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Le malheur est, que cette belle hypothèse est dénuée de preuves; aucun texte, aucun témoignage en sa faveur, qui puisse lui donner l’ombre d’exactitude ! Niebuhr est arrivé, d’ailleurs, à cette conclusion fantaisiste, par l'interprétation, non moins fantaisiste, qu'il a donnée à la loi Papiria, et que nous aurons à exposer plus tard, c’est alors que nous montrerons que cette loi n’est guère relative à la procédure criminelle, par conséquent, l'opinion de ce jurisconsulte sur ce point spécial, n’a absolument aucun fondement.
La procédure devant le tribunal des triumvirs ne devait avoir aucun caractère spécial, si ce n’est qu’elle était plutôt sommaire, étant donné la nature des faits, et la condition des personnes qu’on y jugeait. Chaque triumvir était investi de tous les pouvoirs de la commission, et devait pouvoir juger seul, sauf le droit d’infercessio des collègues à l’encontre de ses décisions. Selon la coutume romaine, le triumvir devait, à son tribunal, être assisté d’un conseiller, il écoutait l’accusation et la défense, et après cela, 1l se prononçait. Il paraît qu'il y avait une catégorie d’orateurs à part, qui plaidaient devant les triumvirs, et ils ne jouissaient pas d'un grand renom, car Cicéron en parle avec mépris, mais, lui aussi, s’abaissa une fois jusqu’à plaider devant les triumvirs (1).