un trichophyton :
1° La culture directe provenant d’une trichophytie spontanée de l’animal;
2° La mise en culture régulière de tous les cas de trichophytie spontanée survenant chez les animaux agglomérés ;
3° L’étude des épidémies trichophytiques animales ;
4° Les commémoratifs spéciaux des observations de trichophytie de l’homme.
1° La culture directe provenant de l’animal , si l’observation est solée, peut être la preuve particulière d’un cas de contagion, mais elle ne saurait à elle seule servir de base à une affirmation générale. Elle ne prouve en rien par exemple, que l’espèce trichophytique observée une fois sur le cheval, soit exclusive au cheval ou même fréquente chez lui.
M. E. Bodin dit avec raison pour le favus : « Il est prématuré de désigner une espèce favique par le nom de l’animal sur lequel elle s’est rencontrée, car rien ne prouve qu’un même animal ne puisse avoir plusieurs favus et que le même favus ne puisse cultiver sur plusieurs animaux. »
Cette observation logique pour le favus reste logique pour le trichophyton. Une culture provenant de l’animal peut être la preuve particulière de l’origine d’un cas donné de trichophytie, mais elle ne permet pas de conclure en général. Elle n’apporte même pas une présomption sur ce point. Ce n’est, si l’on veut, que le commencement d’une preuve ;
2° La mise en culture régulière de tous les cas de trichophytie survenant spontanément parmi les agglomérations animales est certainement beaucoup plus probante.
J’ai pu ainsi obtenir, aux écuries de la Compagnie générale des voitures, des séries de cultures montrant la fréquence relative de telles et telles espèces trichophytiques du cheval. Qu’une statistique semblable soit faite en un autre lieu, dans un régiment d’artillerie par exemple, et l’on peut contrôler la première statistique par la seconde. Alors, et sur un nombre suffisant de cas, on peut conclure ;
ANALYSE EXPÉHIMENTALE
3° Les séries de culture faites au cours d'une épidémie animale sont moins probantes, car elles ne peuvent démontrer qu’une chose, c’est le degré de contagiosité d’une espèce trichophytique donnée pour l’animal en observation ;
4° Enfin, les commémoratifs spéciaux que peuvent retrouver les observations de trichophytie de l'homme ne doivent pas être systématiquement écartés comme insuffisants. Il y en a d’insignifiants, c’est vrai; il y en a qui ne sont pas négligeables.
Si, comme il m’est arrivé pour une espèce que j’ai d’ailleur obtenue directement d’une trichophytie équine ayant causé une trichophytie de l’homme, si, dis-je, sur dix-neuf observations de cette espèce trichophytique, on trouve treize cas où la profession du malade (palefrenier, cocher, charretier, artilleur, etc...) l’expose au contact permanent et journalier du cheval; si dans plusieurs de ces cas, le malade de lui-même indique le cheval comme instrument de la contagion, décrit sa lésion circinée, et déglabrée, etc... ;
Il restera bien peu de doutes qu’elfectivement le cheval ne soit l’origine la plus ordinaire de la transmission de cette espèce.
Si pour telle autre espèce (dont la culture se présente avec des caractères analogues à la précédente) le malade se trouve être constamment ou bien une femme, ou bien un enfant, même un enfant du premier âge ;
Que l’attention restant éveillée par ce fait, du côté des animaux domestiques et principalement d’un hôte de la maison, du chat ou du chien, si, dans la suite, le commémoratif du chat malade peut être relevé plusieurs fois;
Lorsqu’après six ou sept observations de ce genre on retrouve la même espèce directement dans la lésion d’un chat apporté par le malade lui-même, la preuve absolue se trouve bien près d’être faite.
D’autres commémoratifs aussi peuvent être importants.
Je trouve, dans une trichophytie de la barbe, une espèce tout à fait spéciale. Je la trouve trois fois dans la suite à des intervalles de plusieurs mois. Une pareille rareté de cette espèce chez l’homme 1 suffit presque pour rejeter l’idée d’une contagion exclusive de l’homme à l’homme.
1. Bien que tous les cas de trichophytie qui se présentaient — quel que fût leur siège — aient été systématiquement soumis à la culture, il s’est écoulé huit mois entre le premier cas de cette espèce et le second.
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De plus, les signes objectifs de cette culture sont ceux que MM. Mégnin et Duclaux ont donnés à une culture de trichophytie du coq. Le fait reste noté.
Qu’un enfant survienne, avec une trichophytie tondante d’espèce identique; sa mère incriminant, sans interrogation aucune, le coup de bec d’un coq, blessure dont la cicatrice est visible au milieu de la tonsure : voilà encore un fait important.
Ces faits sont l’histoire même de mes observations sur le sujet.
Assurément l’observation directe des trichophyties animales, indépendamment de toute contamination humaine, devait être pratiquée concurremment.
Par l’intermédiaire de vétérinaires civils et de vétérinaires de l’armée, que je saisis l’occasion de remercier pour les services qu’ils m’ont si obligeamment rendus, j’ai pu voir un grand nombre de trichophyties du chien, du cheval, etc...; par M. le D r Verrières, de la Bourboule, et par M. le D r Ferras, de Luchon, j’ai pu examiner des squames provenant de trichophyties du veau et en obtenir la culture.
Je dois enfin des remerciements particuliers à M. Angot, vétérinaire en premier à Orléans, qui m’a permis de suivre en détail une épidémie considérable de trichophytie équine, et à diverses reprises m’a envoyé tant pour l’examen que pour la culture, les squames et les poils des différents chevaux atteints.
Il n’est pas jusqu’à de simples palefreniers qui ne m’aient servi en me donnant l’accès des écuries des compagnies de voitures pour y retrouver l’origine de leur contagion.
Or, toutes ces recherches concordent sur un point qui est important, parce qu’il concorde lui-même avec toutes les recherches qui précèdent :
Je n’ai jamais, en aucun cas, rencontré chez l’animal une des espèces trichophytiques qui chez l’homme sont exclusivement cantonnées dans le cheveu.
Tous les trichophytons à grosse spore dont l’origine animale m’est prouvée par la culture directe de l’animal, quand ils se rencontrent chez l’homme, revêtent la partie dermatique du poil .sans l’envahir lui-même. Ce sont des trichophytons ectothrix. Ainsi se trouve expliquée la rareté relative de ces espèces sur l’homme,
et aussi la multiplicité des espèces de ce type que l’observation sur l’homme peut rencontrer.
ANALYSE EXPÉRIMENTALE 85
Assurément il ne s’ensuit pas que les espèces trichophyliques ectothrix de l'homme soient toutes d’origine animale, parce que tous les triohophytons trouvés jusqu m sur les animaux sont
W! °îwest p l aspTu“ e permis de conclure que les triohophytons endolhrix sont L des espèces trichophyliques exclusivement
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