PRENANT LA LIVRÉE D'ADULTE
( ORNISMYÂ CYANEA. Less. )
Cet oiseau-mouche est long de trois pouces, en y faisant entrer le bec pour huit lignes. Les ailes sont aussi longues que la queue. Celle-ci est composée de rectrices longues d'un pouce, assez larges, obovales à leur sommet, et toutes égales entre elles.
Le bec, épais à la base, assez dilaté, marqué d'un petit œil en dessus, se termine en pointe aiguë très effilée. La mandibule supérieure est rousse , terminée de brun , et l'inférieure est jaune , terminée de noirâtre. Les tarses sont brunâtres. Les ailes sont larges, assez robustes, brunpourpré. Les rectrices sont en totalité bleu d'acier luisant en dessus comme en dessous.
Le sommet de la tête est vert-glauque doré. Quelques écailles bleues et très métalliques apparaissent sur le sinciput. Le cou est encore recouvert de ce vert-doré glaucescent, qui cesse sur le haut du dos, et passe, sur cette partie , les épau-
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les et le croupion, au vert à ton jaune-doré et même cuivré. Enfin les couvertures supérieures de la queue brillent du plus riche violet.
A partir du menton s'étend, sur les joues, les côtés du cou jusqu'au haut du thorax ; un large plastron gris clair, semé d'abondantes écailles brunes lorsqu'elles ne sont pas éclairées, et brillant de l'azur le plus céleste , avec des reflets violets, lorsque les rayons lumineux les éclairent directement. Les côtés du thorax sont vert-doré, de même que les flancs. Le milieu du ventre est gris enfumé. La région anale est blanche , et les couvertures inférieures sont gris-brunâtre, avec quelques stries vertes.
L'individu type de cet âge est dans la collection de M. Longuemare.
( Pl. XXIII. )
L'OISEAU-MOUGHE AVOGETTE,
JEUNE AGE
( ORNISMYA AVOCETTA. Less. )
Dans notre Histoire naturelle des Colibris nous avons figuré , pl. XXIV du Supplément aux Oiseaux-mouches, un âge presque adulte de cette espèce , très remarquable par son bec recourbé. Dans cette planche nous donnerons un individu dans une livrée de jeune âge, qui viendra encore nous prouver de combien de mutations est susceptible la parure d'un oiseau-mouche avant de s'offrir avec tout l'éclat qui lui fut départi par la nature. On peut en effet , pour ces oiseaux, réduire aujourd'hui en aphorisme les modifications qu'affecte successivement leur plumage ; et c'est ainsi que, mathématiquement parlant, on pourrait dire : les oiseaux -mouches se divisent en tribus très distinctes , en espèces et en races. Les mâles reçoivent seuls des parures spécifiques. Les femelles ont toujours des livrées ternes , le plus souvent grisâtres ou roussâtres en dessous , et les rectrices latérales terminées de
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blanc. Leur queue est le plus souvent arrondie, lors même que celle du mâle est fourchue. Les jeunes ne se font point distinguer des femelles dans les premiers printemps de leur existence , et ce n'est que successivement que se dessine le plumage complet qui doit les caractériser.
Le type de cette description , dont notre planche donne une idée exacte, provenait de Cayenne, et notre ami Longuemare avait reçu deux individus complètement semblables. Cet oiseau-mouche serait donc le jeune âge de l'Avocette, et peut-être que \ Ornisniya recurvirostris en serait le mâle parfaitement adulte.
Long de trois pouces et demi , cet oiseau a le bec noir, long de sept lignes, assez fort, recourbé et aplati à l'extrémité , renflé en dessous à la courbure. Ses tarses sont plus robustes proportionnellement qu'aux autres oiseaux -mouches, et noirs, tandis que leurs plumes tibiales sont blanches. La queue , légèrement arrondie , se compose de rectrices plus ou moins étagées par le degré de croissance retardé des plus externes , et sont dépassées par les ailes. Celles-ci , d'un bleu-violâtre, sont assez larges et robustes.
Le plumage en dessus , à partir du front , est d'un vert-bleu très doré , très brillant , vert qui devient plus franchement émeraude sur les joues , les côtés du cou , du thorax , du ventre et du
croupion. Les couvertures inférieures de la queue sont d'un vert-émeraude très pur. La gorge , le devant du cou, le milieu du thorax iet du ventre, jusqu'à l'anus, sont parcourus dans le sens de la longueur du corps par une large écharpe d'un blanc j)ur; mais au centre de ce blanc, et sur la ligne médiane, se dessine une raie brune et noire, aussi longitudinale et mal arrêtée sur ses bords, que côtoie une raie blanche. Des écailles vertdoré chatoyant se dessinent toutefois sur le noir élargi de la gorge et du devant du cou.
Les rectrices sont arrondies à leur sommet. En dessus , les deux moyennes sont vert-doré , et toutes les latérales sont d'un bleu d'acier luisant que relève une large tache blanche à leur extrémité. En dessous, quelques reflets rouge de cuivre apparaissent à la base de ces rectrices sous les couvertures inférieures qui les cachent.
Nous le répétons , cette espèce provenait de Cayenne, d'où elle avait été expédiée à M. Longuemare avec plusieurs espèces de colibris nouvelles, et un grand nombre de dépouilles d'oiseaux-mouches parfaitement préparées.
DES TROCHILIDEES.
(Pl. XXIV.)