‹ Les trochilidées, ou Les colibris et les oiseaux-mouches, suivis d'un index général, dans lequel sont décrites et classées méthodiquement toutes les races et espèces du genre trochilusChapitre 34 sur 138 · JEUNE ADULTE · texte numérisé non relu

JEUNE ADULTE

{ORNISMYA VIRIDIS. Less. )

Par tous ses caractères cette espèce rappelle \' Ornismja viridis de notre pl. LX des Oiseauxmouches , et il nen diffère que par sa livrée, complètement aigue-marine.

Cet oiseau-mouche a de longueur totale trois pouces huit lignes ; le bec y est compris pour neuf lignes et la queue pour treize ou quatorze. ^ Ce bec, très légèrement recourbé, a la mandibule supérieure noire , l'inférieure blanche dans les deux tiers de son étendue, et noire à la pointe. Les tarses, assez grêles par rapport à la taille de l'oiseau , sont noirs. Les ailes , presque aussi longues que la qu^ue, sont brun-pourpré. La queue est légèrement arrondie , composée de rectrices larges , droites , robustes , obovales à leur sommet.

Le dessus de la tête est vert -brunâtre. Tout le dessus du corps, y compris les épaules, est

DES TROCHILIDEES. Çyj

d'un vert-doré très brillant, mais à reflets bleuâtres; ces reflets sont plus purs, plus éclatans sur le dos et le croupion : cela tient à ce que le milieu de chaque plume est vert-doré, et que les bords sont frangés de vert aiguë- marine suave. Les couvertures supérieures de la queue, les rectrices , en dessus et en dessous , sont de ce même vert.

Sur le cou , en devant , à partir du menton , et s'arrêtant au bas de la poitrine, règne un large plastron , que limitent les jugulaires et qui scintille de tout l'éclat d'une émeraude. Mais ces plumes écailleuses gemmacées non frappées directement par la lumière , ont un aspect vert sans doute, mais d'un vert pruineux, c'est-à-dire comme saupoudré de farine. Le bas de la poitrine , le ventre , les flancs , les couvertures inférieures de la queue, sont de ce même vert métallique à reflets d'aigue-marine , bien que les bords de chaque plume abdominale soient légèrement cerclés de gris. La région anale est d'un blanc pur.

La queue , en dessus comme en dessous , brille du vert le plus brillant et le plus suave d'aiguemarine.

Nous avons eu sous les yeux, en traçant notre description, plusieurs individus du même âge : ils nous avaient été envoyés de Lyon par

r)8 HISTOIRE NATURELLE

M. Bourçier. Cette espèce , dans le même état , existe dans les collections de MM. Longuemare et Florent Prévost , qui en possèdent plusieurs dépouilles. Nous en avons aussi examiné plus d'une vingtaine de peaux chez M. Bévalet, qui présentaient de nombreux passages de la livrée aiguemarine , à celle de la queue verte et blanche , analogue à l'individu figuré pi. LX de notre Histoire naturelle des Oiseaux-mouches.

DKS TROCHILIDEES. Ç)C)

( Pl. XXXIV. )

L'OISEAU-MOUCHE CORTNINE,

TRÈS JEUNE ( ORNISMYA SUPERBJ. Less. )

Le mâle , complètement adulte , a été figuré pl. II de l'Histoire naturelle des Oiseaux-mouches , et le jeune , pl. XXXIII du Supplément. La figure que nous donnons ici représente cet oiseau dans une livrée de jeune âge , très différente de celle de l'individu revêtu de toute sa parure.

Long de quatre pouces quatre lignes, le bec seul est compris dans ces dimensions pour seize lignes. Ce bec est donc très long, assez gros , robuste , noir , et très légèrement arqué dans toute sa longueur. Les ailes sont amples, assez larges, robustes, et plus longues que la queue. Les rémiges sont bleu -pourpré. Les rectrices sont inégales, les moyennes un peu plus longues que les latérales , toutes sont de médiocre longueur, arrondies et larges. En dessus elles sont d'un vert-doré brillant, excepté au bout qu'apparaît du noir mat , et où se dessine à ]eur

lOO HISTOIRE NATURELLE

pointe une tache blanc-pur. Cette marque blanche est d'autant plus grande que les rectrices sont plus extérieures. Les tarses, nus jusqu'au talon, sont bruns.

Le plumage est sur le corps , à partir du front et y compris le dos, les épaules et les couvertures supérieures de la queue, d'un vert -doré très frais , mais dont l'effet est diminué par une marbrure brune et rousse, qui tient à ce que chaque plume est cerclée de brun et de roux vif. Une large tache blanche et rousse occupe le croupion.

