‹ Les triomphes de l'abbaye des ConardsChapitre 36 sur 59 · L ES TRIO M PUES · texte numérisé non relu

L ES TRIO M PUES

Vice sur vice ; et pour conclusions, Sans impetrer cures ou bénéfices, Tous nos désirs et nos affections N'est qu'à servir l'abbé et ses complices.

Après eux venoit une autre bande, conduite par viniit fallots flambans, quatre labours et UH phiffre fort bien en ordre, avec le porteenseigne bien monté et accoustré, en laquelle enseigne estoit escrit d'un costé: Et lux tenebris lacet, et eam non comprehenderunt.

Et de l'autre costé estoit un personnage ayant les yeux bandez, regardant vers le ciel. Aux deux costez d'iceluy y avoit deux mains qui luy ostoyent ladite bande de devant les yeux; et au dessoubs estoit escrit: Clarté rendant en ténèbres lumière.

Après, suivoyent neuf personnages ayans longues robbesde damas blanc; sur leur espaule un chapperon de salin violet, et bonnets ronds d'icelle couleur, portant masques anciennes et longues barbes che^jnuës, montez sur mullets lioussez et enharnachez richement; un chacun d'eux ayant deux lignes de rithme, qui sont cy dessoubs escrits :

PREMIER

Mes yeux le droit n'ont voulu veoir, Mais Dieu y a voulu pourvoir.

nK l'abbaye des conards ô'J

DEUXIÈME

Comme à Saiil m'est rendue la veue Par la grand clarté qu'ay receuë.

TROISIÈME

J'estois muet, je parle bien :

Droit parler est souverain bien.

quatrième.

Sodomicns vicieux et infaits Furent par feu en ténèbres deffaits.

CINQUIÈME

Pour avoir vescu en ténèbres, Nous en faisons pompes funèbres.

SIXIÈME

Nous avons prins mauvaise sente, Nais nous recouvrons la décente.

SEPTIÈME

Le jour dedans la nuict profonde Est vevi par la machine ronde.

HUITIÈME

J'ay les ténèbres tant cherché Que mon crédit en est marqué.

Page 1