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celle des textes (1), mais si l’on les examine un peu de plus près, on voit qu'ils ne tranchent pas la question, il yen a même deux qui peuvent prouver le contraire (2). Letexte surtout de Valère-Maxime nous paraît tout à fait probant. L'auteur raconte, qu’une femme avait été condamnée par le préteur, pour un crime capital, à la peine de mort, et livrée par lui au triumvir, pour la conduire en prison, où elle devait mourir étranglée. En prison, elle a pu attirer la sympathie du bourreau qui devait l’exécuter, si bien que celui-ci résolut de ne pas l’étrangler, et la laissa mourir de faim. Voyant, après quelque temps, que cette femme, quoique ne mangeant rien, vivait toujours, il arriva à découvrir que la fille de la condamnée, qui avait obtenu la permission d’aller vi-
4. Valère-Maxime, V, 4, 7: « Sanguinis ingenui mulierem praetor apud iribunal suum capitali crimine damnatam triumviro in carcerem necandam tradidit ». Sénèque, Controv. L. 7,1, 22: «triumviris opus est, comitio carnefice ».
2. Valère-Maxime, loc. cit. in fine, : «... Quæ-tam admirabilis spetaculi novitas abipso (c’est-à-direle geôlier)adtriumvirum a {riumviro ad praetorem, a praetore ad concilium judicium perlata, remissionem poenæ mulieri impetravit ». Tacite, Ann. V. 9. « Quia triumvirali supplicio adfici virginem inauditum habebatur a carnefice laqueum juxta, compressam ». Sur ce texte, on a fait remarquer que ce n’était pastant la virginité qui empêchait l'étranglement, mais l’âge. Voy. collect. des auteurs latins, de Lemaire en note au texte cité. Comp. Dion, C. 47, 6. «... xat maidisxoy Tux éç épnéouc échyayoy, iv oo Ev dvd pas An Tek@y drobdvn ».
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siter sa mère, la nourrissait de son lait ; cet exemple de piété filiale sauva la condamnée, car le geôlier ayant rapporté le fait au triumvir, celui-ci au préteur, et ce dernier au conseil des juges, ce conseil fit grâce à la femme. Cet exemple prouve que ce n'était pas le triumvir qui exécutait personnellement la condamnation, mais le geôlier, son serviteur, qui à pu ici, différer cette exécution, et implorer après la grâce de son maître, pour la condamnée. D'ailleurs, abstraction faite de toute preuve tirée des sources, le raisonnement logique peut nous guider ; est-ce donc possible que les triumvirs, ces hommes de familles nobles et élevées, qui faisaient leur apprentissage pour la vie publique, dans laquelle ils devaient probablement atteindre les plus hauts honneurs de l'Etat, fussent obligés de se livrer à des actes si peu honorables, pour lesquels on pouvait très bien, employer des hommes de basse condition ou des esclaves ? Quelque bizarres que fussentles mœurs romaines, sur plus d’un point, nous pensons que ceci n’était pas possible. Les triumvirs n'avaient que la direction de l'exécution comme inspecteurs de la prison, dans laquelle celle-ci avait lieu, mais leur obligation, comme leur droit, se limitaient là, ils n'étaient pas de véritables bour-
reaux ! (1)