Le menton et le devant du cou sont occupés par un plastron quadrilatère brun-enfumé. Tout le dessous du corps est gris-sale et brunâtre , mais ce gris est plus clair sur le milieu du corps, plus foncé sur les côtés. La région anale est blanche , et les couvertures inférieures sont brunes, puis blanches.

Cet oiseau habite l'ile de la Trinité , une des Antilles. Nous en devons la connaissance à M. Guy, qui se l'était procuré à Londres.

DESTROCHILIDEES. lOI

( Pl. XXXV. )

LE LANGSDORFF,

JEUNE MALE

( ORNISMYJ LANGSDORFII. Less. )

Le Langsdorff mâle adulte a été figuré planche XXVI de nos Oiseaux -mouches. Le très jeune âge est représenté pl. XVI du Supplément à l'Histoire naturelle des Colibris. Ce nouveau portrait servira à compléter les détails relatifs aux changemens de plumage qu'affecte cette espèce rare et précieuse.

Long de deux pouces dix lignes, ce jeune oiseau a le bec noir , long de six à sept lignes , à mandibules très aiguës , très aciculées à leur sommet. Ses ailes, presque aussi longues que la queue, sont étroites, minces et brun-pourpré. La queue est presque égale , formée de rectrices droites , très minces , arrondies au sommet. Ces rectrices sont bronzées en dessus et terminées par un rebord blanc. En dessous , elles sont brunes à leur naissance, puis bronzées, et enfin œillées de blanc. Un vert-doré frais et à ton brillant règne sur la tête, le corps, les côtés du

COU , les épaules et le croupion. Seulement une ceinture d'un blanc neigeux traverse cette partie. La gorge et le devant du cou sont couverts de plumes écailleuses émeraude. Mais ces squamelles vertes et chatoyantes sont bordées en dessous d'un petit cercle blanc. Le duvet et le dessous de chaque petite plume est d'un noir mat. Les côtés du thorax sont vert-doré. Des écailles d'un cuivre rouge très poli forment une sorte de ceinture au haut de l'abdomen, dont le milieu est occupé par une large tache d'un noir -pourpré très intense , se continuant jusqu'à l'anus en une pointe allongée, et séparant le blanc pur des flancs et du bas-ventre. Les couvertures inférieures de la queue sont courtes et blanchâtres. L'individu que nous avons figuré nous a été communiqué par M. Guy. L'espèce vit au Brésil.

DES TROCHILIDEES. I03

f pl. XXXVI. ) ■■ '■■ L'OISE AU-MOUCHE DE GOULD.

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-filcj iiK'^ ( OR^'IS^Jr GOULD/J. Less. ) )fîi

Ce charmant petit oiseau -mouche n'existe point en France. Nous en devons la connaissance à M. Stokes, qui a bien voulu nous en envoyer de Londres un dessin fait d'après un individu de la collection de M. Loddiges, dessin que nous reproduisons dans cette planche. De la taille et absolument de même forme que le petit huppe -col, cette espèce, dont on connaît déjà trois ou quatre individus dans les cabinets de Londres, s'en distingue seulement par ses parures en éventail, qui sont d'un blanc de neige et ocellées d'émeraude à leur extrémité. Sa huppe pointue et droite sur le sommet de la tête est de couleur rouille ou ferrugineux foncé. Son dos est vert-doré. Une raie blanchâtre traverse le croupion. La queue est médiocre et arrondie , les deux rectrices moyennes sont vert-doré, les latérales noirâtres. Les ailes, minces et étroites, sont brun -pourpré. Le devant du cou, à partir du menton jusqu'au bas du

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thorax, est squameux, d'un vert-émeraude très chatoyant. Le ventre , les flancs et le bas-ventre paraissent vert -brunâtre; mais les plumes qui composent les parures jugulaires sont disposées en éventail , et de façon que les plus longues sont les plus supérieures, et les plus courtes les plus internes. Des petits faisceaux courts sont placés en avant des grandes parures. Toutes ces plumes sont d'un blanc pur, mais le sommet de chacune d'elles se termine par un œil étincelant d'or et d'émeraude , cerclé de vert foncé. Le bec et les pieds sont brunâtres.

Cet oiseau-mouche forme donc avec le huppecol et le hausse-col blanc une petite tribu, éminemment naturelle par ses formes corporelles, la délicatesse et les grâces de ses membres, la beauté et le luxe de ses délicieuses parures.

Le nom que porte cette espèce est celui d'un savant bien connu en Angleterre, auteur d'une centurie des oiseaux de l'Himalaya. Sa patrie est ignorée. io;» t)Cj(i,nî

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DES TROCHILIDÉES. Io5

( Pl. XXXVII. )

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