I. Examen clinique
La tondante à grosse spore, à mycélium résistant, n’a pas de caractères objectifs, faciles à résumer d’un seul mot. Comme la précédente, elle peut s’accompagner de trichophytie circinée de la peau glabre : je la crois cependant un peu moins contagieuse pour la peau glabre que la forme peladoïde, et elle est au contraire plus fréquente au cuir chevelu sous la forme de tondante 1 2 .
1. Au contraire la culture de microsporum Audouïni décolore progressivement le bouillon.
2. Il est évident qu’en parlant du nombre relatif des deux tondantes trichophytiques, je ne tiens pas compte de l’épidémie précitée où 95 cas étaient dus à une première contagion dans un groupe d’enfants. Du fait de cette épidémie, j’ai observé beaucoup plus de cas de tondantes à mycélium fragile que de tondantes à mycélium résistant. Mais quand on observe dans une policlinique hospitalière, cette proportion est renversée. Et c’est la tondante à mycélium résistant dont on observe de beaucoup les plus nombreux cas.
Quand on est en présence de la tondante à mycélium résis tan U le premier de ses caractères objectifs qui s impose, c est la rareté des clieveux sur la plaque malade. Il semble que si 1 on coupait à la même hauteur les cheveux sains de la même tête ils paraîtraient plus nombreux.
1° Dans cette tondante, par conséquent, les cheveux malades paraissent espacés;
2° Le second caractère qu’on observe ensuite, c’est Yintégrité en apparence absolue de l’épiderme de la plaque malade. Il est lisse, propre et net;
3° La plaque malade est à peu près ronde, mais grossièrement ronde, un peu irrégulière. Elle est ordinairement grande de 6-7 centimètres de diamètre ;
4° Ordinairement aussi, le cuir chevelu présente des inoculations secondaires nombreuses. Ce sont des points que le bout du doigt pourrait recouvrir et qui présentent les mêmes caractères objectifs que la plaque maîtresse.
Mais plusieurs de ces caractères peuvent manquer et l’on peut vraiment dire que ce qui permet le diagnostic à l’œil nu de cette forme de tondante est moins l’aspect objectif de la plaque que les caractères objectifs des cheveux eux-mêmes :
IL Caractères objectifs du cheveu.
Ils ne sont pas tous cassés à la même hauteur, mais les plus longs ne dépassent guère une longueur de 2 ou 3 millimètres au-dessus de la peau.
Il y en a qui sont cassés dans la peau même, et c’est leur absence qui espace les cheveux malades demeurés en place.
Les cheveux malades sont gros, et de couleur foncée. Ils sont nus, c’est-à-dire qu’aucune collerette pseudo-épidermique ne les engaine. Ils ne sont pas droits, mais courbes, et comme cassés en bois vert, prenant la forme d’un doigt demi-plié, et comme chacun d’eux est plié dans un sens différent, ils paraissent hérissés.
Tel est leur aspect sur place : une fois épilés, leurs caractères sont aussi spéciaux.
Qu’on les regarde bien quand on les épile, on verra que la pince les casse très peu au-dessous de l’orifice pilaire, qu’elle n’amène pour ainsi dire aucune partie de la racine.
Pour épiler des racines plus complètes, il faut aller chercher des poils moins malades, en bordure des cheveux sains, sur la lisière de la plaque trichophytique. Là, les cheveux sont moins malades, ils sont aussi cassés moins courts, et leurs racines viennent plus longues.
Mais si l’on fait une récolte de cheveux au centre de la plaque, on sera étonné de la patience nécessaire pour en recueillir une quinzaine : c’est qu’ils sont assez distants pour que la pince ne les épile qu'un à un.
Si on les examine alors sur un papier blanc, on verra qu’ils sont tout courts, tous courbes et tout noirs , ressemblant à des virgules ou comas.